Crimes post-électoraux: Les enquêteurs font plaisir à Alassane Ouattara

Mercredi 30 Janvier 2013 - 00:07


Crimes post-électoraux:  Les enquêteurs font plaisir à Alassane Ouattara
Rien de surprenant, pour la commission d’enquête qui vient de servir des conclusions d’un travail entamé depuis le mois de juillet 2011. Des résultats bien galvaudés et manutentionnés, pour certainement faire plaisir au père de ladite commission, qui n’escomptait pas mieux, que l’épandage d’informations alarmantes contre les proches de Gbagbo. C’est justement cette mission que la présidente Paulette Badjo et ses hommes ont accomplie avec loyauté et dévouement, envers Ouattara qui avait réclamé une enquête sur les violences commises durant la crise post-électorale ayant donné lieu à de massives violations des Droits de l'Homme et du droit international humanitaire. Selon les conclusions de la commission remises mercredi 8 août 2012, sur la base de 16.000 personnes auditionnées, 3. 248 personnes ont été tuées durant cette période. Lesquelles tueries font état de 1.452 personnes exécutées à l’actif des forces armées pro Gbagbo qui se taillent ainsi la part du lion, tandis que les Frci de Ouattara, n’auront causé la mort que de 727 personnes dont 545 exécutions sommaires. Le calcul arithmétique est bien fait, pour ainsi dire. Une répartition statistique dont les variables criminelles se concentrent dans le camp de Laurent Gbagbo, faisant de lui, le plus grand tortionnaire de cette partie de l’histoire ivoi - rienne. En lui imputant un si grand nombre d’expéditions meurtrières contre les civils, à l’Ouest comme partout ailleurs, au cours de cette période soi - gneusement circonscrite. Qu’à cela ne tienne. Mais que dir e de la fiabilité des conclusions "fourbies" par cette commission, qui a été mise sur pied par une partie prenante au conflit. Qui a sans nul doute instruit des méthodes peu rationnelles aux enquêteurs pour diligenter des investigations directionnelles vers des cibles bien sélectionnées. Lesquelles méthodes avaient été décriées par les organisations internationales, qui ont précocement décelé en ces enquêtes, des approches expéditionnaires et restrictives qui ne prennent pas en compte un échantillon viable et représentatif des victimes de toutes les parties. En clair, les enquêteurs ont volontairement ignoré des victimes pour "parfaire" leurs données afin d’atteindre les objectifs qu’on leur a assignés. Un club de commissaires affidés qui ne peuvent aucunement trahir leur Chef qui attend d’eux que des résultats à sensations. Une commission au sein de laquelle les membres du Fpi, l’autre partie au conflit, ont refusé de siéger ne peut que produire des résultats biaisés. Réalités que dénonçait l'Ong Human Rights Watch, en son communiqué du jeudi 23 février 2012.  «La précipitation et la sélection des victimes, dont fait usage la commission d’enquête, inquiètent les Ong de défense des Droits de l’Homme. La commission a été investie de la lourde tâche d'enquêter sur les graves crimes qui ont marqué la période post-électorale en Côte d’Ivoire. Un rapport incomplet ou biaisé compromettrait les efforts pour rendre justice aux victimes et combler le fossé inter - communautaire qui a été à l'origine d'une décennie de graves violations des droits humains. Le Front populaire ivoirien, qui a refusé de siéger au sein de cette commission composée de dix-sept personnes, majoritairement pro - ches du pouvoir, a rejeté par avance les conclusions du rapport d’enquête. Et sur le terrain, notamment dans les fiefs électoraux de Gbagbo, les victimes des milices pro Ouattara et des ex- rebelles des Forces nouvelles pro-Ouattara ne se pressent pas pour témoigner, d’une part par manque d’information et, d’aut - re part, par manque de confiance envers les enquêteurs», avait indiqué Corinne Dufka, chercheuse pour l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch. Outre ces préoccupations, plusieurs  responsables onusiens et des activistes ivoi - riens ont également critiqué le caractère expéditif des enquêtes, voire leur absence totale, dans certaines zones particulièrement touchées par les violations des droits humains, et où il reste d'importantes concentrations de victimes. Un responsable de l'Onu a qualifié les enquêtes de la commission de "cinéma”, précisant que les membres de la commission arrivent et font un rapide décompte des violations com - mises dans certaines localités ou villages, sans organiser d'entretiens en profondeur. C’est justement ce triste constat, qui avait été trop tôt porté à la connaissance du public, qui vient de se confirmer à travers les travaux déposés aux mains du chef du régime ivoirien. La commission a royalement oublié des victimes. Ce qui ne fut pas un abus de la part des habitants d’Anokoua-Kouté, qui ont clairement indiqué le 7 mars 2012, au cours d’un entretien qu’ils n’ont reçu aucune visite des membres la commis - sion. Mieux, dans l’épicentre des massacres de civils, l’Ouest de la Côte d’Ivoire, symbole même de la tragédie humaine, les victimes ont été "triées" et payées pour témoigner contre Laurent Gbagbo pour le compte de l’enquête.  Sans omettre que de nombreuses victimes proches de Gbagbo, plus de 20. 000, croupissent toujours au Libéria dans des camps de réfugiés. Et à celles-là, la commission n’a jamais tendu une oreille, pour désigner leurs bourreaux. Quoiqu’il en soit, le père de la Cne avait déjà donné ses conclusions avant la lettre. Dans les dernières déclarations sur les radios étrangères, Alassane Ouattara avait rendu public les résultats des enquêtes. Les commissaires n’ont fait que suivre des pas et des sillons. En livrant sur un plateau d’or, le fruit de "leur dur labeur".

Marcel Dezogno

Source: LG Infos 
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