Coût de la vie: Gbagbo a construit, Ouattara détruit

Samedi 5 Janvier 2013 - 07:09


Coût de la vie: Gbagbo a construit, Ouattara détruit
En mars 2008, les effets de la crise alimentaire con - juguée à celle de la crise énergétique impactent le quotidien des ménages. Des marches sont organisées, principalement, par des femmes, pour interpeller le gouvernement sur la gravité de la situation. C’est la pre - mière fois que le régime Gbagbo est confronté à un problème de coût de la vie. Mais très vite, il prend des mesures pour tenter de juguler le mécontentement des manifestantes. Ces mesures se résument en ceci : la suspension des droits de douanes sur les produits de grande consommation que sont  le riz,  le savon, l’huile, le lait etc.,  la réduction de moitié de la Tva sur ces mêmes produits qui passe de 18 à 09%. L’application de ces mesures revient à sub - ventionner ces produits de grande consommation à hau - teur de 5,8 milliards FCFA sur une période de trois mois. La suspension de l’applica - tion de la taxe sur le développement de la culture du riz et du droit de trafic maritime. En ce temps-là,  le contexte socio-politique ne laissait pas assez de marge de manœuvre au président Gbagbo pour résoudre d’un seul coup, ce problème. Parce qu’une par - tie des ressources de l’Etat était aux mains de la rébel - lion armée. Parce que le gou - vernement était hétéroclite dans une dichotomie étanche (Soumahoro Amadou (Forces nouvelles), ministre du Commerce, remplacé par Calixte Yapo (Pdci). Dosso Moussa, (Forces nouvelles), ministre de l’Industrie). Parce que la sortie de crise nécessitait beaucoup d’ar -
gent. C‘est progressivement qu’il est parvenu à stabiliser la situation. Avec beaucoup de pédagogie et d’actions vigoureuses, Laurent Gbagbo a réussi à maîtriser l’infla - tion, soutenu par les fidèles de l’action gouvernementale, à la grande satisfaction des consommateurs et des syndi - cats de consommateurs. N’empêche que le coût de la vie est un sujet qui a passion - né les débats lors de la cam - pagne présidentielle de 2010. Alassane Ouattara, candidat du Rdr, puis du Rhdp,  et finalement de la commu - nauté internationale accusait avec beaucoup d’allant, le régime Gbagbo d’être inca - pable de résoudre le prob - lème de l’inflation.  Il propo - sait, une fois parvenu au pou - voir, de résoudre les prob - lèmes des Ivoiriens. Notamment en ce qui con - cerne la cherté de la vie.
Les dures réalités du pouvoir La mise en place du premier gouvernement Ouattara devait concourir à atteindre cet objectif. Une fois recon - duit  Premier ministre, Guillaume Soro, promet de relever  le défi de la cherté de la vie sur le court terme. Mais la visite de terrain qu’il devait effectuer au marché de vivriers de la nouvelle Cocoprovi d’Adjamé et au marché de bétail et de viande de Port-Bouët Abattoir a été reportée sans raison.  Les observateurs avertis voyaient déjà en ce geste que la lutte contre la cherté de la vie n’é - tait pas une préoccupation majeure pour le régime Ouattara. Son successeur Ahoussou Kouadio Jeannot n’a pas non plus pris toute la mesure du problème. Il s’est
contenté d’une visite de ter - rain au marché  Gouro d’Adjamé et celui de Treichville, ainsi que l’abat - toir de Port-Bouët. Et surtout d’annoncer des mesures qui n’ont jamais été appliquées. C’est le ministre Adama Toungara qui va nous édifier. A l’occasion de la fête des mères, le dimanche 3 juin dernier, il déclarait devant les femmes qui étaient à l’honneur : « C’est vrai que la vie est chère, mais c’est parce que nous revenons de loin. Accordez un peu de temps à Alassane Ouattara et vous verrez que les choses ne res - teront pas en l’état. Vous voyez déjà les