Côte d'Ivoire- Retour des exilés: Attention au syndrome du Beach!

Mardi 24 Décembre 2013 - 08:28


Dans un camp de refugiés ivoiriens au Ghana
Dans un camp de refugiés ivoiriens au Ghana
Le 20 décembre 2013, clôturant les travaux de la deuxième session du « parlement », le soi-disant président de l’Assemblée nationale, l’assassin Guillaume Soro se réjouissait d’une certaine décrispation politique en Côte d’Ivoire : « (…) je me réjouis très personnellement de la tendance actuelle du climat politique de notre pays. En effet, n’assistons-nous pas en ce moment à une réelle décrispation qui se traduit par la reprise du dialogue politique entre le gouvernement et les partis de l’opposition ? Le retour de certains responsables politiques précédemment en exil et la rencontre des formations politiques du Rassemblement des républicains et du Fpi constatée le lundi 9 décembre dernier en sont, je peux le dire, une preuve éloquente et même une amélioration encourageante ».
Le disant, Guillaume Soro pensait sans nul doute aux tractations en cours en vue de l’entrée du FPI au Gouvernement. Une entrée qui, si on en juge par la réaction de nombreux cadres, militants et sympathisants de ce grand parti, n’est pas à l’ordre du jour et s’apparenterait plutôt à une sorte d’entrisme susceptible de conduire à des paradoxes ahurissants. Comme est ahurissante la démarche récente du ministre Michel Amani N’Guessan, Miaka Oureto et d’un autre cadre du FPI auprès du sieur Hahmed Bakayoko afin d’obtenir un accord relativement au retour des exilés.
Auparavant, des initiatives tendant à faire rentrer les militaires avaient fait flop. Exaspéré, le dictateur d’Abidjan avait agité un ultimatum royalement ignoré par les concernés. Dans tous les cas, le régime d’Alassane Dramane Ouattara (cela se voit comme le nez au milieu du visage) multiplie les actions en faveur d’un retour massif des Ivoiriens réfugiés à l’étranger pour des raisons sécuritaires.
Toutefois, ces actions paraissent d’autant plus paradoxales que des personnes qui n’avaient pas eu la chance de s’exiler croupissent encore en prison. Ces civils et militaires seraient plus de 700 personnes. Mais il y a surtout Laurent Gbagbo qui est arbitrairement détenu à La Haye. Dans une lueur de lucidité, Alpha Blondy n’a-t-il pas reconnu qu’une décision favorable et réconciliatrice de l’homme « fort » d’Abidjan influencerait la décision de la CPI ? Il y a également Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu, etc. encore dans les liens injustes de la détention.


Jacques K.Mian   d’Anomatuepin, auteur de l'article
Jacques K.Mian   d’Anomatuepin, auteur de l'article
Toutes ces contradictions du régime Ouattara devraient nous rappeler et nous faire craindre ce que j’appelle le syndrome du Beach. Il s’agit de faits gravissimes qui se sont déroulés au Congo de Denis Sassou Nguesso. Grâce à Wikipédia, je puis vous relater ces tristes événements :
« L’affaire des disparus du Beach est une tuerie collective orchestrée par des hauts responsables d’État. Elle s’est déroulée entre le 5 et le 14 mai 1999 au débarcadère fluvial de Brazzaville dit Beach de Brazzaville en République du Congo sous la présidence du général Denis Sassou Nguesso arrivé au pouvoir deux ans plus tôt à la suite d’un violent coup d’État militaire en 1997. En avril 1999, dans un souci d’apaisement alors que la guerre civile du Congo-Brazzaville prenait fin, Denis Sassou annonce la réconciliation nationale. Il signe des accords avec la République démocratique du Congo et le HCR pour le retour de milliers de réfugiés qui avaient fui la guerre civile en se réfugiant à Kinshasa, l’épée de Damoclès sur le pouvoir de Brazzaville. Le premier retour de familles (adultes, femmes, enfants) a lieu par la “traversée du Beach” (navette fluviale qui effectue les liaisons Brazzaville-Kinshasa), et comprend environ 1 500 personnes, sous le contrôle du HCR. Ces personnes sont accueillies dès leur arrivée au port fluvial du Beach de Brazzaville par des dizaines de personnalités gouvernementales et militaires (dont le ministre de la Santé selon certains témoins) puis, une fois celle-ci partie, interpelées par des militaires appartenant probablement à la garde présidentielle, triées, les jeunes et hommes valides (peut-être soupçonnés d’appartenir aux Ninjas, milice privée de Bernard Kolélas, opposant de Denis Sassou ou originaires de la région du pool, région située au sud du Congo) étant acheminés par convois dans des camps ou vers la présidence de Mpila selon les sources concordantes. À partir de ce moment, toute trace de ces personnes est perdue. Certaines rumeurs parlent de personnes entassées vivantes dans des containers, qui auraient été soudés et jetés dans le fleuve, ou incendiés dans les locaux de la présidence de Mpila ».
Voilà, il me paraissait important d’évoquer ces faits, mais aussi de les invoquer pour dissuader mes parents, amis et compatriotes exilés d’un retour sans des garanties claires et intangibles.


Par Jacques K.Mian   d’Anomatuepin





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