Côte-d’Ivoire FPI Sangaré contre-attaque « C’est la loi du terrain qui fait l’interlocuteur »

Mardi 17 Mars 2015 - 06:33


Aboudramane Sangaré
Aboudramane Sangaré

«On peut se choisir un interlocuteur mais c’est la loi du terrain qui fait l’interlocuteur»

Le président du FPI, Sangaré Abou Drahamane était ce lundi 16 mars 2015, face aux structures de son parti à la fondation Memel Fotêh pour donner les orientations au moment le parti créé par Laurent Gbagbo est en proie à des dissensions internes. Face aux jeunes l’après-midi, dans une salle comble Sangaré Abou Drahamane n’a pas eu la langue de bois comme il ne s’est pas lancé des fleurs pour dépeindre la situation que vit la formation politique. Il a puisé dans les origines du Fpi et les zones de turbulences traversées jusque-là pour parler aux jeunes. « Si je suis encore là, ça veut dire que le parti ne progresse pas. Ça ne fait pas plaisir, le spectacle que le Fpi donne », a-t-il reconnu avant de dire sa part de vérité aux soutiens d’Affi N’guessan, notamment le pouvoir Ouattara. « On a titubé, on a trébuché mais on n’est pas tombé et on ne tombera jamais. Et Dahi l’a dit, en 2011 où les obus tonnaient, on a pu redresser le parti. Hommage donc aux jeunes et honneur à tous ceux qui sont tombés dans cette crise. Quand je vous rencontre, mes pensées vont à l’endroit du plus illustre d’entre nous, le président Laurent Gbagbo qui tient beaucoup à la jeunesse et de là où il est, sachez qu’il vous suit », a-t-il averti d’entrée de jeu.
Se voulant plus explicite comme pour répondre à Bruno Koné, porte-parole du gouvernement Ouattara qui ne reconnait que la tendance du Fpi dirigée par Affi N’guessan, M. Sangaré a fait cette mise au point : « l’essentiel pour nous aujourd’hui, c’est de montrer que nous sommes là et bien là. Pour nous, c’est la réalité du terrain qui compte. On peut choisir son interlocuteur, mais la loi du terrain nous fait choisir l’interlocuteur politique. (…) Quand on a choisi de se battre pour la démocratie, il faut y aller. Tout le monde a peur mais il faut tout faire pour avoir peur de la peur. Il faut tout faire pour vaincre la peur parce qu’elle inhibe et empêche d’évoluer. La Jfpi nous en donne l’exemple. Konaté Navigué était en exil, Koua Justin a pris le relais. Koua en prison, Dahi a pris le relais. C’est cela le Fpi. On coupe une tête, une autre repousse ».

«Privilégiez la discussion, chassez l’insulte !»

Pour le reste, Sangaré a fait savoir qu’il a un délai de 90 jours depuis le 5 mars où il a pris les rênes du parti, pour faire renaître le Fpi avec un fonctionnement normal des structures. Pour l’instant, il a donné des instructions aux cadres du parti et surtout aux jeunes d’investir le terrain et de parler aux militants de base. Il leur a demandé de privilégier le bon ton. « Privilégiez le débat, privilégiez la discussion ! Chassez l’insulte ! Chassez la haine pour être des disciples de Laurent Gbagbo. Parce que malgré tout ce qu’on lui a fait, il a toujours eu le sourire aux lèvres. C’est ce qui fait justement qu’il est un homme d’Etat. Et aujourd’hui moi je cherche pour la Côte d’Ivoire un homme d’Etat. L’homme d’Etat c’est celui qui, en pleine guerre sait réconcilier, sait recoller les morceaux. A ce titre, Lincoln (Abraham, ancien président des Etats-Unis, ndlr) a été un homme d’Etat, Mandela a été un homme d’Etat et Laurent Gbagbo a été un homme d’Etat. Il a fait revenir M. Bédié et M. Ouattara (d’exil) pour faire la réconciliation. A son tour on doit lui ramener l’ascenseur pour qu’il revienne. Il est le chainon manquant de la réconciliation. Il doit être là et il sera là. Dahi et Koua je vous mets à la disposition du terrain, je vous mets au combat, soyez sur le terrain ! », a-t-il exhorté en terminant.

S. Debailly

Source: Connexionivoirienne.net

 




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