Cour pénale internationale/ Les dessous des nouvelles charges contre Gbagbo

Vendredi 1 Février 2013 - 07:34


Cour pénale internationale/ Les dessous des nouvelles charges contre Gbagbo
«La responsabilité pénale individuelle de Gbagbo est engagée pour les crimes qui lui sont imputés en l’espèce, en tant que co-auteur indirect au regard de l’article 25 -3-a». Voilà la raison qui a jusqu’ici maintenu Laurent Gbagbo dans les serres des maîtres du monde en tant que «co-auteur indirect». Les co-auteurs directs et les auteurs courent toujours. Cette pirouette juridique permettait tout de même de se faire une idée sur le mal qu’ont ses pour - fendeurs à lui trouver des charges. Depuis bientôt 2 ans, l’étoffe de criminel qu’on veut tailler à Gbagbo s’est effilochée devant des faits têtus. Situation qui voyait profiler à l’horizon une libération du célèbre prisonnier de la Haye. Une libéra - tion qui, visiblement, ne manque pas de semer la panique dans le camp des néo- colons et leurs hommes-liges. Ils font feu de tout bois. S’accrochant à un hypothétique gramme d’argutie juridique pour maintenir captif, Gbagbo. C’est le sens des nouvelles charges qu’on vient de lui trouver par une alchimie digne de la sorcellerie de haut vol. «Dans sa décision relative à la demande de délivrance de mandat d’arrêt contre Gbagbo présen - tée par le Procureur en vertu de l’article 58 du Statut, la Chambre a relevé que la responsabilité présumée de l’intéressé en tant que coauteur indirect pouvait «être à nouveau examinée en temps voulu avec les parties et les partici - pants», peut-on lire au point 58 des nouvelles charges. Ceci nous conforte dans l’idée que les ennemis de Gbagbo se sont rendu compte que leur abracadabrante trouvaille de « co-auteur indirect » avait fini par se fondre au contact des faits comme du beurre au soleil. C’est pourquoi, ils ruent aujourd’hui dans les brancards pour s’accrocher à des jurisprudences. Extrait : «Bien que différentes interprétations de l’article 25(3)a) soient possibles, l’Accusation avance une position qui se fonde sur la jurisprudence antérieure de cette Cour, en particulier sur les conclusions de la majorité dans le récent jugement Lubanga, ainsi que sur une analyse des sources invoquées dans cette jurisprudence et telle qu’avancée récemment dans les affaires Kenya. L’Accusation affirme que les éléments de preuve énumérés ci-après permettent d’établir des motifs substantiels de croire que Gbagbo est responsable, en tant que coauteur indirect, des crimes reprochés en l’espèce selon l’une ou l’autre interprétation des éléments propres à cette forme de responsabilité. ICC-02/11-01/11-357-Anx1- Red 28-01-2013 30/58 CB PT. ICC-02/11-01/11 30/57 25 janvier 2013. ICC-02/11- 01/11-357-Anx1-Red 28-01- 2013 32/58 CB PT. ICC- 02/11-01/11 32/57 25 janvier 2013».
Comme, on le voit, les parties expurgées ne le sont pas véritablement. Puisqu’à y voir de près, l’accusation de Gbagbo passe de «co-auteur indirect» à celui qui a «directement donné les ordres de tuer». Par cette gymnastique, l’accusation espère accrocher Gbagbo à son tableau de chasse. A défaut, voir ses ennuis judiciaires trainer en longueur. C’est à notre sens la raison principale de cette danse des sorcières. De nouvelles charges vont incontestablement heurter le bon sens de la Défense de Gbagbo. Qui cherchera à apporter la riposte aux alléga - tions mensongères. Ce qui revient à demander un temps pour une contre-enquête sur les nouveaux faits allégués. Cela ne se fait pas en deux jours. Il faut des semaines, voire des mois. Mais qu’on se le tienne pour dit. Laurent Gbagbo n’est pas dans une disposition d’esprit de quelqu’un qui a hâte de rega - gner Mama, son village natal. «Nous irons jusqu’au bout», avait-il martelé le 5 décembre 2011 à la tribune de la Cpi. Car pour lui, ce procès sera incontestablement le procès de l’élection présidentielle de 2010.  L’occasion de déplier les intrigues qui ont entouré ce poker-menteur. Nul ne doute que dans le cas Gbagbo, les officines à montages grotesques échoueront au pied de la vérité historique. Car, comme l’a dit l’autre, « l’histoire n’a jamais failli devant la justice .
Tché Bi Tché tbt552@yahoo.fr

Un politologue explique les raisons d’un acharnement contre Gbagbo


F atou Bensouda vient d’ajouter sa pierre à l’édifice des accusations portées contre Laurent Gbagbo. En sa qualité de procureure de la Cpi qui a succédé à Luis Moreno-Ocampo le 12 décembre 2011, elle vient de s’illustrer de la manière la plus surprenante en adossant à Laurent Gbagbo une responsabilité pénale directe dans les crimes commis au cours de la crise post-électorale. Comme le mentionnent les charges notifiées au prévenu, le lundi 28 janvier 2013. «La présente affaire porte sur la responsabilité pénale de Laurent Gbagbo pour avoir élaboré et mis en œuvre une politique visant à se maintenir par tous les moyens, en qualité de Président de la Côte d’Ivoire, notamment au travers d’attaques soutenues, minutieusement planifiées, meurtrières, généralisées et sys - tématiques, lancées contre les civils qui s’opposaient à lui. Gbagbo était le fer de lance de cette politique et au cœur d’un groupe de personnes chargé d’y donner suite». Cette nouvelle trouvaille de Bensouda et cette avalanche de charges en l’espace d’un an, ne laissent pas indifférent Florent Parmentier, professeur de Sciences politiques à l’Université de Puteaux, (Ile- de-France). Qui croit savoir que la requalification des charges de coaction indirecte en charges de responsabilité directe pour les mêmes infractions pénales, s’apparente à un acharnement, et il en donne les mobiles. «Il n’y a aucun doute, la Cpi veut se donner les moyens de sa politique. Qui est de parer à toute éventualité émanant du conseil de M. Gbagbo, en donnant une contenance plus pénale aux charges invoquées initialement par le précédent procureur, M. Ocampo. Et ce qui vient d’être signifié à la charge du prévenu, répond à un ordre d’idées bien clair qui consiste à procurer à la Cpi tous les moyens d’inculper effectivement M. Gbagbo pour les crimes commis avec ses parti - sans, au cours et après le processus électoral. Car en la matière, à mon sens, rien ne présageait de nouvelles charges, autre que celles connues depuis plus d’un an», a indiqué le politologue, au cours d’un bref entretien sur les ondes de la Bbc, le mardi 29 janvier 2013. Tout en ajoutant que l’affaire Laurent Gbagbo est bien plus qu’une affaire pénale. Car, selon lui, elle engage l’avenir politique du pays et tous les rebondissements que cela peut comporter pour la suite des événements.

Marcel Dezogno


Source: LG Infos   N°350 DU MERCREDI 30 JANVIER 2013




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