Cour pénale internationale (CPI) : Une mauvaise saison pour Joël N'guessan. Par Claude Koudou

CIVOX.NET
Samedi 2 Juillet 2016 - 10:52


Quand les prouesses mensongères du porte-parole du RDR ne passent pas, c’est la doctrine du déni et de la haine qui échoue lamentablement à La Haye. Quelle(s) démarche(s) pour arriver à la paix lorsque des élites vont contre la réconciliation nationale ? 

La Côte d’Ivoire est un pays qui a bâti des décennies durant sa construction sur un brassage de divers ordres. Le porte-parole du RDR reconnaît lui-même que les ethnies se sont imbriquées les unes dans les autres au point qu’on trouve souvent des liens parfois insoupçonnés entre des familles. Pourtant, Joël N’guessan aime bien, à l’image de son patron et inspirateur Alassane Dramane Ouattara, jouer sur les ethnies pour semer la peur et insidieusement la division. Le nomade politique – passé du PDCI au RDR, après avoir transité par le MFA et être apparenté Laurent Gbagbo, au gré de ses intérêts –, se plaît à donner des leçons, souvent avec une arrogance et une suffisance inégalées, en narguant par ailleurs les populations terrées dans les souffrances à la fois profondes et indicibles, que les stigmates de la guerre imposée à la Côte d’Ivoire, ont créées en elles.

La démocratie comme prétexte quand l’ancienne puissance coloniale respecte la nécessité de promouvoir des compétences en Europe alors qu’elle soutient la promotion des médiocres violents en Afrique.

En Côte d’Ivoire – puisque c’est le cas qui est à l’examen –, le mensonge et la duplicité ont toujours été des ficelles pour cette race de gens qui ont pris la démocratie comme prétexte pour évincer le père de celle-là du pouvoir et le déporter ensuite dans les geôles coloniales de la Communauté internationale qu’est la Cour pénale internationale. A regarder le dilatoire que cultive cette cour, on a plutôt envie de parler de « cour pourrie irresponsable ». La France coloniale, dans sa logique de garder ses ex-colonies comme des sources d’économie de rente, n’innove pas dans le sens d’une revisite des rapports qu’elle a avec ces pays. On constate plutôt le déploiement de la fine bouche et une fuite en avant, – avec l’appui des médias mensonges – de l’ex-puissance coloniale aux fins de pérenniser sa domination sur ses ex-colonies. Alors, elle manipule ; elle intoxique et elle orchestre pour identifier des filles et fils de pays, pour en faire des alliés intéressés à la mise à genou de leurs « propres » patries. En diabolisant Laurent Gbagbo dans le but de l’abattre, ces opportunistes ont volontairement défié les lois de la nature. De ces ennemis de Laurent Gbagbo, des Ivoiriens qui ont vendu leurs âmes aux prédateurs pour que leur pays soit mis à terre, défilent un à un à La Haye et connaissent des fortunes qu'on ne peut pas souhaiter à un individu digne. La Communauté internationale actionnée par la France veut faire avaler en vain que ce qui se passe à la CPI est pour un besoin de justice.

Alassane Dramane Ouattara coopère quand cela l’arrange sans que les donneurs de leçons de ce monde ne lève la moindre protestation. Seules quelques ONG, dans leur posture équilibriste donne par moments de la voie. Mais celles-ci ont tellement aidé les Occidentaux dans leur forfaiture contre Laurent Gbagbo que leur crédibilité est devenue sujette à caution. Pour revenir au procès à la CPI, certains témoins sont venus avec des certificats médicaux falsifiés. On a voulu nous faire croire, qu’entré dans un hôpital un jour d'avril 2011 ; on en sort quelques jours après, le 18 avril 2011. Et tenons-vous bien, on subit une opération chirurgicale le 31 avril 2011. Est-ce à dire qu’un tableau technique existe dans ce domicile, en Côte d'Ivoire sous Ouattara ? Ce n'est pas tout puisqu’on pourra ainsi remarquer que le mois d'avril de cette année-là (2011) a ceci de particulier qu'il comptait 31 jours. Ah, cette caste d'illettrés et de menteurs pathologiques, qui ont balafré la Côte d’Ivoire, parce qu'aveuglés par l'argent. Le Juge devra bientôt leur donner une prescription pour une thérapie appropriée.

