Côte d'Ivoire- Janvier 2015, le mois de tous les dangers pour le régime Ouattara

Jeudi 25 Décembre 2014 - 01:13


Dans quelques jours, le régime Ouattara entamera avec l’année 2015, sa dernière année de mandat, en attendant la présidentielle prévue en octobre de la même année. Le chef de l’Etat qui ne cache pas son ambition de rempiler, est déjà à pied d’œuvre pour s’assurer un second mandat. Toutes les occasions sont ainsi bonnes, pour Alassane Ouattara, de faire campagne. La dernière sortie en date, reste la cérémonie d’inauguration du 3ème pont d’Abidjan, appelé « Pont Henri Konan Bédié », tenue le 16 décembre dernier. Saoulé par tant d’honneur à lui fait ce jour-là, le président du PDCI, on s’en souvient, s’est érigé en avocat du chef de l’Etat pour annoncer que le pont Riviera-Marcory, vaut à lui seul, deux mandats présidentiels. Des propos salués chaleureusement par une foule d’Adorateurs, en délires, car depuis que certaines grosses têtes du PDCI, que sont les Essy Amara, Charles Konan Banny et autres Kouadio Konan Bertin dit KKB, sont sorties du bois pour afficher leurs ambitions de briguer le poste de président de la République, l’inquiétude avait commencé à gagner les rangs des partisans du chef de l’Etat qui réalisaient ainsi que les choses seraient plus difficiles que prévu. Déterminé à s’offrir un second mandat, le chef de l’Etat multiplie les manœuvres pour réduire au silence, les adversaires déclarés ou potentiels, censés lui faire de l’ombre. C’est ce qui explique, la traque opérée depuis quelques jours, par le régime, dans l’entourage du premier ministre Charles Konan Banny. Cela dans la pure tradition « houphouétienne », qui consiste à casser les ailes ou garder au frais, les candidats gênants. Des manœuvres d’intimidation qui, espère-t-on, dans les allées du palais présidentiel, finiront par avoir raison de l’engagement d’un Charles Konan Banny, dont la candidature, même en tant qu’indépendant, ne manquera pas de faire mal à l’appel de Daoukro. Visiblement préparé à cela, Banny se dit déterminé à aller jusqu’au bout de l’aventure, quoique cela lui coûte. Une posture partagée par le ministre Essy Amara et le jeune député, Kouadio Konan Bertin dit KKB, qui n’imaginent pas un scrutin présidentiel sans l’alignement d’un candidat PDCI pur-sang. Mais les « irréductibles » du vieux parti, ne sont pas les seuls à avoir décidé de se dresser contre le régime en cette année 2015. On évoquera, pêle-mêle, le millier de supplétifs FRCI, laissés récemment en bordure du chemin, par la hiérarchie militaire, qui ne leur reconnait pas le statut de soldats engagés régulièrement et de ce fait, ne peuvent bénéficier des fonds décaissées récemment par le pouvoir, suite au mouvement d’humeur de la soldatesque, observé, le mois dernier, dans les principales localités du pays. Ce n’est un secret pour personne que les exclus de la manne étatique, se préparent à dire leur fait au régime qu’ils se vantent d’ailleurs d’avoir contribué à installer. Aussi faudra-t-il compter avec les transporteurs qui, depuis hier, s’indignent de la tarification sur le pont HKB, rendue publique par le gouvernement. Des coûts intenables, selon Touré Adama, leader syndical bien connu dans le milieu du transport ivoirien. Et à l’en croire, il n’est pas exclu que dès la mise en application du péage, les transporteurs engagent des mouvements de protestation contre cette nouvelle mesure étatique, qui selon Adama, va appauvrir davantage les transporteurs. Les mauvaises nouvelles ne venant jamais seules, voilà que les enseignants du supérieur menacent de paralyser les universités publiques au sortir des fêtes de fin d’année. Cela, soutient-on, dans le milieu, en réponse au mépris souverain affiché jusque-là, par le pouvoir face aux revendications pécuniaires des enseignants. Un élan dans lequel s’inscrivent les étudiants et leurs attentes toujours insatisfaites contrairement à la propagande gouvernementale. Toute chose qui augure d’une rentrée universitaire explosive sur les campus de Côte d’Ivoire. Autre péril et non des moindres, le réarmement moral des troupes, au Front populaire ivoirien (FPI), où l’on est de plus en plus convaincu qu’il faudra mettre de l’action, en 2015, pour contraindre Alassane Ouattara à un minimum de démocratie. L’annonce a été faite hier, par Justin Koua, qui a donné un ultimatum au régime pour libérer les prisonniers politiques qui se meurent aujourd’hui à la Maca, dans l’indifférence totale. Faute de quoi, promet le jeune leader, le FPI engagera des actions de rue, sans calculs ni faiblesse. Et pour préparer l’esprit des militants à cette novelle donne, les adversaires d’Affi N’guessan, tournent depuis quelques jours, dans les fédérations pour expliquer la réalité et les enjeux de la crise qui secoue, depuis quelques semaines, le parti créé par le président Laurent Gbagbo. Une initiative qui serait fort appréciée de la base. Et comme si les soucis du pouvoir ne suffisaient pas ainsi, les fonctionnaires se préparent activement à mettre une couche supplémentaire avec notamment, la revalorisation salariale attendue en ce mois de janvier 2015, et promise, il y a belle lurette, par le gouvernement Duncan. Au vu de tout ce qui précède, le moins que l’on puisse dire, c’est que le mois de janvier, s’annonce visiblement, comme celui de tous les dangers pour l’administration Ouattara.

Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui /  N°794
 




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