Côte d’Ivoire : Alternance au pouvoir dans le RHDP et émergence en 2020, une autre escroquerie d’Alassane Dramane Ouattara à l’endroit du peuple, qui ne doit pas passer . (Par Claude Koudou)

CIVOX.NET
Lundi 11 Juillet 2016 - 18:13


Pourquoi tous ceux qui souffrent de la politique de ce pouvoir, doivent s’unir pour mettre fin à la dictature ?   

La sortie du sieur Amadou Soumahoro, Secrétaire général par intérim du RDR - on a envie de dire Regroupement de Ridicules Rancuniers - traduit l’état d’esprit de ceux qui ont pris le pays pour faire du peuple de Côte d’Ivoire le martyre. En affirmant : « … Si par mégarde et de façon accidentelle, le FPI revient au pouvoir, ça n’en est fini pour la famille houphouétiste. Que Dieu nous en garde, mais nous nous retrouverons, à vie, en exil avec nos femmes, enfants et petits-enfants », c’est l’esprit mensonger, propagandiste et anti-démocratique qui habite ceux qui sont à la tête de ce pays qui se met ainsi en relief. Mais cela montre également qu’ils ne connaissent pas en réalité. Aujourd’hui, la peur de perdre le pouvoir est là plus que jamais. La panique d’une fin de règne est perceptible. En fait, le RDR est coupé en trois morceaux. Ceux qui sont avec Ahmed Bakayoko ; ceux qui sont avec Guillaume Soro ; et ceux qui ne sont ni avec l’un ni avec l’autre, parce que n’adhérant pas à la démarche assassine et mafieuse du premier mais en même temps s’abstenant de se confondre  avec un bilan génocidaire des troupes du second. A côté de cela, Henri Konan Bédié est en passe de perdre une grande partie de ses troupes. Parce que beaucoup de militants et sympathisants du PDCI – surtout la jeunesse qui s’inquiète à juste titre de son avenir – commencent à comprendre que la politique pour laquelle leur chef, Henri Konan Bédié les enrôle depuis plusieurs années, les dessert plutôt. Mais aussi et surtout, ils se rendent comptables d’assassinats politiques et crimes économiques alors que les récompenses financières n’échoient qu’au seul Bédié et son entourage immédiat.

Après la peur et l’émotion, la place à la raison et à la lucidité pour une Côte d’Ivoire sans haine.

La Côte d’Ivoire avait bâti sa prospérité grâce à la fraternité et la cohésion sociale là où Alassane Dramane Ouattara l’enfonce par la culture de la vengeance et le règne de la haine. Le pouvoir terrorise le peuple dans sa logique de jouer sur la peur. L’opposition a ainsi un terreau fertile pour bâtir des leviers qui peuvent conduire à l’alternance. Puisque le peuple n’aspire qu’au bien-être : scolariser les enfants ; se loger et se nourrir décemment et avoir accès à des hôpitaux où des soins peuvent être administrés convenablement ; … Il y a donc instamment pour l’opposition la nécessité d’aller à l’unité. Puisqu’on peut être différents et travailler ensemble. Il y a aujourd’hui en Côte d’Ivoire un pouvoir qui s’est bâti dans la violence et dans le sang. C’est là un discrédit qui est aussi abyssal que les stigmates de la barbarie que le pays a connue. La haine qui est sécrétée au sein de ce pouvoir qui la déverse ensuite sur les populations au travers de l’opposition sensée porter leur voix, doit connaître un terme. Puisqu’on ne peut construire une société en déstructurant ses fondements. Face à cela, au lieu de s’entendre sur le minimum pour présenter une démarche cohérente et une image crédible pour une « alternative démocratique », les leaders de l’opposition jouent le jeu du pouvoir en s’émiettant sur des questions de personnes. Il est vrai que l’ambiance dramatique créée par la brutalité de la guerre imposée à la Côte d’Ivoire, pour mettre Alassane Dramane Ouattara à la tête de ce pays, a fait peur à certains cadres et/ou leaders qui ne sont pas allés en exil ou en prison. Cette peur doublée d’intenses émotions a provoqué beaucoup de défections et de légèretés là où le peuple attendait un élan de solidarité entre des leaders politiques. Cela a induit un sentiment de frustrations, de déceptions et de méfiance. Lesquels ont ravivé les divisions surtout quand certains leaders ont par la suite adopté des comportements pour le moins inattendus. Tout cela traduit en effet des faits. Mais la question qui est posée aux élites, c’est de savoir comment elles peuvent s’élever pour l’heure au-dessus des considérations qui exacerbent les divisions alors que la priorité doit être d’aller à l’unité, en vue de sortir le peuple des griffes de cette dictature, conduite par des gens sans cœur et qui ne respectent aucune loi. Depuis avril 2011, les Ivoiriens ont assisté à des situations de fortunes diverses dont certaines en 2015, ont donné de l’espoir. Mais l’inclination chez certains à régler des comptes, ne pouvait naturellement pas être fertile à la constitution d’une démarche unitaire. Et parce que l’opposition déroule constamment le spectacle de l’émiettement, le pouvoir qui a réussi à diviser tous les partis politiques et mouvements associatifs par la force de l’argent, ne fournit pas de gros efforts pour tenir le peuple en laisse. C’est une faillite des acteurs de l’opposition qui doit être réparée afin de faire face aux aspirations des populations. Par ailleurs, il faut dire qu’Alassane Dramane Ouattara a naturalisé 2 200 000 étrangers. Si l’opposition ne construit pas son unité, elle sera battue en 2020 même avec des élections transparentes. L’occasion du projet de la révision de la Constitution devrait donc être un moment enfin propice pour mettre un frein aux manipulations de ce pouvoir inique.

