Côte d’Ivoire : Vague de revendications/ Le parti de Jean Enoc Bah interpelle le gouvernement- Ouattara

CIVOX.NET
Mardi 17 Janvier 2017 - 19:23


 

Les Faits : Les 6 et 7 janvier, une mutinerie est partie de Bouaké avant de s’étendre à plusieurs autres villes de la Côte d’Ivoire dont Abidjan (capitale économique). Les soldats ont exigé la réduction du temps à passer dans les grades et des éclaircissements à propos d’une prime (de 12 millions Fcfa ) ECOMOG", la force armée de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Après seulement dix jours de négociation, le gouvernement a décidé de payer cette prime sans une autre forme de procès. 8.500 militaires, parmi les 12.000 anciens rebelles intégrés dans l'armée régulière après la crise post-électorale de 2011, sont concernés.

Ce lundi 16 janvier 2017, ils ont reçu selon le gouvernement ivoirien, chacun 5 millions. Ils recevront 1 million par mois sur les 7 prochains mois.

Le problème : Comment financer cette prime, alors que les fonctionnaires sont en grève, réclamant des augmentations de soldes et refusant une réforme des retraites? On le sait la loi de programmation militaire de 2.000 milliards CFA jusqu'en 2020 comprend une ligne budgétaire de 200 milliards de F CFA en 2017 pour la réforme de l'armée. Ce qui signifie que le gouvernement pourrait s’en servir au détriment de la réforme. L'armée ivoirienne forte de 22.000 hommes compte beaucoup trop de gradés -- justement pour la plupart d'anciens rebelles-- et un des objectifs de la réforme était justement de les faire partir.

Conséquence : Céder donc à la pression d’une partie de l’armée ivoirienne est bien la boite de pandore à ne pas ouvrir, car non seulement cela encourage ces nombreux gradés fictifs à rester mais pourrait faire des frustrés au sein de la même armée. Et le risque que de tels agissements recommencent est grand. C’est bien ce que nous observons depuis ce mardi 17 matin dans plusieurs villes du pays qui ont replongé dans la violence avec cette fois des blessés et des morts au sein de l’armée. Aussi, si la mutinerie n'a pas eu de conséquences économiques immédiates, elle brouille l'image du redressement ivoirien. Car si le pays, premier producteur mondial de cacao, est redevenu un pôle régional pour nombre d'institutions ou grandes entreprises, de tels événements font peser une épée de Damoclès sur la confiance du monde économique et des investisseurs étrangers.

Enfin, cette mutinerie intervient dans le contexte de la succession en 2020 du président Alassane Ouattara, que ces ex-rebelles ont contribué à porter au pouvoir en 2011. On est donc pas loin d’un risque de dérives et donc d’un après Ouattara très chaotique en Côte d’Ivoire après plus d’une décennie de crise identitaire amplifiée par la politique du rattrapage ethnique. Le Congrès pour la Renaissance Ivoirienne (CRI) voudrait ici donc prendre l’opinion nationale et internationale à témoin et interpeller le gouvernement ivoirien sur les dérives que pourraient provoquer de tels comportements de ces soldats qui en réalité n’étaient que des mercenaires, qui ont suffisamment pillé et endeuillé la Côte d'ivoire durant ces longues années de crise militaire. La Côte d’Ivoire et les ivoiriens ne méritent plus cette régression. Les Ivoiriens sont fatigués. Le pays doit être stable !

Fait à Abidjan, le 17 janvier 2017.

Pour le CRI/ professeur Yake Seu Dogar, Directeur à la communication





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