Côte d'Ivoire: Ouattara fait encore rêver les ivoiriens

Mardi 12 Août 2014 - 00:44


A la veille de la commémoration du 54e anniversaire de dépendance, plutôt d’indépendance de la Côte-d’Ivoire après la colonisation, le président Alassane Ouattara a accordé une interview télévisée à Sali Silué Konaté et à David Mobio, tous deux de la  Radio Télévision Ivoirienne(RTI).
        A entendre M. Ouattara on se croirait dans un conte de fée où tout est beau, où tout est magique. Il suffit de claquer les doigts pour que tous les ivoiriens soient heureux. Malheureux, la réalité est tout autre. Pendant la campagne présidentielle de 2010, en ce moment la partie  nord du pays était occupé par sa rébellion armée, M. Ouattara dans sa tournée faisait des promesses de milliards aux différentes régions du pays. Arrivé au pouvoir dans les conditions rocambolesques que nous savons tous, il ne devrait pas s’enorgueillir d’être un président démocratiquement élu. Il doit plutôt faire profil bas et chercher l’estime des ivoiriens. Les promesses ne sont pas tenues. Aucune lueur d’espoir ne pointe à l’horizon. Non content d’avoir trahi les ivoiriens la première fois, M. Ouattara continue de les  faire rêver en leur promettant monts et merveilles. En trois ans de règne, en comparaison  à Laurent Gbagbo que lui-même et ses alliés ont lié les mains pour l’empêcher de travailler, selon lui, la Côte-d’Ivoire a connu des avancées notables. Désormais les ivoiriens ont trois repas par jour, des emplois ont été créés, tous les jeunes travaillent et pourtant cinq(5) promotions d’assistants sociaux sont encore au chômage depuis quatre ans après leur formation, au point où l’école des assistants sociaux n’organisent plus de concours de recrutement. C’est un fait vérifiable. En dehors de ceux-ci, il y a encore des cas plus graves. Il serait fastidieux d’énumérer des cas de chômage. La misère frappe à toutes les portes.
        Ce dont M. Ouattara parle n’est pas visible dans le quotidien des ivoiriens. Qu’il cesse de se faire passer pour le messie. Quand un prête, un pasteur ou un imam est bon ce sont leurs fidèles qui parlent d’eux. A ce jour, nous ne sentons pas la touche de Ouattara à part le rattrapage ethnique qui fait ravage. A une des questions des journalistes il a dit ceci  :  «  Quand je suis arrivé, Abidjan avait  moins de 65% de couverture en eau potable. Aujourd’hui, nous sommes à 90%  ». Ces propos sont en contradiction avec ce que nous vivons sur le terrain. Tout récemment, toute la commune de Yopougon (Abidjan) a été confrontée à un problème d’eau. Des cas ponctuels se signalent un peu partout dans le district d’Abidjan. Certaines communes sont mêmes privées d’eau et d’électricité. Alors un peu d’humilité et qu’il cesse de se vanter.
        Le comble de ses propos pendant l’interview, c’est lorsqu’il a dit  :  «  Lorsque j’accédais à la magistrature suprême, la Côte-d’Ivoire était endettée à 75% (…) Mon programme basé sur l’émergence fait que le terme PPTE ne sera pas appliqué à la Côte-d’Ivoire. Je veux sortir le pays de la pauvreté.  » Sacrilège  ! Avant Laurent Gbagbo,  Alassane Ouattara en sa qualité de premier ministre de 19990 à 1993 sous Houphouët Boigny  vieillissant  Puis Henri konan Bédié ont géré la Côte-d’Ivoire. Que ont- il laissé en héritage aux ivoiriens  ? Un pays endetté. Laurent Gbagbo a passé tout son règne à payer les dettes intérieures et extérieures. On est arrivé au PPTE parce que vous les devanciers vous avez creusé de gros trous financiers. M. Ouattara ne restez dans votre tour d’ivoire pour accuser  quelqu’un sans défense.  Pourquoi ne critiquez- vous pas la gestion  de M. BEDIE qui es en face de vous  ? Dans la vie, pour être grand, il faut d’abord apprendre à être petit… L’humilité est la base de toute véritable grandeur. M. Ouattara, puisque votre travail c’est de chercher l’argent, vous auriez dû ne pas accepter l’argent du PPTE de Laurent Gbagbo. Non seulement vous jouissez des retombées du travail du PPTE de celui que vous vilipendez mais aussi vous êtes incapables de sortir le pays de la pauvreté.
        Les ponts, les routes et les grands travaux dont vous parlez tant ne sont pas de votre fait. Là aussi cessez de tromper les ivoiriens. Vous leur demandez de se mirer dans une eau trouble. Ce n’est pas possible. M. Madani Tall, alors représentant de la banque mondiale en Côte-d’Ivoire au cours d’une émission télévisée avec Brou Aka Pascal, avait dit clairement que les grands travaux dont M. Ouattara s’approprie étaient prévus depuis belle lurette. Comme la Côte-d’Ivoire sort d’une crise, c’est pour cette raison qu’on accélère les travaux. Où est donc le miracle que vous avez opéré  ? L’université dont on a tant vanté les mérites n’est qu’une coquille vide. Arrêtez de nous distraire et allons à l’essentiel afin que nos prières vous aident à sortir de l’embarras dans lequel vous êtes. Vous ne travaillez pas pour la Côte-d’Ivoire, mais plutôt pour les occidentaux qui vous ont placé au palais présidentiel. Les ivoiriens souffrent. Il faut qu’on vous le dise franchement. Dans l’entretien, vous poursuivez pour dire ceci  :  «  Mon rêve est de faire de la Côte-d’Ivoire un pays émergent. Cela veut dire un pays où il fait bon vivre, où l’on aura fini avec la pauvreté.  » L’émergence, encore un autre concept des occidentaux pour berner les africains. Où en est-on avec le PAS (Programme d’ Ajustement Structurel)  ? M. Ouattara était, je crois bien, au FMI. Qu’est ce que ce programme a apporté aux pays africains  ? Misère et désolation. Comme nous sommes des consommateurs d’idéologie et de concept, on nous balance un autre mot, je dirais un autre mal qui est ‘’l’émergence’’. M. Ouattara en fait son cheval de bataille sans connaître les tenants et les aboutissants de ce concept créé en laboratoire par les occidentaux pour nous endormir. L’émergence, ce concept humanitaire doit être pour nous un éveil de conscience. Pour arriver à l’émergence physique, il faut d’abord l’émergence spirituelle, l’émergence de l’âme. L’émergence c’est d’abord et avant tout  la fraternité, l’amour, le bon comportement, le beaucoup envie de vivre ensemble, la maîtrise de soi, le pardon. Un oiseau qui est en cage peut-il être heureux, peut-il émerger quelque soit la beauté de la cage  ? Il est heureux quand il est au dehors, en plein air.
        Comment la Côte-d’Ivoire peut être émergente quand 46% de sa population  qui soutient Laurent Gbagbo est en cage  ? Ce pourcentage est celui donné par la communauté internationale lors de la présidentielle 2010. Ce soi disant minorité est méprisé, il n’a pas droit de manifester, il n’a pas accès aux médias d’Etat. Il y a quelque chose à faire pour sortir de ces cycles de violence. M. Ouattara qui est à la tête de ce pays doit être un modèle. Il ne doit faire ce que lui et ses partisans reprochaient à l’ancien régime. Malheureusement, ils font pis. Tout dans la nature obéit à une loi. Ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, ne le fais pas aux autres. Le rattrapage ethnique, la corruption, l’injustice sont aujourd’hui monnaie courante.
        «  Les élections à venir seront démocratiques. Je tiens à cela. C’est important pour moi, pour la crédibilité de la Côte-d’Ivoire.  » Or donc la Côte-d’Ivoire n’est pas crédible  ! C’est bien beau ces paroles. Mais en âme et conscience M. Ouattara veut-il vraiment des élections démocratiques  ? Je ne pense pas. L’opposition, surtout le FPI  est traqué par les dozo et les milices de Ouattara. Quand il était dans l’opposition, il disait qu’il y avait 3,5 millions d’ivoiriens qui n’avaient pas de pièce d’identité. N’étant pas aux affaires, comment pouvait-il avoir ces chiffres. Parvenu au pouvoir, il a constitué sa base de données en distribuant les pièces d’identité ivoiriennes à des non ivoiriens pour servir de bétail électoral. Maintenant il peut se passer du PDCI et il parle d’élection transparente. Ah  ! Comme c’est facile. Des amis ivoiriens travaillant au Mali, au Burkina-Faso, en Guinée ont vu des citoyens de ces pays posséder la carte nationale d’identité ivoirienne.  Pour les narguer, certains leur ont  même dit que pendant les élections présidentielles ivoiriennes de 2015, ils seront convoyés pour venir voter Ouattara. Alors de quelle démocratie parle t-il ce dernier  ?
        Pour l’heure, la démocratie et l’Etat de droit sont des concepts qui gouvernent le monde aujourd’hui. Nous nous devons de nous plier à leurs exigences si nous voulons compter parmi les nations dites civilisées. En démocratie, même si la volonté de la majorité doit prévaloir, il convient de ne pas opprimer les minorités et de respecter leurs opinions. Dans un Etat de droit, les citoyens doivent jouir d’une égalité de droits en termes de participation politique, ils doivent être égaux  devant le système juridique. Les lois doivent être transparentes, ayant été votées dans le respect de procédures adéquates. Elles ne peuvent être appliquées de manière arbitraire par ceux qui sont responsables.
         Sous Ouattara les choses se passent autrement. Ni la démocratie, ni l’Etat de droit ne sont appliqués. Le jeudi 07 août 2014, Mme Henriette Dagri Diabaté a eu à interpeler le président Ouattara en ces termes  :  «  La cause de la nation dépasse les diversités et exige de tous, modestie, intelligence et sagesse  ». Elle est allée plus loin en demandant au président Ouattara d’instaurer un dialogue institutionnel avec l’opposition afin de trouver les moyens de sortir le pays des cycles de violence et de parvenir à la démocratie vraie. Voilà des propos qui doivent faire réfléchir celui qui se croit assez fort pour conduire le bateau ivoire à l’émergence. Les ivoiriens recherchent la vérité, la paix et non les faire rêver pour obtenir d’eux maintenant  un autre mandat pour légitimer ce qui n’était pas légitime.
    

    G. OURA Kouakou
                                

   ourandrin@yahoo.fr




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !