Côte d’Ivoire: une militante pro-Gbagbo incarcérée pour "atteinte à la sûreté de l’Etat"

CIVOX.NET
Mercredi 17 Août 2016 - 21:35


 
 
 
 
       
 

Abidjan - Une responsable des femmes du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, interpelée il ya une semaine, a été incarcérée à Abidjan pour "atteinte à la sûreté de l’Etat", a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
 

"Mme Antoinette Rouissa Meho a été inculpée d’atteinte à la sûreté de l’Etat, vol d’armes et de munitions, participation à une bande armée et complicité" a affirmé à l’AFP son avocat, Me Toussaint Dako, déplorant des "accusations grossières".
 

Mme Meho, 59 ans, a été mise sous mandat de dépôt et transférée à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), a-t-il ajouté.
 

L’opposante avait été arrêtée le 10 août à son domicile de Yopougon, quartier populaire de l’ouest d’Abidjan, par neuf personnes se présentant comme des agents de la DST, la Direction de surveillance du territoire.
 

Me Dako présente sa cliente comme une "femme convaincue et déterminée", qui s’apprêtait à témoigner au procès de l’ex-première dame de Côte d’Ivoire Simone Gbagbo accusée de crimes contre l’humanité.
 

L’arrestation de l’opposante "n’est nullement liée au procès", a réagi le ministère ivoirien de la Justice.
 

Mme Meho "était recherchée depuis plusieurs mois, dans le cadre d’une procédure judiciaire, pour atteinte à la sûreté de l’Etat", selon un communiqué du ministère, qui ne donne pas plus de précisions.
 

La cour d’assises d’Abidjan juge depuis le 31 mai Mme Gbagbo pour crimes contre l’humanité, crimes contre les prisonniers de guerre et crimes contre les populations civiles, commis lors de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois.
 

Cette crise avait été provoquée par le refus de son mari, le président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à la présidentielle de novembre 2010.
 

Mme Gbagbo comparaît alors qu’elle purge déjà une première peine de 20 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l’Etat", prononcée l’an dernier.

ck/jlb





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