Côte d’Ivoire : Un combattant de la liberté privé de liberté. Pourquoi la pluie de sympathies que traduit la signature de la pétition réclame le Président Laurent Gbagbo ? Par Claude KOUDOU

CIVOX.NET
Mercredi 24 Août 2016 - 08:51


Le 30 novembre 2011, Laurent Gbagbo est arrivé à La Haye dans un avion commis nuitamment. Sans enquête préalable, un chef d’Etat, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle de 2010, par le Conseil constitutionnel de son pays,  est transporté dans des conditions propres à un enlèvement. C’est pendant que Laurent Gbagbo est enfermé à La Haye, privé de sa liberté, que la Cour pénale internationale cherche des preuves pour l’inculper de crimes contre l’humanité ;…
 

A l’époque de sa déportation, toute une batterie d’orientations médiatiques a été déployée pour la circonstance, aux fins de lyncher un homme ; cet historien qui, voulant prendre au mot les faiseurs d’un ordre établi, travaillait au bien-être de ses compatriotes. Pour démolir cet homme qui prône le partenariat gagnant-gagnant, des médias ont été commis. Ils ont dressé l’opinion contre Laurent Gbagbo, en le peignant comme tout ce dont il est en réalité le contraire ; suscitant ainsi l’émotion des organisations des droits de l’Homme qui n’étaient pas – à l’épreuve des faits –, étrangères à cette manipulation. Plus de cinq années se sont écoulées et Laurent Gbagbo, combattant de la liberté et père du multipartisme en Côte d’Ivoire reste privé de sa liberté. Pourtant, tout bien pesé, on se rend bien compte que l’une des plus grosses manipulations du XXIè siècle n’a pas pris. Comme l’a écrit Juan Branco, « La CPI est instrumentalisée en permanence. » et soutenu pendant un débat sur France2 « Faut-il condamner la CPI ? », il se pose un gros problème dans ce procès qui n’aurait jamais dû avoir lieu. En fait, dans l’intérêt de tout le monde, il conviendrait de se ressaisir pour aller à des discussions qui permettent aux différentes parties de sortir par le haut sur la base d’un compromis.
 

Le pouvoir socialiste français qui prône les droits de l’homme, doit regarder le sort de Laurent Gbagbo en rapport avec le partenariat gagnant-gagnant qui profiterait aux deux peuples.

Dans la vie des hommes, il y a la sauvegarde de l’intérêt de son peuple. Mais il y aussi le respect des valeurs et des principes que l’on clame de défendre. Il convient donc de montrer un peu de cohérence à l’opinion en rapprochant les déclarations des actes.

Quand Laurent Gbagbo demande que le peuple de Côte d’Ivoire ait le minimum vital. En quoi cette demande qui va dans le sens de la réduction de la pauvreté si chère aux Occidentaux est-elle un crime ?
 

Quand Laurent Gbagbo demande que des entreprises se créent pour résorber le chômage des jeunes, n’est-ce pas pour retenir les jeunes dans leur pays afin que l’émigration, par des embarcations de fortune, ne soit pas l’objet de morts récurrentes ?
 

Quand Laurent Gbagbo était au pouvoir, n’avait-il pas reconduit des contrats d’entreprises françaises dans des conditions saines ?

Chercher à répondre à ces questions permet de comprendre que Laurent Gbagbo est un démocrate. François Hollande sait donc très bien que son camarade socialiste n’est pas coupable de tout ce dont il est accusé. En considérant que la détention de Laurent Gbagbo qui ne se justifie pas juridiquement pose d’autres questions sur le plan humanitaire, l’exécutif français doit se débarrasser de fioritures pour prendre ses responsabilités. Car tout le monde sait que le sort actuel du président Laurent Gbagbo est entre les mains de l’exécutif français. Personne ne croit aujourd’hui que la Cour pénale internationale maîtrise quoi que ce soit dans ce dossier dont la vacuité est patente.
 

Que préfère la France actuelle en Côte d’Ivoire ? Est-ce un pouvoir corrompu et violent à une gestion raisonnable et responsable ?

Il serait un peu fastidieux d’établir ici un tableau comparatif pour apprécier les deux gouvernances, celle de Laurent Gbagbo et celle d’Alassane Dramane Ouattara. Néanmoins, répondre aux questions suivantes permettrait de comprendre la situation qui sévit en Côte d’Ivoire :

  • Sur les droits de l’homme, combien d’Ivoiriens ont-ils été exilés par l’avènement de Laurent Gbagbo au pouvoir ?

  • Sur le plan économique : il faut comparer les dettes de la Côte d’Ivoire et la passation des marchés dans les deux cas ;

  • Sur le plan social : il convient également de comparer les prix pratiqués sur le marché. La corruption et les scandales à répétition provoquent des soulèvements et cristallisent des tensions importantes ;

  • Sur le plan de la démocratie et des droits de l’homme, on peut là aussi examiner les pratiques sous les deux ères ; l’opposition est muselée et la liberté d’expression n’existe pas.

