Cour Pénale Internationale: Des révélations troublantes sur la juge unique Sylvia de Gurmendi

Dimanche 4 Mai 2014 - 01:19


La juge unique Sylvia de Gurmendi, de la Chambre Préliminaire I de la CPI
La juge unique Sylvia de Gurmendi, de la Chambre Préliminaire I de la CPI
En Côte d’Ivoire, jusque-là, l’on ne savait pas grand-chose d’elle, en dehors, bien évidemment, de sa désignation pour conduire les différentes affaires relatives aux poursuites engagées par le bureau du procureur, dans le cadre de la crise ivoirienne. Depuis quelques jours, on en sait un peu plus sur Mme Sylvia Fernandez de Gurmendi,- puisque c’est d’elle qu’il s’agit-, ci-devant juge unique dans les dossiers « le procureur contre M. Laurent Gbagbo » et « le procureur contre M. Charles Blé Goudé. Une désignation que cette belle dame de 60 ans ne tient pas forcément de son cursus universitaire ou encore de son expérience ministérielle dans sa très chère argentine mais plutôt de ses connexions au sein de l’Organisation des Nations-Unies, ce « grand machin », selon la belle expression du Général De Gaulle. Ainsi, pendant douze ans, la magistrate argentine, sous l’égide de l’Onu, a participé au processus visant à la création et à la mise en place de la Cour pénale internationale (CPI). En effet, de bonnes sources, elle a  beaucoup contribué à la rédaction des instruments constitutifs de la Cour pénale in - ternationale, aux négociations y afférentes ainsi qu’à son démarrage opérationnel. Aussi, entre autres activités, Sylvia Fernandez  a-t-elle présidé à la totalité du processus de rédaction des actes afférents à la procédure de la Cour pénale internationale (CPI). En somme la juge de Buenos Aires est une fille de la maison onusienne dont elle connait pratiquement, toutes les pièces et les couloirs. Une posture qui lui vaut de connaitre toutes les personnalités politiques qui comptent au sein de la communauté internationale. Et lorsqu’éclate la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, fin 2010, dans laquelle les Nations-Unies sont impliquées jusqu’au cou, aux côtés du candidat Ouattara et de la France, l’ONU prend vite les choses en mains. Ainsi, après les bombardements de la résidence officielle des Gbagbo, l’arrestation, la déportation au nord puis le transfèrement de l’ex-chef de l’Etat à la Haye, puis lorsqu’il s’est agi de désigner un juge pour l’affaire Gbagbo, l’administration onusienne qui tire les ficelles à la CPI, n’a pas cherché longtemps, son champion. Elle a sorti de sa botte secrète, l’ex-Professeur de droit pénal à l’université de Buenos-Aires, qui à ses yeux, a le profil de l’emploi. Magistrate respectée à laquelle l’on ne connait pas encore d’affaires sales, Sylvia Fernandez de Gurmendi a l’avantage d’avoir été formatée dans le moule onusien et donc à même de veiller au mieux sur les intérêts de la maison dans cette affaire où la communauté internationale n’en - tend point perdre complètement la face. De sources proches du dossier, il ne fallait prendre aucun risque avec un magistrat non sous contrôle, dans cette affaire, suivie aux quatre coins de la planète et où l’Onu joue gros, en termes de crédit. Surtout que déjà en amont, le procureur Luis Moreno O’campo (encore un argentin) avait balisé le terrain en accablant le président Laurent Gbagbo, présenté à la face du monde comme un mauvais perdant, qui par son entêtement à vouloir conserver le pouvoir, a occasionné une guerre qui a fait quelques trois mille morts en Côte d’Ivoire, entre dé - cembre 2010 et la mi-avril 2011. Il fallait donc trouver quelqu’un du sérail pour boucler la boucle et garder surtout saufs l’honneur et la crédibilité de la communauté internationale dans « l’affaire le Procureur contre M. Laurent Gbagbo ». Donc quand Gbagbo arrive fin novembre 2011, à la CPI, son sort est pratiquement déjà scellé par un procureur et une juge aux ordres. Il ne reste plus alors, qu’à remplir les formalités d’usage pour aller rapidement à la confirmation des charges, ouvrir un procès et condamner le président Laurent Gbagbo à une lourde peine d’emprisonnement qui scellerait ainsi sa vie politique de ce dernier. Une sanction qui servirait ainsi d’exemples à tous les souverainistes africains enclins à mettre à mal les intérêts des puissances occidentales dans leurs pays ou dans leurs différentes sphères de compétence. Malheureusement pour les comploteurs, ils n’avaient compté ni avec le courage du président Laurent Gbagbo, déterminé à aller jusqu’au bout de la nuit pour la manifestation de la vérité, ni avec la science de Me Emmanuel Altit qui par sa sagacité, aura finalement ruiné l’argumentaire du bureau du procureur. Un scénario inattendu qui brouille forcément aujourd’hui, les cartes de la juge Sylvia, qui confient des sources, avait été pourtant rassurée au départ, par le procureur O’Campo, sur le caractère implacable des charges retenues contre le président Laurent Gbagbo et que par conséquent, la conduite du dossier ne serait plus qu’un jeu d’enfant, pour elle. Faux à l’arrivée, avec toutes ces preuves de l’Accusation qui depuis bientôt trois ans, et sous la cognée de l’avocat  Franco-Israélo de Gbagbo, tombent les une après les autres comme dans un château de cartes. D’où les atermoiements observés depuis la fin 2011, par la juge unique de la chambre préliminaire 1 de la CPI, dans le traitement du dossier de l’ex-chef d’Etat ivoirien. En effet, partie d’un à priori favorable à l’Accusation, Sylvia Fernandez se rend à présent compte de la complexité de sa tâche avec notamment un Laurent Gbagbo qui apparait chaque jour, un peu plus, comme une victime innocente au lieu d’un coupable sans remords promis à la potence. Que faut-il alors faire ? Libérer le dirigeant ivoirien ? Et le crédit de l’Onu dans tout ça ? Comment laisser parler l’intime conviction du juge sans pour autant jeter aux chiens, l’honneur et le crédit de la maison onusienne ? Tel serait le drame intérieur que vivrait en ce moment, la magistrate argentine en charge des dossiers Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Deux cas bien partis pour avoir le même traitement, en raison de leur grande similarité : enquêtes bâclées et preuves peu solides. D’où la grande confiance de leurs partisans qui croient chaque jour au retour à la maison, de leurs deux champions.. ▄

Géraldine diomandé

Source: Aujourd’hui / N°633 du Samedi 03 au Dimanche 04 Mai 2014




Tags : CPI

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