Côte d'Ivoire: Voici pourquoi les états généraux de la République s'imposent.

Vendredi 29 Novembre 2013 - 01:08


Image d'Archive:  Après une rencontre FIP-Gouvernement
Image d'Archive: Après une rencontre FIP-Gouvernement
Au fil des mois et des années, Alassane Dramane Ouattara, le Chef d’État installé par la France et qui avait promis de reconstruire à coups de milliards la Côte D’Ivoire après la longue et meurtrière crise politico-militaire que lui-même avait provoquée pour se hisser au pouvoir, est au contraire et très curieusement  en train aujour’hui de tirer progressivement le pays vers l’abîme.

Le constat est en effet triste et alarmant.Les armes continuent de circuler et de tuer à travers le pays, l’insécurité persiste, la guerre semble toujours être là, au sens propre comme au sens figuré.Les opposants au régime sont traqués, emprisonnés ou assassinés, les libertés et les droits des citoyens sont chaque jour piétinés.Pendant ce temps, toute l’économie tombe en lambeaux et tous les indicateurs sont au rouge.Le pays est à l’agonie et continue d’être vendu en pièces détachées, ses immenses ressources naturelles (cacao, café, bois, pétrole, or, diamant, etc.) sont bradées quotidiennement.Une course effrenée à l’endettement sans fin s’est engagée sur le plan international.En l’espace de deux ans seulement et avec près de 100 voyages de mendicité à travers le monde, celui que ses partisans surnommaient naïvement et pompeusement “Wari-Fachê” (le père de l’argent) est devenu “Crédit-Fachê” (le père du crédit).Sans honte et sans retenue, la Côte D’Ivoire emprunte désormais à tour de bras aux quatre coins du monde, même auprès des pays économiquement faibles comme le Congo-Brazzaville.

Désorientée et prise en otage, la société ivoirienne s’est prodondément fracturée et le régime semble se complaire dans la création incessante des antagonismes, des frustrations, et des humiliations.Les  réfugiés et les exilés continuent de souffrir et de mourir dans les pays d’accueil, les biens privés des Pro-Gbagbo restent confisqués, les terres sont arrachées aux paysans et distribuées aux étrangers.Les lois sur la nationalité et le foncier sont devenues opaques et adaptées aux humeurs du clan Ouattara.Dans l’administration rongée par le virus du rattrapage ethnique, de l’exclusion et de la médiocrité, la corruption a désormais atteint des proportions incroyables.

N’en doutons donc plus, Dramane Ouattara n’est pas le président qu’il faut à la Côte D’Ivoire.On s’en rappelle encore, l’arrivée de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000 avait ouvert la voie à l’application du programme de Refondation, un programme qui s’employait à mettre en place les bases d’un développement solide et durable de la Côte D’Ivoire.
Ce programme de Refondation  avait pour levier essentiel la Bonne Gouvernance, le Travail et la Solidarité.La crise économique était en effet très profonde à l’arrivée du FPI au pouvoir en octobre 2000.Le Gouvernement mis en place par Laurent Gbagbo et dirigé par le Premier Ministre Pascal Affi N’Guessan, avait hérité d’une économie marquée par un niveau de récession jamais atteint depuis l’indépendance du pays en 1960.

Les stocks des arriérés extérieurs et intérieurs avaient atteint des chiffres astronomiques, les négociations entre le pays et les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale) étaient rompues depuis 1999, la coopération avec l’Union Européenne était suspendue. La pauvreté était devenue endémique, le chômage était en recrudescence, les valeurs républicaines de la solidarité et de l’éthique connaissaient un grand recul.La grande conséquence immédiate de ce chaos avait été un assombrissement très grave de l’image du pays sur le plan international. La Refondation s’imposait ainsi non seulement ni même essentiellement au vu des graves dysfonctionnements de l’appareil d’État, mais aussi et surtout de l’affaiblissement vertigineux de l’économie nationale.

C’est d’ailleurs pourquoi le Gouvernement Affi N’Guessan qui avait tenu son premier Conseil des Ministres le 27 Octobre 2000, s’engagera pleinement dans des initiatives courageuses visant principalement à rétablir la  confiance du peuple en lui-même et vis-à-vis de la Communauté internationale, rétablir la sécurité dans le pays et aux  frontières, mettre en  place de nouvelles institutions, mettre en oeuvre un programme d’assainissement  de la situation financière et économique du pays pour construire les bases d’une nouvelle prospérité, créer les bases d’une nouvelle politique sociale et culturelle.           D’importantes réformes avaient ainsi été engagées pour  moderniser le fonctionnement de l’État à divers niveaux et restaurer l’image de la Côte D’Ivoire en Afrique et dans le  monde. Ainsi les relations avec l’OUA et l’ONU avaient été  assainies, la confiance entre la Côte D’Ivoire, la BAD et l’Union  Européenne avait été rétablie, la Coopération financière avec le  FMI et la Banque Mondiale avait été réactivée.

Parallèlement à toutes ces initiatives de redressement économique, une attention toute particulière avait été accordée à la promotion  de la politique de paix et d’unité nationales. Preuve qu’il n’y avait plus de leader politique en exil, les 4 grands leaders s’étaient rencontrés. Gbagbo, Bédié, Guéï et Alassane s’étaient réunis en Janvier 2002 à Yamoussoukro, pour briser le mur de méfiance, mettre fin aux agitations politiques et laisser la place au dialogue républicain.

Pourquoi alors Alassane Dramane Ouattara, le pincipal bénéficiaire de toutes les mesures d’apaisement prises par Laurent Gbagbo, s’enferme-t-il ainsi dans une fuite en avant, tournant le dos à toute recherche sérieuse de solutions pour une Réconciliation inclusive et véritable en Côte D’Ivoire? Comment peut alors se créer un consensus national pour qu’en 2015 le pays soit en mesure d’organiser des élections apaisées, démocratiques, transparentes et incontestables? Comment préserver la Côte D’Ivoire du spectre des éclections présidentielles calamiteuses de 2010?Le  président du Front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan vient d’indiquer la voie des solutions idoines aux graves et multiples maux dont souffre le pays.

Il faut nécessairement à la Côte D’Ivoire des États Généraux de la République pour discuter de tous les sujets de préoccupation, lever tous les obstacles et remettre véritablement le pays en marche vers la prospérité et l’émergence.La Côte D’Ivoire et l’Afrique en ont besoin.Il est vrai que Ouattara et son clan traînent encore les pieds.Je reste cependant persuadée que les États Généraux de la République finiront par s’imposer très bientôt à tout le monde.Tout simplement parce qu’il n’y a aucune autre voie de salut pour ce pays en perdition.

Océane Yacé, Politologue, Monaco




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