Côte d’Ivoire – Les frais de mission exorbitants du grand Vizir Daniel Kablan Duncan

Jeudi 23 Octobre 2014 - 05:48


Daniel Kablan Duncan, premier Ministre de Ouattara
Daniel Kablan Duncan, premier Ministre de Ouattara
I - L’histoire commence toujours par où il était une fois, dans une république cacaoyère d’Afrique occidentale transformée en sultanat.

Le sultan musulman, au nom des considérations de géopolitique nationale, nomma un chrétien issu d’un autre groupe ethnique et politique dans la fonction de grand vizir du sultanat. Pourquoi lui ? En raison des liens personnels qu’il entretient avec lui, de sa connaissance des arcanes de l’économie mondiale et de la haute finance internationale. Mais en réalité, c’est un l’homme de cooptation, il ne s’est jamais frotté au suffrage universel direct, ce n’est donc pas un élu du peuple. Ce n’est qu’un petit jouisseur qui a un goût sans frein pour les dépenses somptuaires, les grands hôtels, le bon vin, la bonne chaire, le luxe et n’était aucunement habité par une exigence de rigueur de gestion dans la conduite des affaires du pays. Son comportement est la démonstration patente du gaspillage de l’argent public dans un pays pauvre très endetté. Le voyage aux USA du premier Vizir et quelques membres du gouvernement pour un forum économique et la récente assemblée annuelle de la banque mondiale et du fonds monétaire international a coûté 400 millions de francs CFA. Sur un budget pré visionnel de 250 millions. Soit 150 millions de plus. Une assistante ministérielle percevait 3000 dollars par jour. Tout cela n’est pas exemplaire et fait désordre dans un pays où le quotidien est de plus en plus difficile pour la grande majorité des Ivoiriens. Au point où ceux qui ont un seul repas par jour sont des privilégiés. Mais le plus grave est que le sultan lui- même nous a dit qu’il ne comprend pas que certains voyages ministériels soient pris à la fois en charge par le pays hôte et le gouvernement du sultanat cacaoyer. En clair, les ministres véreux mettent les frais de missions en poche quand les frais de séjour hôtel, voiture de déplacement et repas ont été mis à disposition par le pays hôte. Pour être au gouvernement, c’est comme entrer au casino pour jouer avec l’argent du contribuable. Sincèrement dans quel monde vivent-ils ? La grande difficulté de la vie politique dans nos malheureux pays africains est qu’il n’y a pas de sanctions contre ce genre de forfaiture. Plus grave, on s’en prend toujours à celui qui dénonce le mal qui gangrène la vie nationale. On voit tout de suite en lui un jaloux, c’est un assoiffé de pouvoir, il est contre nous, il nous veut du mal, c’est un adversaire, il veut faire de la récupération politique. À force de paranoïa, de crier au loup et de voir le mal partout, le mal finit par s’installer durablement au cœur du pouvoir, si ce n’est déjà fait avec les tricheurs qui sont devant nous.

II – De Daniel Kablan Duncan !


