Cour pénale internationale:Les arguments des juges qui plaident pour la libération de Gbagbo

Les juges de la CPI n’ont aucune preuve pour maintenir Laurent Gbagbo dans les geôles de la Haye. Mais ils n’osent pas le dire compte tenu des paradigmes politiques et diplomatiques qui interviennent dans le dossier. La récente sortie de la Juge unique de la Chambre préliminaire I, Sylvia Fernandez de Gurmendi, en est la parfaite illustration.

Mercredi 19 Mars 2014 - 00:10


La chambre prend note de l’argument de la Défense que le FPI est un parti légalement constitué avec un rôle important dans la vie politique ivoirienne, dont les dirigeants sont respectés par la communauté internationale. Toutefois, la chambre ne considère pas l’état actuel du FPI dans le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire d’avoir une incidence directe sur la question plus générale de savoir si un réseau de partisans de M. Gbagbo existe ». Ces propos sont des extraits de la réponse de la Juge unique Silvia Fernandez de Gurmendi à la requête de Me Altit portant libération provisoire de Laurent Gbagbo. Elle les a  tenus pour justifier le refus de la CPI d’accorder la liberté provisoire à l’ancien président de la République de Côte d’Ivoire injustement détenu à la Haye. Cette argumentation confirme la thèse de ceux qui pensent que la CPI n’est pas une juridiction où le droit est dit, mais un instrument au service de la politique de domination des Occidentaux. Mme Silvia de Gurmendi le confirme si bien que son argumentation présente les allures d’un discours politique dénué de tout fondement juridique. Donnant ainsi l’impression d’agir sur la base des injonctions à lui faites par les geôliers de Gbagbo tapis en Occident et en Côte d’Ivoire. Mais là où la juge argentine surprend le monde, c’est sur les liens entre le Front populaire ivoirien et Laurent Gbagbo. Et voici ce qu’elle dit à ce propos : « l’information disponible à la Chambre ne suggère pas que le FPI a coupé les liens avec ou ne soutient plus M. Gbagbo et la légalité ou la place importante de ce parti n’exclut pas la possibilité que ses membres peuvent fournir des moyens à M. Gbagbo qui pourrait ensuite être utilisés par lui pour prendre la fuite ou pour interférer dans l’enquête si la libération provisoire lui est accordée ».Une aberration juridique qui achève de convaincre de la complicité des juges de la CPI dans le complot de la France et des Etats- Unis contre l’ancien président ivoirien. Là où le monde entier attend des démonstrations juridiques qui nécessitent le maintien de Gbagbo en prison, c’est plutôt des considérations politiciennes dictées par les ennemis du Woody que Mme de Gurmendi brandit comme étant les éléments justificatifs de sa décision. Ce qu’elle sait, mais qu’elle refuse de dire à ses mandants par couardise, c’est que les liens entre un prévenu et son parti politique ne peuvent être coupé sur la base des humeurs d’un juge. L’exemple de Nelson Mandela est là pour édifier tous ceux qui, comme la Juge unique de la CPI manque de culture et de lucidité intellectuelle dans ce débat. Même en prison, l’ancien Sud-Africain n’a jamais été aban- donné par l’ANC, son parti. Bien au contraire c’est le soutien constant de cette formation politique qui a boosté le combat ayant débouché sur sa libération. Laquelle libération n’a pas fait écrouler l’Afrique du Sud qui en a d’ailleurs tiré les ressources nécessaires à la réconciliation et à la cohésion nationales. Pourquoi alors demander au FPI de rompre avec son fondateur là où il a plus besoin du soutien de ses camarades du parti dans l’épreuve qu’il traverse ?  Si la CPI n’a rien contre Laurent Gbagbo, Me de Gurmendi et son équipe doivent avoir l’honnêteté de le reconnaître en prononçant purement et simplement sa mise en liberté provisoire ou définitive. Parce que cette façon de patauger ridiculise davantage la CPI et lui fait perdre le peu de crédit qui lui reste. Des crimes contre l’humanité aux liens entre le FPI et le détenu, c’est à du coq à l’âne judiciaire que l’on assiste dans cette affaire où les juges de la CPI eux-mêmes ont accepté volontairement de piétiner leur propre dignité. Autant dire que les arguments développés par Mme de Gurmendi, plaident largement en faveur de la libération de Laurent Gbagbo. Parce que Me Altit s’apprête à balayer les arguments politiques de Silvia de Gurmendi.

Gobson Zago

Source: Le Quotidien d’Abidjan n°1111 du  mardi 18  mars 2014




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