Cour pénale internationale : Philippe Mangou a du mal à cultiver de la fiabilité. Assistons-nous à la déposition d’un général poltron et de l'équilibriste foireux ? Par Claude KOUDOU

Mercredi 27 Septembre 2017 - 07:51


Philippe MANGOU
Philippe MANGOU

On ne peut que partir d’une interrogation : La dignité réside-t-elle encore chez ces individus qui ont profité des largesses de la patrie, pays d'espérance, de fraternité et d'hospitalité ? Au début de sa déposition, nous avons constaté que, lorsqu'il a été demandé à Philippe Mangou de se présenter, il a fait un grand laïus qui retraçait ses distinctions et autres éléments de nature à susciter du sérieux à son endroit, comme aussi pour impressionner l'auditoire et ainsi marquer un territoire.
Mais les regards furtifs - comme pour chercher de la contenance - de ce monsieur qui a occupé la fonction de CEMA, le plus haut grade de la hiérarchie militaire en dit déjà long. Philippe Mangou qui jure d'entrée de jeu de dire la vérité, rien que la vérité, est tenu de dire la vérité quand il est coincé.

 

En fait, équilibriste, il tente de l'être. La difficulté chez ce général sans courage est qu'il n'arrive pas à charger correctement les deux plateaux de sa balance. Pourquoi Mangou a-t-il mis des troupes contre ceux qu'il appelle "l'ennemi" dans sa déposition d'interrogatoire ? Ce que nous avons constaté après la décision du Conseil constitutionnel de décembre 2010, c’est qu’il a trouvé à juste titre bon de défendre la République. Il avait donc ainsi au préalable fait allégeance au Président élu, Laurent Gbagbo. Alors, pourquoi dans une même mandature va-t-il faire allégeance à Alassane Dramane Ouattara dans son imposture ?

Dans « Le Monde.fr » du 25 mai 2012, on lit : « Aux mois de mars et d'avril 2011, alors que la bataille d'Abidjan faisait rage entre les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara, appuyés par la France et l'ONU, il avait fait défection avant de revenir finalement dans le camp Gbagbo. Au lendemain de la chute de ce dernier, le 11 avril, lui et d'autres chefs de l'armée avaient fait allégeance à Alassane Ouattara. Parmi eux figurait le général Edouard Kassaraté, patron de la gendarmerie sous le régime déchu, récemment nommé ambassadeur au Sénégal  … »1

En fait, Philippe Mangou refuse d’assumer et contredit violemment parfois par des détours, les généraux Georges Guiai Bi Poin et Edouard Kassaraté Tiapé. Mais il dit qu’en 2002, l’armée française, après avoir évacué leurs ressortissants vers une zone sécurisée, a donné le signal suivant : « maintenant, vous pouvez vous tuer entre vous… ». Il affirme également que le Président Laurent Gbagbo a refusé d’accéder à sa proposition de déclarer Abobo « zone de guerre ». Ce qui montre que Laurent Gbagbo n’était pas dans une posture belliqueuse. Son pays attaqué, comme tout chef d’Etat, le bon sens commande que la défense s’impose automatiquement à lui.

Nous devons nous demander où est la crédibilité d’un général qui fait allégeance à deux personnalités : une déclarée élue par une décision régulière du juge des élections, en l’occurrence le Conseil constitutionnel et l’autre qui s’est installée par la corruption, des fusils et des bombes ?

Au total, Fatou Bensouda et Ouattara n’arriveront pas à prouver le « plan commun » avec de tels récits. Car plusieurs témoins restés cohérents ont disculpé le Président Laurent Gbagbo. Que vaudront des propos d’un général paresseux et versatile ? La réalité est que Mangou veut sauver sa tête mais il noyera la CPI et Bensouda.

1 http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/05/24/le-chef-de-l-armee-ivoirienne-sous-gbagbo-recycle-comme-ambassadeur_1707099_3212.html#gtyWv1IhFGimj5fX.99





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