Quand l’ingratitude mêlée d’un zèle surdimensionné souffle sur le fantasme et la haine.

Le menteur professionnel, à l'image de son mentor Ouattara, Joël N'guessan passe à la CPI des moments qui font beaucoup transpirer. Souvenez-vous qu'il y eut un grand débat au début du procès - le 28 janvier 2016 - sur le contre-interrogatoire. On ne sait pas dans quel tribunal cela se fait. Mais ces imposteurs ont cru qu'on pouvait aller à la CPI - c'est sans doute ce que l'accusation leur a fait croire -, faire une déposition lors d'un interrogatoire et c'en était fini. On a peut-être pu leur dire : "vous allez dire des choses contre Laurent Gbagbo ; vous le chargez ainsi et ce sera fini pour lui".

Mais nous voyons que quel que soit le témoin, les équipes de défense du Président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé le poussent dans ses derniers retranchements. Joël N’guessan espérait réussir à mentir aussi à la CPI. Mais la marge de manœuvre a été quasiment inexistante pour qu’il fasse de la dissimulation et/ou se dérobe. Les pirouettes de Joël N'guessan, arrogant de son état l'ont cerné lui-même. Il a beau s'énerver ; mais il n'arrive pas à sortir des cordes tendues par le contre-interrogatoire. Voulant jouer le pédant alors qu'il ne comprend pas toutes les nuances et les subtilités de la langue française, le joker de Ouattara sème une désillusion. Il fait des déclarations qu’il regrette ensuite. Son livre qu’il voulait accusatoire contre Laurent Gbagbo s’est retourné contre lui-même. Le porte-parole du RDR, lui qui ne sort que le mensonge lorsqu'il ouvre la bouche, s'est visiblement trompé de terrain. Le contre-interrogatoire lui a rappelé qu'il ne se trouvait pas en Côte d'Ivoire ; mais plutôt à la CPI. L'équipe de défense de Laurent Gbagbo, de ce digne fils de l'Afrique que des assoiffés de pouvoir, des gens en mal de reconnaissance et des prédateurs ont voulu enterrer gratuitement, rappelle de manière pédagogique que l’ex-Président de la Côte d’Ivoire, est un homme qui travaille avec un esprit du compromis mais qui refuse la compromission. Aussi, doit-on rappeler que l'évidence ne se démontre pas. Mais Joël N'guessan a tenté de ne pas confirmer l'esprit de l'homme Gbagbo, son sens du pardon, de la générosité et du respect de l’autre. Joël N’guessan, membre du G7 – qui voulait que le pays soit placé sous tutelle de l’ONU – a été rattrapé par les faits.

Pendant le contre-interrogatoire, Joël N'guessan a eu du mal à passer une minute sans s’énerver. Acculé, voulait-il intimider la défense ? Le Juge-Président a été amené plusieurs fois à lui intimer l’ordre de répondre aux questions. Dans ses difficultés, Joël N’guessan se plaint que les avocats s'appuient plus sur les faits qu'il a rapportés dans son livre que sur ses commentaires. Des avocats et le Juge-Président ont beau lui faire comprendre que ce n'est pas de commentaires qu'on a besoin mais plutôt de faits, le porte-parole du parti des falsificateurs n'arrête pas de se croire à un meeting du RDR. "J'ai certainement dû apprendre..." pour dire enfin "je sais" quand l'avocat qui contre-interroge, le reprend. 

