Côte d'Ivoire : L’opposition ivoirienne exige la libération des cadres du parti de Gbagbo arrêtés

Jeudi 7 Mai 2015 - 01:01


Suite à l’arrestation des cadres du Front Populaire Ivoirien, l’ex-premier ministre, Charles Konan Banny, candidat déclaré à l’élection présidentielle d’octobre 2015, a produit un court communiqué dans lequel il demande la libération de Justin Koua, Hubert Oulaye et Sébastien Dano Djédjé, tous militants du Front populaire Ivoirien (FPI). L’ancien président de la CDVR demande aussi la libération du président Laurent Gbagbo incarcéré à la CPI depuis trois longues années. Pour l’ex-président de la Commission Dialogue et Réconciliation, l’arrestation des militans du FPI, « va encore accentuer l’état traumatique des Ivoiriens et en particulier celui des partisans et sympathisants du FPI, principal parti d’opposition Ivoirienne qui peine à se reconstituer ». C’est pourquoi, il souhaite « vivement et rapidement leur mise en liberté afin de donner une chance à la réconciliation qui demeure un facteur cardinal à l’unité nationale et à la paix dans notre pays », dit-il. Quant à la direction de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), elle se dit inquiète de l’arrestation des trois responsables du parti de Laurent Gbagbo et exige leur libération sans condition. « La direction de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) a appris avec stupeur ce lundi 4 mai 2015 que trois personnalités du Front populaire ivoirien ayant participé à l’investiture du président Gbagbo à Mama ont été arrêtées tôt ce matin. Il s’agit du Pr. Hubert Oulaye, du Pr. Sébastien Dano Djédjé et de Justin Koua », note le communiqué de LIDER. Non seulement la direction du parti du professeur Mamadou Koulibaly condamne ces arrestations mais s’inquiète également de son caractère arbitraire et en violation de la Constitution. « La direction de LIDER condamne avec énergie ces arrestations aux domiciles et lieux de travail des concernés, qui ne relèvent ni du flagrant délit, ni du trouble à l’ordre public. Le LIDER s’inquiète de ces comportements arbitraires qui, en cette année électorale, sont la porte ouverte à toutes les dérives. Au demeurant, les opposants politiques ivoiriens – toutes tendances confondues – sont unanimes pour dire que les récurrentes et flagrantes violations de la Constitution opérées par le président Alassane Dramane Ouattara depuis son accession au pouvoir sont plus attentatoires aux libertés individuelles et collectives que le supposé trouble à l’ordre public reproché à tout-va aux responsables du Front populaire ivoirien », précise le communiqué. En conséquence, le « LIDER réclame la libération des personnes arrêtées et exige le respect des droits constitutionnels et des libertés fondamentales des populations et des animateurs de l’opposition en Côte d’Ivoire ». La déclaration recommande également une mise en place rapide d’un statut de l’opposition afin d’éviter les abus. « C’est le lieu pour LIDER de réitérer la nécessité de la mise en place d’un statut de l’opposition en vue d’éviter des abus aussi systématiquement liberticides que ceux pratiqués contre l’opposition ivoirienne par le régime Ouattara », indique encore le communiqué. Signalons que les trois cadres du FPI ont été interpellés lundi, après leur participation au congrès du 30 avril dernier qui  a désigné l’ex-chef de l’Etat ivoirien président de cette formation. Selon des sources crédibles, le ministre Hubert Oulaye à été arrêté par le régime pour " complicité dans l'assassinat des soldats de l'Onuci en 2012 à l'ouest du pays". Dano Djédjé doit répondre des faits de "trouble à l’ordre public" et "défiance à l’autorité de l’Etat".  Quant à Justin Koua, il lui serait reproché d’entretenir des miliciens. Sébastien Dano Djédjé, Hubert Oulaye et Justin Koua ont d’abord été torturés par leurs géoliers pour les obliger à se dédire et invalider l’élection du Président Laurent Gbagbo à la présidence du FPI. Suite à leur refus, ils ont été présentés, hier, à un juge d’instruction qui les a placés aussitôt sous mandat de dépôt et transférés respectivement dans la prison de Toumodi, Dabou et Bouaké.


Georgette Afi

Source: aujourd’hui / N°883
 




Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !