Création d'un nouveau parti, Un cadre du Fpi, pro Affi) : « Rien n'est exclu en politique »

CIVOX.NET
Lundi 2 Janvier 2017 - 13:34


 

L'ex-député de Nassian est un très proche de Pascal Affi N'guessan, actuel président du Front populaire ivoirien combattu par la branche « Sangaré ». Kouakou Krah occupe actuellement un poste de secrétaire général adjoint dans la direction « Affi ». L'inter l'a interrogé, hier jeudi 29 décembre, par téléphone, soit quelques jours après la sortie polémique de Pascal Affi N'guessan.

En lisant Affi N'guessan, l'idée de changement est flagrante. Allez-vous lancer un nouveau parti politique ?

Ce n'est pas cela le plus important. Le plus important est de construire l'avenir, s'adapter au contexte, se moderniser et se donner les moyens de la lutte. Si c'est un nouveau parti qui peut nous permettre d'atteindre cet objectif, alors, sans complexe, on y va. Si c'est maintenir les mêmes outils qui pourra nous permettre d'atteindre cet objectif, alors on avisera.

Le débat sur la création d'un parti a-t-il lieu en interne ?

On n'a pas fait le débat en interne. Toute organisation a besoin d'un bilan. A l'issue du bilan, nous déciderons de manière souveraine.

Mais rien n'est exclu dans l'absolu ?

Rien n'est exclu en politique. Tout ce qui concourt à améliorer doit être pris en compte. Si nous voulons avancer à l'instar des autres organisations, nous sommes obligés de nous adapter aux nouvelles contingences. Quand on sort d'une crise, il y a toujours une recomposition politique. Il faut prendre en compte les forces progressistes. L'histoire est l'histoire. Ceux ayant incarné l'histoire resteront dans l'histoire. Jésus a incarné l'histoire de la religion chrétienne, les églises foisonnent. Cela ne veut pas dire qu'on nie l'existence de Jésus Christ. Laurent Gbagbo est une icône. Il a fait sa part. Il nous appartient, en tant que nouvelles générations, de construire notre avenir, en tenant compte de notre histoire. Mais, on ne va pas se fixer sur les ambitions des uns et des autres pour bouder notre plaisir d'avancer.

 

Affi N'guessan estime qu'il faut poursuivre avec « de nouveaux hommes, un nouveau discours ». C'est aussi votre point de vue ?

Oui, il faut un nouveau discours, de nouveaux hommes. Que ce soit avec Affi ou d'autres personnes. Le changement, qu'est-ce c'est ? On ne va pas traîner des vestiges.

 

Cela veut dire quoi, « ne pas traîner des vestiges » ?

 

Cela veut dire qu'on ne va pas se cramponner sur la vie de ceux qui ont marqué l'histoire et ne pas avancer.

 

Laurent Gbagbo y compris ?

Tout le monde. On dit : ''nul n'est indispensable''. Même Laurent Gbagbo n'est pas indispensable.

 

Est-ce que vous pensez, étant donné sa relation avec le Fpi, qu'il est possible de se détacher de son image ?

On ne se détache pas de son image mais on avance. Un homme avance toujours avec son ombre. On ne peut pas se détacher de son ombre. Gbagbo est notre ombre. On ne peut pas se détacher de lui. Mais il ne peut pas nous empêcher d'avancer. C'est dans le mouvement qu'il va trouver la solution à ses problèmes. Si on reste dans l'inertie, il ne va pas sortir. Il nous appartient, par notre génie et notre esprit de changement, de faire évoluer les choses à notre profit, d'utiliser les hommes qui sont libres et avancer. Laurent Gbagbo fait partie de notre patrimoine. On ne peut pas aller sans lui. Mais il ne doit pas être un obstacle pour notre avancée. Nous devons nous donner les moyens de sa libération.

 

Affi N'guessan a aussi déclaré que le Fpi était traité de parti « xénophobe, sectaire et violent ». Ces propos passent mal auprès de certains de vos camarades...

C'est normal ce qu'il dit. Les autres sont notre miroir. Nous avons tous étudié la philosophie. L'autre est notre miroir. Nous avançons par rapport au regard de l'autre. Les autres disent : ''le Fpi est xénophobe''. C'est pour cela qu'on a été attaqué. Si on veut avancer, on tient compte de leur regard, de leurs observations.

 

N'est-ce pas une manière pour votre leader d'accréditer la thèse d'un « Fpi xénophobe, sectaire et violent » ?

Ce n'est pas accréditer une thèse, c'est considérer ce que disent les autres. C'est le jugement des autres. Il faut en tenir compte. Nous ne sommes pas les seuls électeurs,. donc il faut tenir compte du jugement des autres. Quand tu vois des gens du Nord ou du Centre braqués contre nous, si nous voulons conquérir le Nord et le Centre, il faut changer de discours. Il nous faut modifier le prisme sous lequel ils nous perçoivent. Notre discours doit changer pour s'adapter à la réalité du pays. Les autres sont dans un faux procès.

 

Certains, telle la ministre Ohouochi Clotilde, ont appelé Affi N'guessan, via les réseaux sociaux, à restituer les attributs et les emblèmes du Fpi. Vous entrevoyez cette éventualité ?

Ils sont anti-démocrates. La démocratie consiste à être dans le jeu du Fpi. Le jeu du Fpi, c'est de reconnaître Affi comme président et aller à un congrès pour décider. On ne reste pas à l'extérieur (...) C'est le gouvernement ivoirien qui a reconnu le Fpi, pas celui de l'extérieur. Si Ohouochi pense que ce qu'elle dit est juste, qu'elle vienne en Côte d'Ivoire. Le parti politique n'existe que par rapport au pays. Pas par rapport à l'extérieur.

 

Propos recueillis par Kisselminan COULIBALY

 




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