Côte d’Ivoire-constitution : Pauvre Affi

Jeudi 6 Octobre 2016 - 12:07


Affi NGuessan
Affi NGuessan

Il y a une semaine, un ami très agressif à l’égard des traites internes à la grande famille LMP, me fit signe pour applaudir les prises de position d’Affi, plus précisément sa volonté d’en découdre avec Ouattara relativement à la constitution. Il me confia même que si Affi affrontait réellement Alassane, il créerait un trouble au sein des patriotes. Ceux-ci pourraient voir en lui un incisif combattant, contrairement au camp Sangaré inactif et abonné aux déclarations sans lendemain concret sur le terrain. Cette analyse me semblait pertinente, mais connaissant Affi, j’avais du mal à l’imaginer en véritable guerrier prêt au substantiel sacrifice. Certes ses déclarations de plus en plus enflammées commençaient par petites touches à ébranler mes certitudes. Je me disais que l’homme pouvait effectivement nous étonner ; seuls les imbéciles ne changent pas. Après ses petites frictions avec Ouattara et l’humiliation subie par rapport à son statut de chef de l’opposition, il y avait de quoi à transformer Kiridia Kaboré (Affi N’guessan) en authentique opposant. Après avoir usé de ses bons rapports avec Ouattara pour faire embastiller ses camarades de lutte, il cherchait à se dédouaner face aux patriotes qui globalement le méprisent actuellement. La conscience chargée, poser un acte positif hautement médiatisé ne serait pas inutile surtout à l’approche des échéances électorales. Tout était donc réuni pour qu’Affi fasse une mue salutaire. Mon ami n’avait donc pas tort de croire que tout pourrait se passer ce mercredi 5 octobre 2016 devant l’Assemblée nationale ivoirienne. Kiridia Kaboré (Affi N’guessan) était décidé à faire bouger les lignes et à s’imposer comme digne successeur du Woody. Le mardi 4 novembre, après avoir visionné le procès de la Hayes du jour, j’ai donné un coup de fil à mon ami pour voir s’il maintenait sa posture initiale. Il m’a dit qu’il était difficile de douter de quelqu’un soutenu par des partis politiques. Affi allait rugir et cela ne souffrait d’aucun doute. Ce matin, quand je l’ai rappelé pour lui annoncer qu’Affi avait annulé sa manifestation devant le parlement, il était très en colère. Comme lui, nombreux sont les ivoiriens qui attendent de l’action face à Dramane. Hélas pour eux, tout le monde n’est pas Gbagbo. On n’affronte pas le danger quand on a choisi d’être en permanente jouissance. Kiridia est un jouisseur qui préfère aller à la soupe. Aussi hurle-t-il par moments quand la soupière commence à se vider. Son appel à manifester n’était au fond qu’une requête pour que la louche pleine fasse mouvement vers lui ; sacré Affi ! Le plus terrible dans cette affaire, c’est qu’il a d’avance traité tous les absents à sa manifestation de véritables traitres à la cause nationale. Après cette ridicule reculade, on pourrait légitimement dire qu’Affi est un traitre s’il ne l’était déjà. La seule question qu’on se pose est la suivante : Pourquoi avons-nous un moment cru qu’il pouvait porter l’étendard des patriotes alors qu’il a en connaissance de cause choisi d’être un des pieds noirs de la politique ivoirienne ? Réfléchissons à cette tendance oublieuse de l’historicité des acteurs politiques. On ne devient pas traitre par hasard, il se peut qu’on naisse traitre. Que les Kiridia dégagent de notre horizon politique, les ivoiriens dignes arrivent.

Dr Oyissé, Suisse





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