Côte d'Ivoire: La fin de règne de Ouattara a-t-elle sonné en vertu de l'article 40 de la Constitution?

Mercredi 19 Février 2014 - 04:00


Plus les jours passent, plus les choses semblent davantage se préciser sur l'avenir proche du régime ivoirien. Nous tendons probablement vers la fin de règne d'Alassane Ouattara. D'un point vue pessimiste, son règne n'aura été que de très courte durée. Un règne qui n'aura duré que trois années environ. Alors qu'une partie des ivoiriens attendent toujours les solutions promises par "ADO Solution" pour améliorer leurs conditions de vie,  ils pourraient être contraints par la force des choses à chanter l'hymne du désenchantement. Car le solutionneur pourrait  ne pas reprendre le chemin du palais, pour transformer en  paradis le chaos  qu'il a créé avec ses soutiens locaux et extérieurs.
Au regard de l'actualité politique ivoirienne et des mouvements souterrains qui s'y déroulent depuis quelques jours, l'observateur critique est saisi par cette question: Allons-nous vers une application de l'article 40 de la Constitution relative à la vacance du pouvoir? Cette question peut paraître fantasmagorique pour les uns et les autres. Et pourtant, une source bien informée des agissements du système nous apprend que cette question pèse de tout son poids dans l'actualité politique ivoirienne de ces dernières heures. Selon cette source, une séance extraordinaire du parlement est prévue ce mercredi 19 février 2014 pour débattre de la question.  Certes le constat de la vacance du pouvoir ne relève pas constitutionnellement de la compétence de l'Assemblée nationale. Mais en tant que représentants du peuple, les députés voudraient d'une certaine manière amener le gouvernement, ayant l'initiative de la saisine du Conseil Constitutionnel en la matière, à prendre ses responsabilités. A moins que toute la procédure constitutionnelle soit piétinée, comme c'est le cas depuis l'avènement de ce régime, il reviendra au parlement de constater "l'empêchement absolu"  du Président et la vacance de la présidence de la République.
Dans cette ambiance clair-obscur, une autre source nous apprend que depuis quelques heures les résidences de Guillaume Soro, président de l'Assemblée Nationale, et d'Hamed Bakoyoko, Ministre de l'Intérieur, sont placées sous haute surveillance.  Dans l'ordre Constitutionnel des choses,  et conformément à l'article 40 de la Constitution, il revient à Guillaume Soro d'assurer l'intérim du Président de la République, en cas de vacance de la présidence de la République. Un intérim dont la durée normale est  de 45 à  90 jours maximum, et dont la feuille de route est l'organisation de l'élection d'un nouveau président de la République.Ainsi Soro Guillaume aura réalisé son rêve de diriger un jour la Côte d'Ivoire, bouclant ainsi son CV (Curriculum Vitae) en six grandes étapes: 1-Etudiant, 2-Chef rebelle, 3-Ministre, 4-premier Ministre, 5-président du parlement, 6-président de la République par Intérim.
Malgré la logique constitutionnelle devant s'imposer à tous, il y a lieu de s'interroger: La guerre des clans pour la gestion du pouvoir aura -t-elle lieu en cas de vacance constatée du pouvoir ? Il est très peu probable que cette guerre éclate, même s'il est possible que des  mécontentements se fassent sentir ici et là. Le père Gaulois dont les intérêts économiques sont très importants en Côte d'Ivoire ne permettra pas qu'une autre chienlit s'y installe après la guerre de mars-avril 2011 et ses conséquences socio-économiques désastreuses. Non sans grincements de dents, tous marcheront sagement selon la dictée du père Gaulois, en vue de préserver la paix trop fragile dans le pays. Ainsi, Ouattara hors jeu, le père Gaulois continuera cependant d'être le véritable maître du jeu. Et dans cette même logique, l'élection présidentielle n'enfantera que celui dont le père aura donné le nom avant le douloureux travail d'enfantement de la mère porteuse.  

Zéka Togui


Note

ARTICLE 40 de la Constitution ivoirienne

"En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale, pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu est constaté sans délai par le Conseil constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres.
Les dispositions des alinéas premier et 5 de l'article 38 s'appliquent en cas d'intérim.
Le Président de l'Assemblée nationale, assurant l'intérim du Président de la République ne peut faire usage des articles 41 alinéas 2 et 4, 43 et 124 de la Constitution.
En cas de décès, de démission ou d'empêchement absolu du Président de l'Assemblée nationale, alors que survient la vacance de la République, l'intérim du Président de la République est assuré, dans les mêmes conditions, par le Premier Vice-Président de l'Assemblée nationale."




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