 Après la dissolution spectaculaire du gou - vernement à cause d’une mésentente de plus entre ceux qui se proclament houpouëtistes, nous voilà au point de départ. On exige un << aplatventrisme >> sans condition au PDCI-RDA, le parti qui a conduit la Côte d’Ivoire à l’indépendance. Finalement, rien n’à changé en commençant par le chef du gouvernement. Daniel Kablan Duncan, est un homme d’une grande courtoisie. Ceux qui le fré - quentent, disent de lui qu’il est courtois, c’est un homme très affable. Il n’élève jamais la voix, il est très noir de peau. Relativement grand de taille avec un léger embonpoint, son visage est mis en relief par une calvitie débordante. Ses grands yeux clairs sont toujours en alerte et pétillants de prudence. Il les dis - simule parfois derrière une paire de lunettes. Comme l’Irakien Tarek Aziz avec Saddam Hussein, Daniel Kablan Duncan est un homme respectueux de la hiérarchie. Il est d’une loyauté sans borne envers Alassane Dramane Ouattara. Il récolte aujourd’hui le prix de sa fidélité à un homme. Sa mise est impeccable en costume cravate, gris-clair ou bleu-foncé. Colombe parmi les colombes, Duncan est très mal à l’aise sur les questions liées à la sécurité des Ivoiriens, aux libertés publiques et à la réconciliation nationale. Il cultive la prudence du caméléon en oubliant que ses propres lenteurs peuvent faire de lui une proie facile pour d’autres prédateurs. Dans cette logique, vous ne saurez jamais s’il est avec vous ou contre vous. C’est ce que nos parents baoulés appellent : le << gblè>>, c’est-à-dire la dissimulation ou la duplicité. Par expérience, nous avons une peur bleue des personnes de cette nature. Daniel Kablan Duncan, si nous comprenons bien, était donc en embuscade dans l’antichambre de la primature. Il assistait stoïquement aux humiliations en conseil des ministres de son prédécesseur, Me Ahoussou Jeannot. Il attendait avec une patience de caméléon une situation conflictuelle pour se voir propulser à la tête du gouvernement. L’expérience poli- tique ivoirienne nous oblige à nous méfier de tous ceux qui participent sans scrupule à la combine politicienne pourvu que cela arrange ou avance leur carrière. Nous détestons les combinards par nature. Nous avons gardé pour Grégoire Philippe Yacé un profond dégout à cause du rôle néfaste et criminel qu’il joua contre ses propres amis dans l’affaire des complots de 1963. Kablan Duncan est aujourd’hui dans cette logique. Il ne lèvera pas le petit doigt pour sauver les pro-Gbagbo des humiliations quotidiennes. Dans l’actuel gouvernement, il oublie que plus de la moitié du personnel politique de l’exécutif national est composé des ressortissants de la région nord de la Côte d’Ivoire. Il faut y ajouter le président de la république et le secrétaire général du Gouvernement ainsi que les conseillers malinkés qui assistent au conseil des ministres. Nous sommes en plein dans l’Etat RDR, avec des miettes pour les autres groupes ethniques. Il y a une image qui symbolise Daniel Kablan Duncan, c’est un homme qui a une solide connaissance de la haute finance internationale. Mais c’est un homme incapable en politique de comprendre et de devancer les problèmes pour éviter qu’ils ne portent atteinte à l’harmonie et à l’équilibre de la société. Pourquoi dans les heures sombres du bédiéïsme, ne s’était-il pas opposé frontalement à l’ivoirité ? Il ne pourra pas aujourd’hui s’opposer au rattrapage ethno-tribal en cours dans le pays dont il est le chef du gouvernement. C’est un homme qui n’apportera pas de solutions aux souffrances des ivoiriens. Comme l’Irakien Tarek Aziz, sa fidélité au président de la république le rend insensible aux souffrances de ses propres compatriotes. Il ne veut pas avoir de divergence avec le calife qui a fait de lui le grand vizir du sultanat cacaoyer, ce qui lui permet de jouir abondamment des frais de missions que le sultanat endetté peut offrir à ces ministres en mission de shopping aux USA. Pour dire la vérité, Kablan Duncan, c’est un attentiste. C’est-à-dire, qu’il est de ceux qui pensent qu’il faut laisser pourrir les problèmes dans une attente sans fin pour épuiser ceux qui sont en face et les amener à accepter un compromis boiteux. Son rôle trouble dans le coup d’Etat qui renversa le président Henri Konan Bédié, le jeudi 24 décembre 1999, est dans toutes les mémoires. Ces jours-là, s’il avait pris le peu de courage qu’il avait dans son âme et était allé au camp militaire d’Akouédo pour discuter avec les mutins et débloquer l’argent nécessaire aux primes que revendiquaient les soldats on en serait pas à ce qui fut la porte ouverte à la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. N’était-il pas le chef du gouvernement qui avait lancé un mandat d’arrêt international contre le Dr Alassane Ouattara ? C’est cet attentisme qui fait de lui un homme qui ménage ses arrières comme un renard. Toujours entre deux chaises, il veut toujours mettre ses deux pieds dans le même soulier dans l’attente d’un compromis toujours introuvable. Incapable d’anticipation et de reflexe politique à long terme, il privilégie l’économie en oubliant qu’elle est liée à la stabilité politique. Comment Daniel Kablan Duncan, avait réagit quand le conseil des ministres présidé par Alassane Ouattara, avait abordé la naturalisation de près de quatre millions de non nationaux ? La réponse est simple, il était muet comme une carpe ;  cela ne concerne pas le grand vizir du sultanat. Exactement comme dans la période trouble de l’ivoirité. Circulez, cela ne le concerne pas? En réalité, il se fait tout petit comme une souris dès qu’il y a une grande question d’intérêt national. Il veut durer à son poste, il n’a que cela comme ambition et rien de plus. Loin de lui jeter la pierre, nous sommes de ceux qui n’attendent rien de lui. Il ne nous inspire pas confiance. Il n’a pas le sens de l’intérêt général, c’est un laxiste, un calcu - lateur qui n’a que ses petits, petits et sor - dides intérêts personnels comme projet politique. Voilà pourquoi le président Henri Konan Bédié qui le connait cherche à le déloger de la primature en faveur d’un Akan de son propre sérail. Nous voulons simplement qu’il sache, en ces heures sombres et difficiles pour le plus grand nombre, que son comportement de jouissance de l’argent public est indigne et que l’opinion ivoirienne a retenu de lui l’image d’un homme sans retenue, qui n’a que le profit et son confort personnel comme finalité en politique. Il ne nous verra pas dans la longue file de ceux qui le congratulent aujourd’hui car nous savons à l’avance que le pouvoir est éphémère. Tout est vraiment éphémère dans la vie politique ivoirienne. En clair, la sécurité des Ivoiriens, l’avenir des universi- tés, les réfugiés, les plantations occupées. La restitution des maisons occupées par les Dozos, les Zozos, les sakos et les Gogos à leurs légitimes propriétaires, tout cela n’est pas de sa compétence. Voilà ici le portait de Daniel Kablan Duncan, l’homme qui est allé dilapider avec ses ministres 400 millions d’argent public en shopping et en villégiature aux USA .