  • Sur le plan sécuritaire et des libertés : les enlèvements, les arrestations extra-judiciaires et les forfaits des « microbes » créent la désolation. Des hommes et femmes politiques – sans compter des anonymes » sont enfermés pour leurs opinions ou leurs présomptions de culpabilité, dont certains depuis des années et sans procès…

 

A qui profitent les manipulations ?

  • Charnier de Yopougon : Un sociologue belge, Benoît scheuer, commis pour la cause, crée une ONG intéressée et produit un film inspiré de ce qui a été appelé « l’affaire du charnier de Yopougon ». « Cinquante-huit cadavres sont découverts au matin du 26 octobre 2000, entassés en lisière de forêt. Quelqu’un crie : « Ce sont des musulmans ! » « Qu’est-ce qui distingue ici un corps de musulman d’un corps de non-musulman ? Mystère. L’ONU enquête et découvre que certains sont morts par noyade, alors qu’il n’y a pas le moindre ruisselet dans les environs.  Mystère donc. »

 
  • L’affaire du bombardement à Bouaké :

  « Pourquoi le général Poncet, commandant à l’époque de la force Licorne, a obstinément refusé au procureur ivoirien auprès des armées l’accès au site où sont morts les soldats français. Qu’on explique aussi pourquoi, le jour même des faits, alors qu’ils avaient mis la main sur les contractuels biélorusses mêlés au bombardement, les Français les ont laissés filer en douce vers le Togo sans les avoir interrogés. Pas une ligne de procès-verbal… ».
 

  • L’affaire Guy-André Kieffer :

Beaucoup de bruits ont été faits sous le pouvoir de Laurent Gbagbo. Peut-on savoir ce qui s’oppose aujourd’hui à ce que l’enquête avance ? A qui profitent ces affaires qui sentent plutôt la manipulation ?
 

Le sens de la pétition devant une Cour pénale qui ne dit pas le droit parce que partiale.
 

En Afrique et partout ailleurs dans le monde, la pétition internationale initiée par l’ancien Premier Ministre Joseph Kokou Koffigoh et l’écrivain émérite Bernard Binlin Dadié et lancée à Abidjan, le 22 juin 2016, continue de faire des vagues.
 

Cette pétition qui connaît un grand succès en ligne, voit des lancements de signatures dans plusieurs villes de la Côte d’Ivoire. Il y a eu des lancements à Accra (Ghana) ; en France, il y a eu des signatures à Paris et à Reims ; en Italie, de nombreuses personnalités du paysage politique ont aussi signé à Milan ; au Cameroun, le parti SDF de John Frundi a organisé une séance de signatures. Le 27 août 2016, il est prévu des signatures à Londres (Royaume Uni) et à Philadelphie (Pennsylvanie, USA). Plusieurs anciens présidents ne manquent pas à appel. Par exemple, au Ghana, en Mozambique et au Bénin, ont signé respectivement Jerry Rawlings, Joachim Chisano et Nicéphore Soglo. Et d’autres initiatives de lancement s’organisent notamment pour septembre encore au Cameroun, à Douala avec l’implication de la journaliste combattante des droits de l’homme, Madame Henriette Ekwé ; et à Perouse (Italie) le 17 septembre 2016. Pourquoi autant d’engouement à l’endroit d’un homme qui est accusé de crime contre l’humanité ? La vérité est qu’on veut empêcher un démocrate, un humaniste, un homme généreux à travailler à l’épanouissement de son peuple. Sa vision de l’indépendance effective et de la souveraineté inquiète ceux qui veulent maintenir l’Afrique sous la domination.
 

La réalité de la souffrance du peuple ivoirien et la nécessité d’aller à la réconciliation nationale pour recouvrer la paix.
Pendant des décennies, le brassage des populations à divers niveaux leur a permis de vivre en bonne intelligence. Des discours ethno-religieux ont utilisé une partie des populations contre l’autre pour créer la division. Depuis plus de cinq ans, le sujet de la réconciliation nationale a été une vaste escroquerie du pouvoir pour servir plutôt une recette explosive du rattrapage ethnique. Pour se faire aider dans leur coup de force, l’exclusion et la démocratie ont été des refrains des tenants actuels du pouvoir. Il est simplement judicieux de le leur rappeler. Aussi, sur la gestion des deniers du pays, la lettre du Continent a-t-il sorti un dossier explosif « Ouattara et les affaires de famille. Il ne serait pas sans intérêt de comprendre de quoi retourne cette affaire. » Aussi, alors que l’actuel chef de l’Etat n’est-il plus concerné par un nouveau mandat, des manœuvres sont en cours pour une nouvelle Constitution. Tout cela constitue des ingrédients pour des aventures dangereuses au pays. Les Ivoiriens et autres observateurs se rendent bien compte que tout ce qui est monté comme artifice pour tenir à bout de bras le pouvoir dictatorial d’Abidjan, ne saurait résister à la réalité des faits. La réconciliation nationale est la voie raisonnable pour sauver ce pays et les populations ivoiriennes avec. Les Ivoiriens doivent donc se ressaisir pour identifier la voie qui correspond à la restauration de leur liberté et se battre pour obtenir gain de cause.





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