Côte d'Ivoire : La dictature s'excite quand l'alliance des démocrates prend

Vendredi 3 Juillet 2015 - 12:25


Une fois que nous nous serons entendus sur l'acception du terme « terrorisme », on pourra alors sereinement aviser pour voir dans quelle(s) mesure(s) il faut orienter la sécurisation des populations. L'Afp et RFI, deux officines du Quai d'Orsay ont commencé à répandre de concert avec Ouattara, qu'un attentat terroriste menace la Côte d'Ivoire. Une coïncidence au moment où les forces démocratiques ivoiriennes se mobilisent contre la dictature que les populations subissent ? Si cette coïncidence est possible, elle est en même temps frappante.
Ouattara qui a complètement perdu pied veut-il s'auto-attaquer pour provoquer l'élargissement des prérogatives de la Force Barkane à toute l'Afrique de l'Ouest ? Même si la vigilance doit être de mise par rapport à tout ce qui peut gratuitement mettre en danger la vie des populations innocentes, il ne faut pas exclure une part d'intoxication et de manipulation propre au pouvoir dictatorial d'Abidjan.
Il convient de se mobiliser pour identifier ce qui est dans l'intérêt des populations parce que le peuple doit être vigilant par rapport au « diviser pour régner ».
Après, deux points doivent être examinés pour que les réflexions alimentent la stratégie de l'alliance des forces du progrès qu'est la CNC (Coalition nationale du changement) :
Le premier point concerne la part de l'auto-critique des élites ;
Le deuxième portera sur ce que doit être la contradiction principale chez les Ivoiriens et leurs alliés démocrates du monde entier.
Konan Bédié a perdu le pouvoir le 24 décembre 1999 par un coup d'Etat. Il s'est allié depuis à Ouattara contre Laurent Gbagbo alors que l'innocence du premier dans cette affaire n'est pas établie pendant que l'accusation contre le deuxième se limite à une suspicion. Celui qui a hérité du pouvoir en 1993, à la faveur de l'article 11 de la Constitution d'alors rumine toujours de la rancoeur. Pire, la rancune qui habite Bédié s'est cristallisée en une haine viscérale. Il est légitime que Bédié ne soit pas content de la perte du pouvoir. Ce qui n'est pas plutôt responsable, c'est son incapacité de se remettre en question, étant animé de ce que le pouvoir lui est dû. En clair, ce qui empoisonne Konan Bédié, c'est le tribalisme primaire qu’il nourrit – ouvertement par le concept de « l’ivoirité », il y a quelques années et subrepticement – depuis sa perte du pouvoir. Il importe de noter aussi que les élections présidentielles de 2010 ont attisé la haine que porte Bédié à l'endroit de Laurent Gbagbo. La raison serait que Laurent Gbagbo aurait préféré Ouattara alors que lui, Bédié était le second au premier tour. C'est là toute la difficulté qu'il y a à suivre des responsables politiques qui n'ont aucun respect de la séparation des pouvoirs. Comment Laurent Gbagbo aurait-il manipulé une CEI dans laquelle le RHDP est majoritaire ?
Mais la problématique de l'auto-critique ne concerne pas que Konan Bédié. En fait, toutes les élites, en passant par les classes intermédiaires qui peuvent avoir une parcelle de pouvoir de décision, jusqu'aux populations des couches les plus basses, doivent méditer sur les questionnements que leur renvoie la Côte d'Ivoire commune.
La dernière ligne plus haut nous offre une belle transition pour examiner le deuxième point. La CNC a été créée pour entraîner les Ivoiriens dans une dynamique appropriée pour les libérer de la dictature. Si les populations peuvent suivre de bonne foi leurs élites, il faut interpeller certaines pour attirer leur attention sur la surenchère gratuite qu'elles sont promptes à monter, les calculs mesquins qui sont faits pour la préservation de certains intérêts et l'irresponsabilité d'autres à prendre le peuple en otage parfois pour exprimer des caprices ou régler des comptes.
Qu'est qui est prioritaire aujourd'hui pour le peuple ivoirien ? C'est son pays qu'on est en train de lui prendre pour en faire une terre de repeuplement. Quand on regarde la question foncière, la question de l'insécurité des Ivoiriens tant alimentaire que physique, chaque Ivoirien doit se souder avec  l'autre pour voir dans quelle mesure le peuple peut reprendre le pouvoir. Certains leaders, en cultivant certaines attitudes désastreuses en terme d'image veulent se mettre en avant parce qu'ils ne se sentent pas sécurisés mentalement à cause de leurs postures successives. Mais le peuple doit toujours avoir le dernier.
 
Chaque Ivoirien a finalement fait sa propre expérience des difficultés successives auxquelles il est en proie. Sur la base du vécu qui a dû édifier le peuple, chaque Ivoirien doit désormais comprendre que tout le monde est fils ou fille du pays avant d’être de sa région ; avant d’être de son ethnie. Ouattara s’est servi des ressortissants du Nord pour atteindre ses objectifs. C'est-à-dire prendre la tête du pays pour faire des affaires, disons du business. Les jeunes qui ont été enrôlés dans une cause qui n’est pas la leur doivent se raviser. Car lorsque Ouattara et son clan pillent le pays, quel(s) avantages en tirent les jeunes qui ont cru en son discours qui se déroule dans la pratique comme du « rattrapage ethnique » ?
Les Ivoiriens ont été divisés pour que des magnans entrent parmi eux. Après avoir finalement compris que la politique de Ouattara, clientéliste et désastreuse pour les populations, n’est que pour une caste d’individus ; après que des militants du PDCI ont compris que les intérêts de Bédié sont préservés quand il soutient paradoxalement Ouattara alors que leur situation sociale a empiré que celle qu’elle n’était, tous les Ivoiriens doivent se serrer les coudes pour écraser ces magnans qui sont entrés entre eux.
Ivoiriens militants du RDR ; Ivoiriens militants du FPI ; Ivoiriens militants du PDCI, militants des autres partis et autres Ivoiriens non militants, c’est votre survie qui se joue. Mettez le pays au-dessus pour vous pardonner. Mettez-vous ensemble pour chasser du pouvoir cette dictature qui vous écrase. Il faut se mettre avec la CNC pour créer ensemble les conditions de la démocratie. Pour votre pays ; pour les populations innocentes qui souffrent ;  pour l’avenir des enfants et des jeunes ; pour améliorer votre quotidien ; il faut taire ce qui est secondaire. Le pays, ce bien commun est la priorité. Il faut tout faire pour le sauver des griffes des aventuriers qui ne sont pas habités par le cœur. Scolariser ses enfants ; manger à sa faim ; se faire soigner quand on est malade ; … Voilà ce que vous devez viser plutôt que de soutenir une personne qui tente de vous séduire sur des bases tribale et ethnique.

 
Claude Koudou


Enseignants-Ecrivain ; Directeur de la Collection « Afrique Liberté » chez les Editions L’Harmattan ; Président de CPDA (Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique).
 




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