III – Les ivoiriens et l’argent facile


 Le président Houphouët-Boigny avait dit un jour qu’on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille les arachides. En d’autres termes, on ne contrôle pas celui qui garde l’argent de tous. Cette culture du laisser-faire et du laisser-piller a été préjudiciable à la Côte d’Ivoire toute entière. Il faut pour l’avenir redéfinir les bases du rapport de l’homme ivoirien avec l’argent. Comment une quantité aussi importante d’armes a-t-elle pu rentrer en Côte d’Ivoire au nez et à la barbe de nos forces de défense et de sécurité pour mettre le pays à feu et à sang ? Pourquoi aucun policier, aucun douanier ni même un seul gendarme n’a eu simplement l’idée de fouiller ces gros camions censés transporter des bœufs et des moutons, alors qu’en réalité ils convoyaient les armes qui allaient créer la mort des Ivoiriens et la désintégration de leur pays ? Les forces de l’ordre sont-ils au service du pays ou à leur propre service ? Encore une fois ce n’est pas l’argent qui est en cause ici, c’est ce qu’on peut faire avec l’argent pour détruire un pays. Et priver un pays et ses habitants de la richesse nationale produite par la majorité de la population est fondamentalement dangereux et injuste pour la survie de la nation. C’est quand même ahurissant. Quel est ce pays bizarre qui, dans une sorte d’insouciance maléfique qui frise l’inconscience, peut tranquillement utiliser des petites combines mafieuses d’alcôve pour s’enrichir avec l’argent public sans craindre la moindre poursuite judiciaire ? Si un voyage de Duncan et compagnie coûte 400 millions, imaginez la facture d’une dizaines de ce genre de voyage ? Quel est donc ce pays bizarre qui marche sur sa tête et qui accepte avec une bizarrerie inouïe que les sociétés d’Etat tombent presque toutes en faillite sans la moindre poursuite contre la gestion des responsables de ces faillites ? Quel est ce pays bizarre, dans lequel le chef de l’Etat qui - constitutionnellement n’a pas le droit de se livrer à des activités commerciales - dit publiquement que la vente de ses ananas et de ses avocats lui rapporte 8 milliards de francs CFA par an, sans que la Cour suprême n’émette la moindre protestation ? Dans ce pays bizarre où les examens, les concours, les diplômes, les cartes d’identité se vendent et s’achètent, comment y vivre sans argent ? Tel est le minable visage que nous offre une vie nationale de gabegie, de corruption et de détournement par les élites politiques ivoiriennes en ces années de souffrance. Les attributions de marchés publics entre amis, entre membres de la famille et sans appels d’offres, le tout dans une atmosphère malsaine qui ne dérange ni le sultan ni son grand vizir. Tout cela est déplorable et gênant pour tout le monde. Les gens n’en parlent pas pour éviter les histoires et autres règlements de comptes. Mais bon Dieu ! le pouvoir est-il aveugle ? Tout cela va finir mal pour tout le monde. La faillite des hommes, des élites et des institutions va entraîner la faillite morale, économique et sociale de la nation ; tout cela dans une atmosphère ridicule, délétère, de honte et de perte d’estime de soi. L’argent roi, l’argent Dieu, l’argent comme finalité de l’action politique au détriment du bonheur commun. Telles sont les voies auxquelles les élites ivoiriennes doivent tourner le dos s’ils veulent aider leur pays à se relever. Nous ne sommes nullement contre l’argent, mais l’expérience a prouvé que celui qui est trop porté sur l’argent peut accepter l’argent et laisser des armes entrer dans son propre pays pour faire tuer des innocents. Ne plus faire de l’argent une idole, ne plus faire croire aux Ivoiriens que celui qui n’a pas d’argent est un être inferieur et sans valeur. Tel doit être désormais selon nous, le travail pédagogique que les élites et la société civile ivoirienne doivent faire en commun pour recentrer la fonction de l’argent dans la vie sociale et dans les rapports interpersonnels découlant du mouvement global de recomposition de la société ivoirienne. Ceux qui le disent ne sont ni forcément des opposants ni des rebelles, mais des fils du pays qui souhaitent le meilleur pour leur pays et son peuple.

