Côte d'Ivoire / Libre opinion -1ère partie Devoir de mémoire et l’enjeu 2020. ( Alice-Rosine Bécan Tiékpa)

CIVOX.NET
Vendredi 22 Septembre 2017 - 19:48


Côte d'Ivoire / Libre opinion -1ère partie Devoir de mémoire et l’enjeu 2020. (   Alice-Rosine  Bécan Tiékpa)

Les dates du 9 au 10 septembre et le 17 septembre 2017 ont servi de  cadres pour tenir d’une part, le 3ème congrès ordinaire du RDR et d’autre part, la 3ème édition de l’ « APPEL de Daoukro » ; un plus que Super Congrès Ordinaire pour le PDCI-RDA. A ces occasions, les deux supers régnants (Konan Bédié et Dramane Ouattara) de notre pauvre pays, la Côte d’Ivoire, ont délivré leurs messages équivoques comme un dialogue de sourds ; suivons :

-Dramane Ouattara- Les journées des 9 et 10 septembre 2017 sont un moment de retrouvailles exceptionnelles ; des dates majeures dans la vie de notre grand parti. Je suis heureux car je n'ai jamais oublié d'où nous venons. En effet, il fût un temps où il était dur d'assumer son appartenance au RDR. Il fût un temps où se faire établir un document administratif était un véritable parcours du combattant. Plus le temps passait, plus il devenait difficile de militer ou de s’afficher RDR. C’est pourquoi, chaque fois que le doute pourrait vous gagner, jetez un coup d'œil dans le rétroviseur. Souvenez-vous d'où nous venons. Vous apprécierez à leur juste valeur la paix, la cohésion et la stabilité dans laquelle nous vivons actuellement ; cela pour chaque habitant de notre beau pays, sans distinction de race, de religion ou d’ethnie. Le RDR n'est pas un parti de violence comme on veut le faire croire, mais un parti qui a subi la violence morale et physique des autres. Je repense souvent à ce congrès du samedi 1er Août 1999 où dans une grande ferveur et bravant l’adversité, vous avez pris la courageuse décision de me porter à la tête du RDR, un parti d’obédience Houphouëtiste. Les conditions étaient difficiles, incroyablement difficiles à cette époque. Mais notre parti a survécu et prospéré grâce à vos énormes sacrifices et à votre forte mobilisation. Ces moments intenses et exceptionnels nous ont permis d’avancer. Ils doivent nous inspirer aujourd’hui, au moment de la relance de notre dynamique.

Konan Bédié- Il y a trois ans déjà, le 17 septembre 2014, à l’occasion de la visite d’Etat du Président de la République dans l’Iffou, j’adressais au Président Alassane Ouattara, sur cette même place, un message de bienvenue dans lequel je lui disais combien j’appréciais le travail qu’il accomplissait à la tête de l’Etat. En conséquence de quoi, je lui proposais de demander à mon parti, le PDCI-RDA, malgré les dispositions prises antérieurement, d’accepter de le soutenir pour l’élection présidentielle de 2015 à laquelle il était candidat pour un second mandat. Dans cette adresse, connue désormais comme l’Appel de Daoukro, je proposais également le soutien de l’ensemble des partis membres du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix, RHDP, afin que lui, le Président Alassane Ouattara, soit le candidat unique de ces formations politiques.

Mon exercice critique : pour mieux comprendre mon analyse, j’invite le lecteur à convenir avec moi que « L’Appel de Daoukro » est un congrès ordinaire pour le PDCI-RDA. Une fois le parallélisme établi entre ces deux événements, il m’est aisé de développer mes critiques : ces deux propos introductifs des deux hommes évoquent le souvenir mais, la teneur est controversée.

