Côte d’Ivoire: Une croissance qui ruine le peuple

Mercredi 23 Octobre 2013 - 13:02


Côte d’Ivoire: Une croissance qui ruine le peuple
La Côte d’Ivoire, en se dotant du plan national de développement 2012-2015, s’est fixé des objectifs de développement qui doivent lui permettre de devenir un pays émergent à l’horizon 2020 ; selon le vœu du chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Si, en 2011, le Produit intérieur brut (Pib) réel de la Côte d’Ivoire s’est contracté de 4,7 %, contre une progression de 2,4 % en 2010 du fait de la crise post- électorale, en 2012, les chiffres officiels font état d’un Pib de 9,8%. Une croissance jamais enregistrée par le pays, le taux le plus élevé des pays de la sous- région et même d’Afrique, constate-t-on. Un vrai miracle économique ! Les Ivoiriens devraient être redevables au ciel de leur avoir envoyé Ouattara, “le wari-fatchè’’. Mais pourquoi font-ils le constat que l’argent ne circule plus ? Pourquoi alors, selon eux, le pays connaît une certaine pauvreté? En somme, les Ivoiriens se trouvent désabusés par une croissance appauvrissante.

Un taux d’inflation supérieur au seuil communautaire (+3,1%) en 2013 contre (+1,8%) en 2010

L'Indice harmonisé des prix à la consommation (Ihpc), un instrument de suivi de l'évolution des prix, mis en place dans huit pays membres de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), apporte certaines indications en matière de cherté de la vie dans les pays membres. Ces données qui nous viennent de l’Institut national de statistique (Ins) sont calculées de façon relativement comparable dans les pays membres. L'indice a pour population de référence l'ensemble des ménages africains de l'agglomération d'Abidjan. Le panier de la ménagère comprend 684 variétés de produits suivies dans 1637 points d'observation. L'inflation en moyenne annuelle se situe à +3,1% au mois d'août 2013 contre +1,8% en 2010. Quant au taux d'inflation de la Côte d'Ivoire, il est légèrement supérieur au seuil communautaire qui est de 3%. La balance des transactions courantes a connu un recul, passant de 0,57% en 2010 à -0,78%. Ce qui correspond à une plus-value de 2,5% du Pib de 2010 contre une moins-value de 2,7% du Pib de 2013. Ces indicateurs sont à l’opposé des chiffres de performance économique (taux de croissance de 9,8% du Pib et 1,3% d’inflation) brandis par le régime au pouvoir. L’Indice de développement humain (Idh) en-dessous de la moyenne régionale (0.432 contre 0.475) L’Indice de développement humain (Idh) est considéré comme l’alternative aux mesures conventionnelles de développement, telles que le niveau de revenus et le taux de croissance économique. Il représente une volonté de définition plus large du bien-être et fournit une mesure composite de trois dimensions de base du développement humain : la santé, l’éducation et le revenu. Les indicateurs internationaux indiquent qu’entre 1980 et 2012, l’Idh de la Côte d’Ivoire a augmenté de 0.3% par an, passant de 0.348 à 0.432 aujourd’hui, ce qui place le pays 168ème sur les 187 pays disposant de données comparables. L’Idh de l’Afrique subsaharienne en tant que région est passé de 0.366 en 1980 à 0.475 aujourd’hui, plaçant la Côte d’Ivoire en dessous de la moyenne régionale. Le classement actuel de la Côte d’Ivoire pourrait en partie s’expliquer par le niveau de performance du secteur de l’éducation. En effet, l’éducation reste en net recul par rapport au revenu (0,49) et la santé (0,569), seul secteur à être au-dessus de (0,5). L’éducation est devenue comme un boulet pour la Côte d’Ivoire…

Les marchés publics attribués de gré à gré

«L’audit des marchés gré à gré pour la période 2011-2013 sera achevé dans le premier semestre 2014. Les résultats seront connus de tous», a révélé le pré - sident de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (Anrmp), Coulibaly Karna. La comparaison entre des soumissions multiples qui doivent permettre à l’Etat d’avoir le meilleur rapport qualité, coût et délais n’est plus garantie. Les entreprises qui sont cooptées dictent leurs conditions à tous les niveaux, par rapport à la libre concurrence qui impose aux entreprises une meilleure qualité, des coûts réduits et des délais raccourcis. On estime, aujourd’hui, qu’entre 50 et 60%, des marchés publics ont été attribués de gré à gré. Ce chiffre est de loin le plus élevé de toute l’Uemoa ! Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, a lui- même reconnu la pratique qui, pour de nombreux économistes, est un acte de mauvaise gouvernance. Un danger pour un pays qui veut se donner les moyens d’être émergent à l’horizon 2020.

Un fort taux de chômage en milieu urbain

Selon l’Agence pour la promo - tion de l’emploi (Agepe), la Côte d’Ivoire compte 986.220 chômeurs. Ce chiffre a été communiqué au terme d’un atelier de restitution des résultats de l’enquête emploi 2012. Cette étude révèle qu’il y a 554330 femmes au chômage contre 431890 hommes. Les données montrent que le taux de chômage est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural (15,2% contre 3,8%). Le pic se situe dans le district d’Abidjan (19,5%). Les jeunes désertent la campagne pour les grandes villes à la recherche d’un emploi. Pour l’Agepe, le taux de chômage croit avec le niveau de diplôme. L’étude précise que le taux de chômage est de 14,1% pour les titulaires du baccalauréat. Les non instruits, affirment les responsables de l’Agepe, ont un taux de chômage de 6,4%. Selon le bureau du Bit à Abidjan, il y a environ sept millions de chômeurs en Côte d’Ivoire.


Un dossier de Djè Abel
Source: Notre Voie N°4550 du mardi 22 octobre 2013




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