Côte d'Ivoire: Quel avenir pour la lutte démocratique ?

Mardi 8 Décembre 2015 - 11:32


Aux lendemains du 25 octobre 2015, la Côte d'Ivoire a connu la prolongation d'une dictature sans précédent, consécutive à une mascarade électorale. Après quelques déclarations de non reconnaissance des résultats de cette mascarade électorale, c'est le silence du côté de l'opposition. Un silence trop pesant mais surtout inquiétant et problématique. S'agit-il d'un essoufflement obscursissant l'horizon de la lutte démocratique ou d'un silence du cogito duquel naîtra de nouveaux engagements et une stratégie, loin de la sempiternelle posture discursive intempestive, pour faire avancer la lutte ?
Jusqu'à preuve du contraire, rien ne semble attester que l'opposition ivoirienne traverse une longue phase d'épuisement faisant l'affaire de la Droite gouvernante.
Face au chaos démocratique que vit le pays, notre opposition n'a pas le droit de démissionner. Pas de trêve pour les combattants de la liberté, tant que les libertés sont bafouées et en péril. C'est pourquoi nous osons croire que ce silence observé reste celui d'un cogito intégrant efficacement la continuité de la lutte. Car il nous faut lutter, lutter et absolument lutter face au péril de la démocratie, de la justice et des libertés.
La lutte s'impose à nous. Nous n'avons pas le droit de nous en dérober, si véritablement nous avons fait le choix noble d'être des hommes et des femmes de Gauche, humanistes, attachés à la démocratie, à la justice et aux libertés.
La lutte s'impose à nous pour préserver les acquis démocratiques obtenus de hautes luttes et dont la déconstruction est en cours.
La lutte s'impose aussi à nous pour obtenir la libération de ces centaines de prisonniers politiques, qui devraient se sentir abandonnés et oubliés, du fait de notre léthargie qui est loin de servir leur cause.
Ne gravons pas dans la conscience de cette jeunesse, de ces hommes et de ces femmes, qui ont osé faire le sacrifice, qu' "il ne sert à rien de lutter, si c'est pour mourir en prison "cadeau", sans que rien, du point de vue de la lutte, ne soit efficacement mené pour la libération des prisonniers politiques."
La Gauche ivoirienne ne doit ni donner l'impression ni convaincre qu'elle est désarmée depuis l'incarcération de l'homme qui l'a le plus incarnée, Laurent Ggagbo. Si la gauche ne parvient pas à dissiper cette impression, si elle laisse prospérer cette conviction dans certaines consciences, elle aura joué à son insu le jeu des impérialistes qui maintiennent Laurent Gbagbo en prison à La Haye. En effet, leur raisonnement serait tout simple: " Si l'incarcération du chef des souverainistes et des anti-imperialistes suffit pour affaiblir et casser leur lutte, pourquoi se faire hara- kiri en le libérant ?" Nous ne devons pas favoriser un tel raisonnement chez les impérialistes et leurs collaborateurs locaux.
L'avenir de la Gauche se trouve dans son passé. L'avenir de la gauche est celle d'une Gauche qui saura se replonger dans son passé glorieux pour en tirer les riches enseignements lui permettant de mener efficacement la lutte presente. Mais cela nous exige l'union, le courage, la détermination et l'engagement sacrificiel. Dans le cas contraire, il faudra songer à l'avènement d'une nouvelle génération dans les instances dirigeantes des partis de Gauche, plus combative et prête à mouiller le maillot en allant jusqu'au bout.

Bobia Polinovici




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