IV – Les mesures à prendre maintenant et tout de suite

 Le président Alassane Ouattara, mainte - nant qu’il le sait et que c’est lui-même qui a annoncé cette gabegie financière à la nation, c’est à lui de prendre les mesures qui s’imposent par respect pour les Ivoiriens. La première mesure pratique de lutte contre la corruption et la gabegie financière dans notre sultanat cacaoyer, est de limiter par une loi budgétaire l’endettement de notre pays la Côte d’ivoire afin de maitriser le taux d’endettement du pays. La croissance à crédit n’a jamais fait le bonheur de personne ici bas. Il faut maintenant et tout de suite demander à tous les participants de ce voyage de rembourser rapidement les sommes indument perçus. 150 millions de FCFA est une grosse somme à une époque où les hôpi- taux sont sans médicaments et certaines régions sans eau potable ni électricité. Il faudrait en outre, dans un souci d’efficacité et dans l’intérêt de la justice qui a été tant de fois bafouée dans notre pays, que la corruption et les détournements de ce genre soient criminalisés dans le code pénal de la Côte d’Ivoire afin que les cas de corruption et de gabegie ne soient plus jugés en correctionnel mais en cour d’assises. L’attribution des marchés publics devra se faire dans la plus grande transparence, loin des systèmes opaques qui existent encore aujourd’hui dans ce sultanat cacaoyer qu’est la Côte d’Ivoire. L’attribution de marché d’Etat à des entreprises appartenant à des membres de la famille présidentielle est gênante pour tout le monde, il faut en finir avec ce genre de situation qui n’est pas exemplaire pour la bonne gouvernance. Il faut en outre une loi applicable en Côte d’Ivoire, qui écarte les entreprises multinationales impliquées et reconnues coupables de corruption dans leur propre pays d’origine afin qu’elles ne soumissionnent pas aux appels d’offres dans nos pays fragiles d’Afrique, de peur qu’elles importent en Côte d’Ivoire leurs perversions, leurs combines et leurs habitudes de corruption. Le danger pour l’Afrique et la Côte d’Ivoire est de voir ces entreprises, avec leur puissance financière, influencer nos choix poli- tiques si ce n’est déjà fait. À l’heure de la mondialisation, il faut briser les situations de monopole dont jouissent encore certaines entreprises françaises ou libanaises comme aux temps des grands comptoirs coloniaux. Elles sont devenues de véritables pieuvres dans la vie économique de la Côte d’Ivoire, empêchant - grâce au soutien des banques européennes implantées en Afrique - l’émergence d’une libre et saine concurrence commerciale au profit du consommateur ivoirien. Il faut également une loi qui frappe à vie d’inéligibilité toute personne coupable dans une affaire de corruption et de gabegie financière dans toute la Côte d’Ivoire. L’inéligibilité et l’interdiction d’activités commerciales de longue durée devraient frapper tous ceux qui, par leur mauvaise gestion, ont conduit nos entreprises d’Etat en faillite, mettant ainsi au chômage de braves gens qui ne demandaient qu’à vivre simplement de leur travail. Cette mesure, si elle est appliquée, empêchera ces mauvais gestionnaires de se porter acquéreurs des sociétés qu’ils ont eux mêmes conduites à la faillite.
Une application strict de ces mesures fera sensiblement reculer la gabegie, la prévarication et la corruption rampante qui gan - grène la Côte d’Ivoire et nos malheureux pays africains. (...)