chantiers qui sont en cours » . Encore de vagues promesses ! Les Ivoiriens ont accordé trop de temps au régime Ouattara pour faire face au coût exorbitant de la vie. 20 mois qu’ils attendent les fruits des promesses élec - torales. Et rien ne tombe dans leurs assiettes. Plusieurs mois qu’ils atten - dent en vain la pluie de mil - liards promise. Depuis le 11 avril 2011 jusqu’à ce jour, leur quotidien frise la misère absolue. Seule une camarilla de laudateurs, d’intrigants et de suiveurs impénitents, s’en sortent. Les prix des produits de première nécessité ne cessent de grimper. Tous les discours qui leur sont servis relativement au coût de la vie sont pleins de démagogie et de promesse. Tels celui de l’ex-ministre du Commerce, Dagobert Banzio : « Nous allons travailler sur tous les produits et asseoir une stratégie de données objec - tives ». Il n’y a pas eu de suite. Le comble, c’est que le chef de l’Etat se rit des souf -
frances des Ivoiriens. A l’oc - casion de la visite controver - sée qu’il a effectuée en Angleterre, en marge des Jeux olympiques, il a fait cette déclaration qui montre qu’il ne connait vraiment pas les Ivoiriens : « Je leur (hommes d’affaires britan - niques, ndlr) ai dit qu’ADO est un banquier, un financier et un économiste. Je leur ai dit qu’ils pouvaient me faire confiance, parce que j’allais mettre en œuvre mon pro - gramme et j’allais apporter de l’argent pour développer notre pays. Je peux vous dire qu’en un an, selon les statis - tiques du Fmi et de la Banque mondiale, nous avons un taux de croissance de 8%. Mieux que tous les pays européens. Il n’y a pas un seul pays en Europe qui a ce taux de croissance. Et très peu de pays en Afrique ont ce taux de croissance. Même pas l’Afrique du Sud ou le Nigeria ». Ce qui intéresse les Ivoiriens n’est pas de savoir qu’il est banquier, financier ou écono - miste. Ce qui intéresse les Ivoiriens n’est pas de savoir si la Côte d’Ivoire a atteint un taux de croissance 8%. Les Ivoiriens ne se nourrissent pas de confiance, ni de Fmi, ni de la Banque mondiale. Ils veulent tout simplement  un confort social, manger à leur fin, assurer leur quotidien. Ils ne veulent plus de discours et de slogans du genre « ADO Solution ». Ils veulent du concret et non la misère comme solution à leurs prob - lèmes.
Une mesure de trop La récente augmentation unilatérale des prix des pro - duits pétroliers, reste  un véritable acte d’arrogance et de mépris.  Déjà que les pop - ulations souffrent  du coût trop élevé de la vie, cette mesure aura certainement des effets dévastateurs sur elles. Car, elle intervient dans un contexte de paupérisation avancée  et de licenciements à grand échelle. Le premier effet, c’est l’ac - centuation de la baisse du pouvoir d’achat, pouvant aller jusqu’à l’exclusion d’une grande partie des Ivoiriens de la consommation de biens. Il n’est pas étonnant que dans certaines familles, on se contente d’un seul repas quotidien. Car le gaz est utilisé dans plusieurs secteurs. Notamment la restauration, l’hôtellerie, le froid industriel, certains
transports etc. Sûr que l’on va aboutir à court terme à la dégradation rapide des con - ditions de vie des Ivoiriens. Un conseil d’économiste : quand le coût de la vie est trop élevé, l’agent économique  épargne  moins. Il a plutôt tendance à thésauriser. Or si l’épargne n’est pas suffisante, il n’y a pas d’investissement pour induire une croissance forte. L’inflation galopante est donc dommageable à la fois pour l’économie entière que pour les agents économiques pris individuellement. Vraiment Gbagbo kafissa !

J-S Lia liasylve@yahoo.fr

Source: Notre Voie du 4 décembre 2013





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