Côte d’Ivoire : Mutinerie ! C’est le problème de monsieur Ouattara. Le problème des démocrates, c’est celui de la restauration de la démocratie pour libérer le peuple. Par Claude KOUDOU

Dimanche 15 Janvier 2017 - 15:27


La mutinerie, c’est monsieur Alassane Dramane Ouattara qui en a crée les conditions. « Ingouvernable … ; je suis musulman ; … », ce sont des mots de l’actuel chef de l’Etat ivoirien. Il ne faut donc pas que nous nous laissions distraire quand bien même la situation créée dans le pays et qui vrille la quiétude des populations nous interpelle. « Asseyons-nous et discutons » ! Quand Laurent Gbagbo prononce ces mots, c’est pour parler d’un sujet. Et le sujet aujourd’hui, c’est le manque de démocratie ; c’est la cherté de la vie et le manque de liberté qui font souffrir les populations. La responsabilité de l’opposition est donc de créer les conditions de la libération du peuple.

 

En 1990, c’est la lutte de toutes les forces vives du pays, sous la houlette des forces de gauche et le leadership de Laurent Gbagbo qui ont forcé le président Houphouët Boigny à décréter le multipartisme. Partout où les forces se rassemblent et s’organisent sérieusement, la victoire devient possible. Ainsi, dans une Côte d’Ivoire qui a des fils et filles contraints à l’exil nonobstant des clauses de la Constitution ; où il y a de nombreux prisonniers politiques sans jugement ; où les populations ne peuvent pas scolariser leurs enfants dans la quiétude ; où la cherté de la vie provoque des drames dans des familles ; … l’opposition doit pouvoir trouver les voies et moyens qui conviennent pour contraindre le pouvoir à normaliser la situation. Et si le pouvoir n’entend pas raison, l’opposition doit constituer une alternative. Nous savons que rien ne peut arrêter un peuple déterminé.

 

Par ailleurs, nous devons reconnaître que les différents rassemblements créés, malgré des insuffisances qu’ils portent, ont permis d’obtenir quelques avancées si minimes soient-elles. Aussi, observons-nous chaque jour qui passe que le pouvoir s’enfonce ; il s’isole davantage. C’est une opportunité pour l’opposition pour créer le rapport de forces, en vue de libérer le peuple. La question de la mutinerie est donc le problème de Ouattara. L’opposition doit pleinement jouer son rôle devant cette situation. Dans toutes les luttes, il y a des étapes ; il y a des priorités. L’étape à franchir aujourd’hui – et c’est la principale – c’est la restauration de la démocratie. Cet acquis arraché de hautes luttes doit être recouvré. Nous savons que cet acquis a été obtenu quand les forces progressistes se sont mises ensemble. Il faut aussi dire que quand il y a la démocratie, tous les jeux sont possibles. Cette considération fera l’objet de l’étape suivante. Mais il faut également intégrer que lorsqu’on veut tout et son contraire, c’est naturellement évident qu’on n’aboutisse à rien.

 

Ma conviction profonde, malgré la sensibilité politique qui m’habite, reste l’impérieuse nécessité du rassemblement des forces progressistes. Ce n’est pas l’immobilisme ; ce n’est pas des pauses qui puisent dans des considérations souvent émotionnelles qui règleront les problèmes du peuple. Une opposition doit être clairvoyante et prévoyante ; elle doit faire de l’anticipation et de la prospective ; elle doit faire preuve d’imagination et d’ingéniosité. Le problème de notre pays n’est pas le problème de règlements de compte de quelques individus ou entre des individus. Certes, certains acteurs sont dans des démarches solitaires. Mais dès lors que la voix du peuple les a mis à nu, il faut revenir à l’essentiel.

 

La réalité frappante est qu’il y a un homme qui est injustement emprisonné parce que des prédateurs ne veulent pas de la démocratie en Afrique en général et en Côte d’Ivoire en particulier ; et cet homme, Laurent Gbagbo est un démocrate. Allons-nous continuer de rester devant des postes de télévision pour regarder le cirque qui se passe à La Haye ? Il me semble que c’est le rapport de forces qu’on peut créer sur le terrain qui contribuera à faire rentrer tous les fils et filles au pays et libérer tous ceux qui sont arbitrairement emprisonnés. Il y a donc une responsabilité qui incombe à toutes les forces progressistes et à tous les fils et filles de ce pays qui ne supportent pas et/ou qui ne supportent plus la dictature qui ravage le peuple. Monsieur Ouattara a étalé toutes ses limites. Devant cet état de fait, tous ceux qui sont pour le changement doivent se tendre la main.

 

Dans l’histoire récente de notre pays, des compatriotes naïvement, ou emportés par un fanatisme méthodique ou emballés dans une passion aveugle, ont fait un choix. Ils ont agi en conséquence. Après avoir fait leurs propres expériences, ils se sont ravisés ou en passe de l’être. Ils peuvent être utiles à l’étape qui consiste à restaurer la démocratie. Certes, il y a des principes à observer. Mais des conformismes irrationnels ne peuvent pas nous détourner au point de se détourner de l’essentiel.
 

Avec les atermoiements constatés, on doit dire que ceux qui cultivent artificiellement l’attentisme et l’angélisme ne comprennent pas les douleurs du peuple. Le sens des responsabilités commande que les leaders et/ou les élites se surpassent pour se donner la main pour identifier la voie juste et ce, dans l’intérêt du peuple. Le mot "vigilance" n'a jamais été synonyme de repli ou de méfiance systématique.

 




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