Cpi/Révélations du journal Le Monde: Voici ce que Bensouda et Ocampo ont promis aux témoins

Samedi 6 Juillet 2013 - 10:49


La Procureure de la CPI-Fatou Bensouda
La Procureure de la CPI-Fatou Bensouda
C'est un fait indubitable. La dernière décision des juges de la Chambre préliminaire I demandant à la procureure Fatou Bensouda de revoir sa copie dans le cas Gbagbo en l’absence d’éléments probants de nature à justifier un procès, ainsi que les accusations de «chasse raciale» lancées par le président en exercice de l’Union africaine, secoue la Cour pénale internationale (Cpi). Une infographie du Monde révélatrice sur l'obsession africaine de la Cpi. Le quotidien français Le Monde consacre le dossier de son supplément «Géo et politique» (réservé aux abonnés) à l’institution et surtout au bureau du procureur. Et relaie les critiques sur l’incompétence et les mauvaises manières de l’équipe dirigée hier par l’Argentin Louis Moreno- Ocampo et aujourd’hui par la Gambienne Fatou Bensouda. Au centre de la polémique, le recours systématique aux Ong, Etats et autres groupes de pression. Le Monde écrit : «Le premier procureur de la Cour pénale internationale (Cpi), Luis Moreno Ocampo, avait un leitmotiv : «Apportez-moi les preuves !» L’Argentin comptait sur l’Onu, les Ong, les victimes, les Etats pour lui fournir des éléments qu’il aurait dû lui-même récolter. En poste depuis un an, celle qui lui a succédé, Fatou Bensouda, n’a, semble-t-il, pas changé de stratégie. L’enquête est le parent pauvre de la politique pénale de la Cour. Les juges l’ont rappelé à l’accusation début juin, lui demandant de revoir son dossier contre l’ancien Président ivoirien Laurent Gbagbo. Son dossier était exclusivement nourri par des rapports d’Ong et de l’Onu, ont critiqué les magistrats… Le procureur de la Cpi enquête par procuration. Partout, Etats, Ong, organisations internationales et victimes sont sollicités. A eux d’identifier preuves et témoins. Les enquêteurs semblent parfois agir comme de simples postiers, chargés de relever le courrier. Et les résultats sont désastreux : sur quinze affaires présentées devant les juges depuis la mise en place de la Cour en 2002, cinq non-lieux ont été prononcés. Et sur les deux jugements rendus en onze ans, la Cour a prononcé un acquittement, «faute de preuves solides» . «Seulement voilà. Comme le reconnait le président de la Coalition des Ong pour la Cpi, William Pace, «les organisations de Droits de l’Homme sont de piètres enquêteurs criminels. Elles ne produisent pas de preuves scientifiques pouvant être utilisées par un procureur» . De leur côté, les gouvernements ont leur propre agenda. «Les Etats peuvent retenir ou livrer les preuves, au gré des cibles visées par le procureur. Si elles leur conviennent, ils sont volontaires, comme l’a été la France dans l’affaire Gbagbo. En revanche, pour la Libye, le procureur a dû compter, lors de la guerre, sur les seuls rebelles du Conseil national de transition, auteurs eux aussi de crimes de guerre, et sur quelques Ong» , explique Le Monde. On notera au passage que si la France a effectivement collaboré avec la Cpi pour acca - bler Gbagbo et que Fatou Bensouda n’a pas pu fournir d’éléments matériels solides, cela signifie que Paris, qui a accusé le cofondateur du Fpi de tous les maux pendant dix ans et était présente à travers son armée et ses services de renseignements dans tout le pays, n’a pas trouvé grand-chose contre lui… Les enquêteurs «par procuration» de la Cpi, employés de firmes soutenues par des milliardaires activistes aux opinions politiques marquées (ainsi de Human Rights Watch, «danseu - se» du spéculateur Georges Soros, financier de la campagne Ouattara selon «La Lettre du Continent» ) et barbouzes au service de gouvernements, utilisent des méthodes plus que douteuses pour obtenir des aveux arrangés.

Le Monde révèle : «En vertu du principe de précaution, les enquêteurs se sont appuyés, au Congo, sur des réseaux d’intermédiaires, chargés de récolter les preuves et d’identifier les témoins. Parmi eux, des membres d’Ong et même un agent des services de renseignement qui expliquera à la Cour être «toujours resté fidèle à [son] gouvernement» . Certains de ces intermédiaires ont «acheté» des témoins, leur promettant qu’ils iraient «au pays des Blancs» . La faiblesse des enquêtes fait vaciller toute l’architecture de la Cour, minant sa crédibilité. Et sans autorité, elle ne peut dissuader les candidats au crime ni lut - ter contre l’impunité. » Pourquoi l’institution judiciaire basée à La Haye ne s’attaque qu’à des Africains ? Le Monde propose une réponse qui fait froid dans le dos. «Peu après l’ouverture de la Cpi, en 2002, son premier procureur, Luis Moreno Ocampo, avait mené des tractations secrètes en vue d’obtenir de premières affaires «rapides et faciles» , croyant offrir ainsi des victoires faciles à la toute jeune institution. En échange, les gouvernements s’assuraient une certaine protection. L’exemple de la Rdc est criant : quelques chefs de milice ont été poursuivis sans qu’aucun haut responsable des guerres de l’Est congolais, qui ont fait des millions de morts, ne soit visé. » Dès lors que l’on admet ces informations, comment continuer de considérer que les accointances entre le bureau du procureur, qui a seul l’initiative des poursuites et peut protéger qui il veut, et les Etats occidentaux, font de la Cpi autre chose qu’une gigantesque farce judiciaire dont les comédiens en toge sont grassement rémunérés aux frais du contribuable mondial ?

Extrait du journal: Le Monde NB : Les titres sont de la rédaction

Source: LG Infos  N ° 4 7 9   D U   J E U D I   4 J U I L L E T  2 0 1 3




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