Côte d'Ivoire: Dans l'enfer des prisonniers politiques.

Mercredi 10 Septembre 2014 - 06:33


Des prisonniers politiques entassés dans une cellule de la MACA
Des prisonniers politiques entassés dans une cellule de la MACA

Installé dans la terreur, le régime dramanien reste toujours marqué par cette ignoble tare congénitale avec laquelle elle n'est visiblement  pas prête à rompre. La situation des prisonniers politiques ivoiriens incarcérés partout dans le pays en est la plus triste preuve. Depuis plus de 3 ans, la plupart d'entre eux croupissent dans des geôles. Ils y subissent des traitements inhumains, diamétralement opposés aux normes conventionnelles prescrites. Torture, malnutrition, insalubrité, harcèlements, rackets, sévices corporels, manque d'assistance médicale, constituent le quotidien tragique de ces citoyens arbitrairement détenus. Leur seul crime est d'être militants ou sympathisants de l'opposition, d'avoir soutenu le Président Laurent Gbagbo à l'occasion de la dernière présidentielle de 2010. Tout cet acharnement contre ces honnêtes citoyens se déroule  dans le mépris des lois de la République, comme c'est fréquemment et manifestement le cas depuis le coup d'Etat du 11 avril 2011 ayant causé la chute du régime Gbagbo.





Un prisonnier politique malade
Un prisonnier politique malade
Alors que l'article 3 de la Constitution ivoirienne prescrit: "Sont interdits et punis par la loi, l'esclavage, le travail forcé, les traitements inhumains cruels, dégradants et humiliants, la torture physique ou morale, les violences physiques et les mutilations et toutes les formes d'avilissement de l'être humain.", l'actuel régime, comme à ses habitudes, ne manifeste que du mépris pour ces nobles lettre d'humanisme. Une véritable tyrannie en marche, faisant des prisons politiques un  enfer pour ceux qui y croupissent.
L'autre aspect scandaleux de cette triste réalité est qu'elle se déroule sous le regard et le silence complices des Organisations nationales et internationales dites de défense des droits des l'homme.



Un prisonnier politique malade
Un prisonnier politique malade
Face à cette enfer carcéral, nous observons un silence radio du côté des Organisations ivoiriennes de défense des droits de l'homme telles que la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho), le Regroupement des acteurs ivoiriens des droits humains (Raidh), le Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), Actions pour la protection des droits de l’homme (Apdh), la Coalition ivoirienne des défenseurs des droits humains (Ciddh), l’Organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire (Ofaci). La posture des Organisations internationales des droits de l'homme, bien représentées dans le pays n'est pas non plus différente. Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) sont encore loin de se préoccuper du cas de ces pionniers politiques.
Abandonnés par toutes ces Organisations de défense des droits de l'homme, les prisonniers politiques restent livrés à leur propre sort. Espérant se faire entendre, ils ont protesté à travers une grève de la faim contre leurs conditions de détention et les traitements inhumains dont ils sont victimes. Après  7 jours de grève débutée le 1er septembre 2014, ils ont produit une déclaration  datée du 7 septembre, dans laquelle ils dénoncent:  "la détention prolongée sans jugement (plus de 3 ans pour la plupart), - les mauvaises conditions de détention et de vie,- la dislocation des familles,- la non scolarisation de leurs enfants,- la suspension des soldes pour certains", sans manquer de  souligner que "Cette situation extrêmement grave a entrainé une dégradation de l’état de santé de plusieurs grévistes." Cette déclaration n'était qu'un cri de cœur, un véritable plaidoyer adressé au régime Ouattara, afin d'obtenir sa "clémence" en vue de leur libération. Ont-ils été entendus? Rien pour l'instant ne nous permet de répondre par l'affirmative. Sachant les pratiques sadiques de ce régime, il y a bien de raisons de ne pas espérer grande chose.

Un prisonnier politique malade
Un prisonnier politique malade
Dans leur déclaration, les prisonniers politiques ont apporté la précision selon laquelle, ils ont décidé  de suspendre leur grève de la faim  "sur conseil des ONG et de la division des droits de l'homme de l'ONUCI".  Cette précision  faite montre  que  l'ONUCI est donc  bien consciente de la situation dramatique des prisonniers politiques ivoiriens. Mais elle semble visiblement décidée de ne rien faire pour y mettre fin. Que de mettre la pression sur le geôlier pour libérer ces citoyens en détention arbitraire, l'ONUCI se tourne plutôt du côté des détenus pour leur demander de continuer de supporter les conditions infernales de leur détention. Cette démarche saugrenue  montre tout le soutien que l'ONUCI apporte au régime dictatorial qu'elle a contribué à installer en Côte d'Ivoire.
En attendant leur hypothétique libération, certainement sous l'effet de la grâce divine, les damnés du régime reçoivent quelques soutiens de leurs compatriotes de la diaspora. A travers le réseaux social facebook, ces derniers avec leur tête Marie Yapo, ne cessent d'informer et de sensibiliser le monde entier sur leurs conditions infernales de détention. Sans se limiter à cela, ils tirent également la sonnette d'alarme  sur la nécessité de venir en aide à ses prisonniers dont certains présentent un état de santé très critique. Des patriotes ivoiriens ne sont pas restés sourds à cette sonnette d'alarme. Leurs actes de générosité, suite aux appels lancés, ont pu contribuer à sauver des vies humaines dans cet univers infernal nommé MACA (Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan).
En attendant leur hypothétique libération, les pionniers politiques luttent chaque jour pour leur survie, dans l'oubli et le mépris absolus des Organisations dites de défense des droits de l'homme.

Claude Ossadi.





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