L'arrogance, l'orgueil inutile et la versatilité qui caractérisent le pouvoir, viennent d'être mis à nu par le porte-parole du RDR qui incarne tous les aspects de ce parti sectaire. Joël N’guessan vient de condamner Ouattara qui reste le Président de ce parti nonobstant l'interdiction par Constitution ivoirienne. Mais le respect des lois ? Non, ces gens-là ne le connaissent pas. Le pouvoir poursuit dans ses dérives après avoir été reconduit avec le candidat dérivé Ouattara.

« Sans Simone Gbagbo, je ne serais pas en vie… je l’ai dit ici plusieurs fois ». Dixit le porte-parole du RDR. Mais pourquoi le porte-parole du RDR a-t-il accepté de jouer le rôle de celui qui peut enfoncer Laurent Gbagbo ? Est-ce un totem chez Joël N’guessan d’être habité par un brin d’humanité ? Est-il crédible quand il parle d’impunité à l’endroit de la gouvernance de Laurent Gbagbo ? En réalité, les prouesses mensongères et le lot de fantasmes débités par le porte-parole du RDR sont arrivés au bout de leurs courses. Cela nous renvoie à la formule d’Abraham Lincoln (1809-1865) : "On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps."

Ce vendredi 1er juillet 2016, Joël N’guessan dans ses derniers retranchements se rebiffe encore, en refusant de répondre à des questions. Ce n’est pas à vous de dire « je ne veux pas répondre ; vous êtes ici pour répondre aux questions ». Le Juge-Président intime ainsi l’ordre à Joël N’guessan. C’est avec arrogance que celui (le porte-parole du RDR) qui n’a aucun respect pour la vie des autres, veut choisir des questions auxquelles il veut répondre. Mais il y a une procédure qu’il a été sommé de respecter. 

L’impérieuse nécessité des Ivoiriens d’opérer un sursaut pour se rassembler en vue de sauver le pays.

Des discours d’hommes et de femmes politiques – qui ne peuvent que prospérer dans la division – ont crée de grandes fractures parmi les populations ; surtout parmi les plus vulnérables tant sur le plan psychologique et culturel qu’intellectuel. Sous l’influence de certains discours, dangereux pour la cohésion du pays, il y a des Ivoiriens qui ont cru, certains de bonne foi, que ce pays peut vivre tranquillement pendant que plusieurs fils et filles sont exilés. Alors que tous les Ivoiriens savent comment la crise est née - quelles que soient les raisons invoquées par des irréductibles -, il y en a qui pensent que Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à La Haye, des hommes politiques privés de leurs libertés en Côte d’Ivoire et ceux qui sont contre la pensée unique pourchassés, on peut vivre tranquillement dans ce pays.

Il est vrai que l’émotion nous habite encore par rapport aux évènements que ce pays a connus, y compris celle que suscite les injustices cultivées (prisonniers politiques ; parodies de procès de forces de l’ordre et de Simone Gbagbo en Côte d’Ivoire ; procès à La Haye ; emprisonnements de politiques et autres anonymes du fait de leurs liens réels ou supposés avec le Président Laurent Gbagbo.

Dans la vie, on peut se tromper. Mais il faut savoir revenir en arrière. Il n’est pas tenable que ceux qui sont au pouvoir en Côte d’Ivoire s’installe durablement dans la surenchère. En même temps, chacun doit faire en sorte que ce pays qui appartient à tous ses ressortissants et dont personne n’a le monopole doit être sauvé.

Tous ceux qui ont, de bonne ou de mauvaise foi et/ou naïvement, porté ce pouvoir, doivent se raviser pour que nous sauvions ce pays ensemble. On ne peut pas vivre aussi longtemps dans la défiance, dans la méfiance, dans l’écrasement et l’humiliation des autres. Les élites ont assez traîné. Si elles continuent de refuser de prendre leurs responsabilités, il faudra que la base les pousse à revenir à la raison.

L’opposition doit se souder pour se mettre à la hauteur où le peuple l’attend. Elle peut par exemple dans l’unité, organiser une manifestation pour demander la réconciliation nationale.
Claude Koudou




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