Cour pénale internationale/ Gbagbo rassure : « Il n’y a rien, les gens gèrent désormais la honte… »

Alors que la cour pé - nale internationale (CPI) multiplie les pas de tango dans l’ « affaire le procureur contre M. Laurent Gbagbo », ce dernier continue de garder un moral à toute épreuve si l’on s’en tient aux témoignages de certains proches ayant fraîchement effectué le voyage sur la Haye.

Mercredi 20 Novembre 2013 - 04:00


Retenu loin des siens, depuis un peu plus de deux ans, par une cour pénale internationale qui n’en finit plus de se couvrir de ridicule, le président Laurent Gbagbo peut se consoler avec la chaleur que lui procurent les visites régulières de ses proches qui défilent chaque semaine au pénitencier de Scheveningen. En général, confient nos sources, si les visiteurs sont pour la plupart toujours inquiets, à l’arrivée, ils  repartent de la Haye rassurés, déterminés et confiants quant à une libération prochaine de leur préféré. C’est le cas de ce haut fonctionnaire de la présidence de la République, sous Gbagbo, fraîchement rentré de Scheveningen, qui a requis l’anonymat et qui témoigne : « C’est au lendemain de la dernière décision des juges de la chambre préliminaire 1 que j’ai eu l’honneur de rencontrer le président Laurent Gbagbo. J’avoue que dans le box où je l’attendais, j’avais le visage fermé et inquiet à l’idée que le Woody resterait encore longtemps dans cet univers carcéral même si celui-ci est de toute beauté. Mais quand il apparut cinq minutes plus tard, tout sourire et avec sa bonne humeur habituelle, l’angoisse me passa aussitôt. Il prit les nouvelles du pays et je fus surpris de ne pas lui apprendre grand-chose car il était bien informé sur tout ce qui se passe ici. Mais ce que je garde de nos échanges, c’est le moral de l’homme qui est au beau fixe malgré tout ce temps de détention. Il  m’a même demandé de façon express de rassurer les gens autour de moi afin qu’ils ne s’inquiètent pas outre mesure pour lui. Car a-t-il dit, en souriant, ‘’les gens n’ont rien contre moi. C’est désormais la honte qu’ils gèrent dans cette affaire. Quand ils seront fatigués, ce sont eux-mêmes, comme je l’ai toujours dit, qui, un matin vont ouvrir les portes de la prison pour me demander de partir. ‘’ Aussi le président Laurent Gbagbo a- t-il souhaité que les Ivoiriens désarment leurs cœurs  pour aller à la paix, après avoir tiré les enseignements de la crise que la Côte d’Ivoire vient de vivre sans toutefois oublier ce qui s’est passé. Après avoir entendu ces paroles fortes, je ne me fais désormais plus de soucis quant aux décisions à venir de la cour pénale internationale. Car je sais que tôt ou tard, ils finiront par libérer le président Laurent Gbagbo. » Avec pareil état d’esprit, on comprend aisément que l’homme refuse, si on en croit certaines sources diplomatiques, de céder au marchandage politique que lui proposent la coalition des puissances d’argent franco-américaines qui proposent l’exil dans un pays tiers assorti d’un retrait de la vie politique en échange de la liberté provisoire. Croyant certainement avoir Gbagbo à l’usure, les soutiens occidentaux de Ouattara se rendent à présent, bien compte qu’ils se sont lourdement trompés sur le compte de ce client hors du commun. Un homme d’honneur et qui tient à sa dignité qu’il n’est pas prêt à monnayer pour deux sous. La CPI et ses patrons de l’ombre en sont naturellement tout embêtés car pris entre deux feux. D’un côté, un bureau du procureur incapable de réunir des preuves imparables pour ouvrir la porte à un procès, et de l’autre, un Laurent Gbagbo inflexible et qui menace de ruiner tout le crédit de la cour pénale internationale, du moins ce qu’il en reste encore. Que va donc faire la CPI ? Bien malin qui pourra pronostiquer à l’heure actuelle. Mais dans l’intervalle, la juridiction sise à la Haye, essaye de soigner son moral en servant toujours ses arabesques juridiques en Côte d’Ivoire. La dernière du genre reste son communiqué rendu public, dimanche dernier sur le cas Simone Gbagbo. « La Côte d’Ivoire peut reporter l’exécution de la demande de remise de Mme Gbagbo dans l’attente d’une décision finale de la Chambre sur l’exception d’irrecevabilité », mentionne la CPI. Pour rappel, c’est le 22 novembre 2012 que la Chambre préliminaire 1 de la CPI avait levé les scellés sur un mandat d’arrêt, initialement délivré le 29 février 2012 contre Mme Simone Gbagbo pour « crimes contre l’humanité ayant pris la forme de meurtres, de vols, et d’autres formes de violences sexuelles, d’actes inhumains et de persécution, commis sur l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. » En réponse, le gouvernement ivoirien a officiellement demandé, le 02 octobre dernier, à la CPI, de se déclarer incompétente pour poursuivre Mme Gbagbo, afin que celle-ci soit jugée dans son pays. Assurément une gifle dont la CPI tente d’atténuer l’effet avec le communiqué évoqué plus haut. Mais on l’aura compris, cette juridiction veut exister. Tout simplement. ▄

Géraldine Diomandé

Aujourd’hui / N°506 du Mardi 19 Novembre 2013




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