Côte d'Ivoire -réconciliation: Des problématiques audiences publiques de la CDVR

Mardi 16 Septembre 2014 - 01:22


Déclaration N°027-ST2014 relative aux audiences publiques de la CDVR


Depuis le 08/09/2014, la Commission Dialogue Vérité Réconciliation (CDVR) a entamé la dernière étape de son processus  : les audiences publiques. Pendant deux mois, quelques victimes de la crise postélectorale, 130 en occurrence, seront entendues lors de ces audiences «  dites publiques  ». En effet, si la grosse opération de communication à voulu nous faire croire que ces audiences publiques seraient «  la partie visible et spectaculaire dans la recherche de la vérité où devant le tribunal du pardon les victimes et les bourreaux  » allaient pouvoir se parler, celles-ci ne respectent en rien leur caractère publique, donc de transparence. Une nouvelle initiative de la CDVR, qui encore hélas, entretient l’ambigüité, suscite incompréhensions, et soulève de grosses interrogations.

Une méthodologie et un cadre inappropriés


Dans les précédentes expériences de dialogue-vérité-réconciliation qui ont brillé par leur succès, toutes les victimes et bourreaux qui le désiraient étaient entendus, parfois sur plusieurs sites géographiques. Contrairement à celles-ci, la CDVR a opté pour une minuscule salle enclavée, où seulement 0,20% des victimes sélectionnés par elle-même seront entendus. Des dizaines de milliers de victimes se retrouvent ainsi exclus de cette phase cruciale du processus de réconciliation.
Quelle vérité la CDVR espère-t-elle faire éclater, quel pardon obtenir, quand la quasi-totalité des victimes s’estiment être victimes de censure  ?


Une communication sous contrôle


Tandis  que les spots publicitaires annoncent la couverture et la retransmission de ces audiences par tous les organes de presse, la réalité est qu’aucun organe n’est autorisé à couvrir celles-ci. Il n’y a par ailleurs pas de possibilité de suivre ces audiences en direct. Ce manque de transparence rend davantage problématique l’issue de ces audiences.
Depuis sa mise en place, la CDVR a fonctionné dans une quasi opacité, loin des aspirations des populations qu’elle est censée réconcilier. L’omerta qui entoure  cette dernière phase ne vient que confirmer cette donne.
De ce qui précède,
Conscient qu’aucune manipulation (des faits et/ou des propos) ne peut servir la noble cause de la réconciliation  ;
Convaincu que la CDVR verse une fois de plus dans l’amateurisme et l’improvisation  ;
Soucieux de la bonne conduite de ce processus, condition fondamentale pour la paix et la stabilité  ;
Jeunesses Sans Frontières  :
 1-    Dénonce le mode opératoire adopté par la CDVR pour l’organisation de ses audiences «  dites publiques  ». Car non ouvertes, ni transparentes.
 2-    S’indigne des conditions à minima entourant l’organisation de ces audiences  ; les vidant ainsi de leur essence. La CDVR ne fait trop peu, là où elle était censée nous offrir le meilleur.
 3-    Interpelle le gouvernement, garant du processus de réconciliation, à prendre ses responsabilités pour corriger les manquements graves dont la CDVR s’est rendu coupable. Ne montrer qu’une partie des faits, c’est faire obstruction à la manifestation de la vérité, donc à la réconciliation.
Au demeurant la réconciliation étant si capitale pour l’avenir de nation, toutes les forces vives doivent s’y impliquer, indépendamment des agissements maladroits de la CDVR. C’est le lieu pour Jeunesses Sans Frontières de réitérer ses appels au bon sens et à la responsabilité aux organisations de la société civile, aux populations vivant en Côte d’Ivoire, à la jeunesse dans toute sa diversité, et aux partis politiques. Tous doivent poursuivre leurs actions en faveur d’une réconciliation sincère et durable.

Fait à Abidjan, le 13 Septembre 2014


Pour Jeunesses Sans Frontières
Par le Présidium
Le Président
DIAKITE Tawakkal

N.B: Le titre est de la Rédaction




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