-Pour Dramane Ouattara (parce qu’il n’y a que lui), afin de se maintenir indéfiniment au pouvoir rappelle : « Je repense souvent à ce congrès du samedi 1er Août 1999 où dans une grande ferveur et bravant l’adversité, vous avez pris la courageuse décision de me porter à la tête du RDR, (…) ». L’occasion était belle d’inviter les militants de son parti à taire leurs querelles intestines et à se rassembler au souvenir de leurs souffrances communes que leur ont fait subir ses prédécesseurs et les autres Ivoiriens si méchants selon ses dires et d’enchainer : « Il fût un temps où se faire établir un document administratif était un véritable parcours du combattant. Plus le temps passait, plus il devenait difficile de militer ou de s’afficher RDR. Le RDR n'est pas un parti de violence comme on veut le faire croire, mais un parti qui a subi la violence morale et physique des autres  ». Ce troisième groupe d’idées absout le club RDR de ses crimes odieux ; de ses violences et de ses barbaries contre les Ivoiriens en même temps qu’il met en lumière, la ruade que Dramane fait atterrir, sans pitié et de plein fouet, dans les côtes de Bédié qui a été cynique avec son régime implacable. Un régime anti-gros boubous, anti-musulmans, anti-barbus et anti-nordistes. Poursuivant, Dramane appelle ses partisans à reconnaitre le messie et le Héros ‘’brave-tchè’’ qui les a conduits à leur salut par ses hauts faits défenseurs passés : « C’est pourquoi, chaque fois que le doute pourrait vous gagner, jetez un coup d'œil dans le rétroviseur ». Dans son chapelet de récits, Dramane assène à ses narrataires un descriptif élogieux du butin de leur lutte, digne de sa force de ‘’brave-tchè’’ et non sans une pointe d’ironie à l’égard des autres Ivoiriens: « Souvenez-vous d'où nous venons. Vous apprécierez à leur juste valeur la paix, la cohésion et la stabilité dans laquelle nous vivons actuellement ; cela pour chaque habitant de notre beau pays, sans distinction de race, de religion ou d’ethnie ». De quoi parle Dramane ? Il n’est un secret pour personne que Dramane évoque et se réjouit de l’affranchissement de tous ceux, les siens, qu’hier, ne pouvaient ni assumer ni afficher leur ‘’Rdr-ité’’ à cause du délit de faciès qu’on leur collait, des grands boubous, des grosses barbes, de leur appartenance à la religion muslmane et de leurs origines nordistes. Tout à l’opposé, Dramane ironise sur le sort des autres Ivoiriens qui, à raison, doivent subir, aujourd’hui, les assauts frustratoires et inhumainement meurtriers de son régime de Dramanocrate dit «  Ouattara-RDR » à travers le rattrapage ethnique, les assassinats par les microbes, des cerbères forcenés et autres coupeurs de routes, les privations d’emplois et de promotions dans les administrations de l’Etat, les emprisonnements aux contours suspects, les faux témoignages, l’exil forcé…

-Pour  Konan Bédié, il s’agissait d’évoquer un souvenir qui met en exergue, le don de soi, l’esprit fair-play des militants du PDCI-RDA et des autres Ivoiriens. C’est avec ces valeurs que, comme le lait maternel de Côte d’Ivoire, le Président Houphouët-Boigny a abreuvé les Ivoiriens. En appréciant le travail que Dramane fait à la tête du pays  et en sacrifiant les ambitions des cadres Pdci et celles des autres Ivoiriens pour que Dramane seul soit candidat aux présidentielles de 2015, Bédié a adouci le cœur du félin pour que survivent les agneaux,  les colombes et même la faune et la flore dans le carré ivoirien. Toute chose ayant permis l’économie d’une grande partie du capital humain ivoirien, même si les tueries continuent d’être le principal identifiant de nos jours en Côte d’Ivoire. Konan Bédié, en Ivoirien fier de sa dignité et de sa noblesse, ne fit point cas de souvenirs sur des inhumanités, des torts et des fourberies que les autres Ivoiriens, lui-même, et le PDCI-RDA ont pu subir de la part d’une génération spontanées de suicidaires politiques qui se sont faits jour depuis 1999 dans notre pays.

Dramane et N’Zuéba ne sont pas près de libérer le peuple ivoirien fait otage de leur cache-cache politique. Dans la 2ème partie, je traiterai du faux-fuyant de Dramane et du jeu d’awalé du prince Nambê au sujet du parti unifié.

  Alice-Rosine Bécan Tiékpa                                                                                                           





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact




 

Les Filles de Saïoua au Palais de Congrès de Montreuil (France) le samedi 16 décembre 2017