Côte d'Ivoire/ Attaque de Dabou: Plusieurs morts dont des civils. Ce qui s’est passé…

Les populations de Dabou ont passé des moments de frayeurs dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 août 2012. Des individus lourdement armés ont attaqué le camp des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), la Brigade de Gendarmerie, le commissariat de Police ainsi que des civils. Le bilan provisoire fait état de plusieurs tués (des sources avancent le nombre de19 tués) dont des civils et plusieurs blessés.

Vendredi 17 Août 2012 - 07:53


Côte d'Ivoire/ Attaque de Dabou: Plusieurs morts dont des civils. Ce qui s’est passé…
L’Agence France presse (Afp) dit avoir vu à la morgue de l’hôpital de Dabou trois corps: celui d’un chauffeur de car tué par les assaillants qui ont dérobé son véhicule pour bloquer une route, selon l’armée, et ceux de deux employés d’une boulangerie, dont un collègue des victimes a confirmé l’identité. Roulant à bord de deux véhicules 4x4, les inconnus armés « ont tiré sur nous », a déclaré à l’Afp, cet autre employé de la boulangerie, Dieudonné Dabiré, 28 ans, hospitalisé pour des blessures à la gorge et au cou, et encore sous le choc. Le chef des opérations des Frci à Dabou, le commandant Ousmane Coulibaly, a par ailleurs confirmé la mort de deux membres du groupe armé constitué selon lui d’«une soixantaine de personnes », ainsi qu’«une dizaine d`arrestations ». Il a affirmé que les Frci n’ont déploré aucune perte dans leurs rangs. Une information démentie par d’autres sources qui parlent de morts dans le camp des Frci.
Selon les sources concordantes, les combats d’une grande intensité ont duré environ 7 heures (23 h 50 à 6 h 45). Des sources proches des Frci indiquent que c’est à 23 h 50 que des individus lourdement armés arrivés pour certains à bord d’un mini car d’occasion et pour d’autre par la voie lagunaire, notamment de Gbougbô, attaquent successivement le poste Frci au corridor sud (Abidjan-Dabou). Puis bloquent le poste à l’aide de cet engin pour empêcher tout renfort venant d’Abidjan. Ils pénètrent dans la ville au niveau des quartiers Gédéon, Tcho-Tcho Rass. L’autre groupe venu de Gbougbô, attaque aussitôt le poste Frci situé au quartier Caïman. Pendant ce temps, la Brigade de gendarmerie est maîtrisée et le Commandant de Brigade séquestré. Des armes et le véhicule de commandements emportés.
 
Jacqueville aussi…
 
Les éléments du lieutenant Sangaré (un Commandant de Frci) leur oppose une résistance pendant plus de 2 heures. Avant d’appeler du renfort. Entre temps, un autre groupe assiège la gare routière, au niveau de la station Shell. Et, ouvre le feu sur des civils. Ces hommes armés ouvrent les portes de la prison civile. Et plusieurs pensionnaires s’évadent. « La prison a été cassée, tous les prisonniers sont sortis, d’autres ont été récupérés mais beaucoup sont partis », a déclaré le député Mohamed Sess Soukou dit Ben Souk, cadre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (Fn) à des journalistes à Dabou (environ 50 km à l’ouest d`Abidjan). Sur « 150 personnes au moins » qui y étaient incarcérées, « il y a une cinquantaine qui ont été récupérées » par l’armée et « remises à la gendarmerie », a ajouté M. Soukou, député du Rassemblement des républicains (Rdr).

Quand le renfort de Frci arrive d’Abidjan, aux environ de 3 h du matin, les insurgés, pris dans la tenaille, tentent de se replier par la voie lagunaire, en couvrant leur arrière par des tirs nourris. De 3h 20 à 6h 45, les combats deviennent assez violents. Surtout au niveau du quartier Gédéon précisément dans la bananeraie non loin de N’Gatty (3 km de Dabou). C’est d’ailleurs par ce village qui donne sur la lagune que les insurgés prennent le large en direction de Toukouzou, dans le département de Jacqueville. Dans cette ville, des tirs ont été entendus. L’Agence ivoirienne de presse (Aip) indique que des combats avaient également éclatés à Jaqcueville, une ville séparée de Dabou par la lagune, entre les Frci et des assaillants. Ces derniers ont été repoussés au terme des affrontements, selon l’Aip.
Le véhicule de la Brigade de Gendarmerie a été retrouvé à quelques 200 mètres de N’Gatty. La ville de Dabou est sous contrôle des forces régulières depuis 7 h du matin et des patrouilles suivies de ratissage sont menées.
Des hélicoptères ont survolé la ville et le plan lagunaire. En tout cas, hier jeudi, Dabou présentait un visage d’une ville morte. Les magasins, le marché et la circulation étaient paralysés. Certains habitants tentaient même de quitter la ville pour les villages.
 
Norbert NKAKA
(Correspondant régional)

Source: Soir Info du 17 août 2012

 




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