Côte d’Ivoire -Constitution : Ouattara doit partir

Lundi 31 Octobre 2016 - 19:25


En août 2016, j’étais en Côte d’Ivoire lorsqu’on me fit signe à travers des relais politiques de ma région de participer à la mobilisation contre le projet de constitution. On me demanda explicitement d’instruire les nôtres sur le caractère dangereux de ce qui se tramait qui nécessitait vigoureuse mobilisation. Le concept de constitution leur fut expliqué en même temps que celui de démocratie dont la violation répétée par l’actuel chef d’État infirmait la possibilité même d’un référendum : il est impensable qu’un voleur fixe les règles d’intervention de la force publique. Ouattara ayant opté pour le mépris de la constitution depuis qu’il a été copté par la pègre internationale, ne pouvait être indiqué pour en modifier le contenu. Cette réalité, tous nos interlocuteurs la comprenaient, mais étaient fâchés contre l’opposition ; ils reprochaient en filigrane à celle-ci d’avoir laissé Ouattara piétiner de manière récurrente les dispositions de la loi fondamentale sans réagir résolument. Ils ne comprenaient pas par exemple pourquoi malgré le boycottage du recensement, des législatives et de la présidentielle, rien de sérieux n’était fait pour dégager ce chef d’État hautement corrompu. Ils allaient plus loin pour dire qu’ils ne voulaient être sollicités que pour des actions décisives, c’est-à-dire celles qui peuvent mettre fin à cette idiote dictature. Tout autre appel était sans consistance et inutilement dangereux pour la population. Le message était donc clair : tant que vous n’êtes pas décidés à en finir avec l’auteur de ce viol à ciel ouvert de notre héritage, ne venez pas troubler notre quotidien. Ils ont évoqué les problèmes relatifs à la terre et le reclassement de près de la moitié de la forêt de la région. Des géomètres commis par l’État circulaient déjà pour concrétiser ce vol du trésor ancestral. Ils étaient très énervés et silencieusement peinés par l’apathie des politiques. Nos interventions semblaient les rassurer. Je savais qu’ils étaient déterminés pourvu qu’on décide d’aller jusqu’au bout, c’est-à-dire mettre fin à l’insupportable calvaire. Ouattara n’avait selon eux pas le droit de diriger la Côte d’Ivoire. Il fallait par tous les moyens mettre fin à ce pouvoir illégitime et kleptocrate. Le vol de terre sous couvert de l’État était inacceptable. On ne peut reclasser des forêts pour les remettre aux multinationales sans qu’il n’y ait de sérieuse réaction. Partout où nous sommes passés, cette manifeste nervosité était de mise. Nos parents en ville ou en campagne étaient prêts. L’idée qu’ils refusent l’ultime combat parce que transis de peur après la guerre, semblait en définitive une mauvaise interprétation de leur état d’esprit. Ils accusaient silencieusement les politiques d’avoir opté pour l’inaction face à un Ouattara peu respectable. Cette sensibilisation me fit donc comprendre que la résistance et la détermination étaient effectives dans nos contrées. Le « désert » électoral relatif à la constitution confirme cette perception. Ouattara n’a jamais vaincu les ivoiriens, et ceux-ci sont prêts à le lui prouver pourvu que la franche volonté de libérer le pays orchestre les perspectives. Après cet héroïque boycott du 30 octobre 2016, les ivoiriens dignes attendent que l’opposition passe sans gants à la phase supérieure de la lutte. Elle doit en finir avec ce pouvoir sans assise fondamentale : il est grand temps que Ouattara et les siens payent le prix fort de leur forfaiture. La morale le commande.

 

Dr Oyissé, Suisse





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