Côte d'Ivoire : les anciens rebelles n'en finissent pas de gêner le régime Ouattara

Grève de militaires, barrages, coups de feu dans Abidjan après l'arrestation vendredi d'un ex-chef de guerre: les rebelles ayant aidé Alassane Ouattara à arriver au pouvoir en Côte d'Ivoire, après son élection mouvementée fin 2010, n'en finissent pas de gêner le régime.

Lundi 22 Décembre 2014 - 09:56


Côte d'Ivoire : les anciens rebelles n'en finissent pas de gêner le régime Ouattara
Les incidents impliquant les ex-combattants se multiplient depuis novembre. "Ce sont des mouvements d'humeur qui peuvent arriver. Mais à chaque fois l'ordre est instauré", rassure Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement.
Alors qu'une présidentielle est prévue en octobre 2015, l'image d'une Côte d'Ivoire apaisée vantée par les autorités s'émiette toutefois au rythme des incidents.
Abidjan a "attendu trois ans pour neutraliser les rebelles, pour les marginaliser, les mettre au placard. Maintenant, ça va être de plus en plus difficile", juge une source sécuritaire occidentale.
Mi-novembre, des soldats en grève bloquent le pays. Le mouvement démarre de Bouaké, la deuxième ville ivoirienne, puis essaime rapidement pour atteindre Abidjan. Près de 9.000 anciens rebelles, intégrés dans l'armée en 2009 et 2011, exigent le paiement d'arriérés de soldes et des promotions. Alassane Ouattara souscrira à leurs doléances.
"Ouattara a ouvert la boîte de Pandore", affirme un analyste occidental. "Il s'est acheté la paix dans les casernes jusqu'à la présidentielle" de 2015 dont il est le grand favori, mais a aussi "créé un précédent" et "une instabilité probable" après l'élection, estime-t-il.
Les gardes pénitentiaires, dont 2.000 anciens rebelles font partie, se mettent ensuite en grève pour une journée. Le mouvement part là encore de Bouaké, ancienne capitale rebelle du nord, quand le territoire national était coupé en deux après le coup d'Etat manqué de 2002 contre Laurent Gbagbo.
La décennie de troubles politico-militaires dans le pays a culminé avec la crise postélectorale née du refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de M. Ouattara à la présidentielle fin 2010.
Près de 3.000 personnes ont péri en cinq mois de violences. Détenu depuis trois ans par la Cour pénale internationale, l'ex-président sera jugé en juillet 2015 pour "crimes contre l'humanité".
Les chefs des ex-rebelles qui ont soutenu le président Ouattara face au camp Gbagbo lors de la crise postélectorale sont, eux, devenus les piliers du nouveau pouvoir. Les anciens "com'zones" (commandants de zone) trônent au sommet de la hiérarchie sécuritaire. Lire la suite...
 




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