V – Postulat de Conclusion générale

 A la chute du président Henri Konan Bédié dont Daniel Kablan Duncan était hier le Premier Ministre, une allégresse populaire s’était emparée des Ivoiriens. Quand on les interrogeait sur le pourquoi de cette fête des rameaux, ils disaient pour la plupart que le détournement des 18 milliards de la communauté européenne et l’incapacité du gouvernement de Kablan Duncan à prendre des mesures pour arrêter les coupables, et les déférer devant la justice, avait achevé de les convaincre de ne plus se reconnaître dans ce gouvernement. Aujourd’hui, c’est le même Daniel Kablan Duncan qui dirige un gouvernement porteur du rattrapage ethno-tribal et qui vient d’étaler un gaspillage honteux de l’argent public. Dans d’autres pays, le parlement aurait exiger la démission des personnes impliquées et non le seul DAF Lucien Kouassi Oka, qui n’est qu’un lampiste.
Duncan est aujourd’hui dans une position où il ne peut plus demander aux Ivoiriens de serrer la ceinture. Il aura du mal à par - ler des difficultés des Ivoiriens, on le traitera de rassasié et de magouilleur. Il faut mettre de la rigueur dans la gestion de l’Etat, car un gouvernement de pillage, de gaspillage, de corruption, de détourne - ment et de gabegie n’a jamais fait le bon - heur d’aucun peuple sur la terre. La pauvreté et la désespérance ont gagné du terrain en Côte d’Ivoire. Le chômage est tel que beaucoup de familles n’ont qu’un seul repas par jour et quel repas alors, du riz sans huile avec un semblant de sauce tomate bourrée de piments qui - avec de l’eau comme boisson - vous donne l’illusion d’être rassasiés. Voilà le quotidien des familles nombreuses dans un univers de décadence et sans horizon. La plupart des jachères villageoises sont transformés en plantations d’hévéa au point que la région de Dabou n’a presque plus de manioc. L’indépendance nationale est elle un marécage dans lequel il est impossible de discerner ce qui libère de ce qui asservit, et où il est impossible de faire la différence entre amis et ennemis qui siègent au gouvernement. PDCI et RDR se mélangent pour mieux s’interchanger. Un Etat de cette nature ne peut déclencher aucune dynamique d’unité, au contraire la parcellisation de l’Etat et des institutions continue de plus belle. Mais alors que vaut la souveraineté sans la responsabilité sur ce qui doit être gouverné, c’est-à-dire les êtres humains, les ressources du pays et les choses ? Des révoltes sociales ne tarderont pas à éclater avant ou après les élections de 2015. Elles  sont plus que probables, étant donné la crise politique, économique et financière ignorée par les Kablan Duncan et consorts. Elles commenceront par des grèves peut être sauvages qui se généraliseraient dans le pays. Voilà pourquoi il faut sortir du rattrapage ethnique pour faire de la réconciliation nationale une réalité vivante de la recomposition de la Côte d’Ivoire nouvelle que nous appelons de tous nos vœux. (…) L’écrivain anti fasciste roumain, Emile Michel Cioran, résume ici notre propos de ce jour : « Entre une gifle et une indélicatesse, on supporte toujours mieux la gifle » Malheureusement Daniel Kablan Duncan, par ses frais de voyage exorbitants, nous a donné la gifle et l’indélicatesse. C’est cela qui est difficilement supportable pour tous ceux qui ont du riz au piment comme repas.
Merci de votre aimable attention.

Par Dr Serge-Nicolas NZI*
*Chercheur en Communication Lugano (Suisse)

Email :nicolasnzi@bluewin.ch
Source: Le Nouveau Courrier N°1136 Du Mercredi 22 Octobre 2014




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