Comment les diplômés peuvent cultiver une posture d’intellectuels pour privilégier le sens de l’intérêt du peuple ?

En Afrique, comme l’ancienne puissance coloniale sait que les élites n’arrivent pas à distinguer l’essentiel de l’accessoire – parce que souvent attachés au matériel mais aussi très complexés –, elle confectionne des plans de division qu’elle met à la disposition des pouvoirs dictatoriaux en place. Nous constatons que même quand il y a une lueur d’union, l’opposition se déchire dès lors que des échéances électorales approchent. Lorsqu’il s’agit d’élections présidentielles, des acteurs, craignant de ne pas être dans le gouvernement, posent des actes qui font le jeu du pouvoir, abandonnant ainsi les aspirations du peuple par qui ces leaders politiques jurent. 

Après le « coup de l’Ivoirien nouveau », il y a une nécessité immédiate de former un « nouvel Ivoirien ». En fait, au regard des actes posés par certains acteurs politiques ivoiriens, qui privilégient leur confort personnel au détriment de l’intérêt collectif, il revient à chacun de revisiter son approche de la chose politique. En Afrique, nombre de partis politiques fonctionnent comme des sectes. Beaucoup ne font pas la différence entre la nécessité qu’il y a d’être fidèle à une vision arrêtée et celle qu’il y a de débattre constamment, pour prévenir les dangers que peuvent engendrer une inclination tout azimut à l’unanimisme ou à la pensée unique. Mais aussi, là où les Ivoiriens attendent que leurs élites s’entendent pour inventer un leadership à la hauteur des enjeux, vient s’installer le démon de la duplicité. La méfiance que le sentiment de trahison induit parfois à raison, cause beaucoup de dégâts et devient un ferment de division. Il nous semble que personne ne peut nier que des complots existent dans des entreprises humaines. Mais la méfiance et/ou la défiance que cela induit entre des acteurs de l’opposition, sert par ricochet le pouvoir qui s’en porte bien. Tout en veillant à ce que des opportunistes ne viennent pas annihiler le fruit des efforts effectués sur des décennies, il convient dans le même temps, d’aménager des espaces d’ouverture pour construire des majorités. On peut à cet égard poser la question de savoir, pourquoi en Afrique, ceux qui estiment avoir raison ne vont-ils pas vers ceux qui ont tort, au regard des considérations de la conscience collective ? Le peuple de Côte d’Ivoire a mal à son pays. Il faudrait que les cadres de l’opposition se ressaisissent pour s’entendre sur la contradiction principale. Elle est de faire l’unité pour faire front, tout en veillant à extirper toute poche de vulnérabilité. Une telle approche méthodologique pourrait contribuer à arrêter ce pouvoir dictatorial.

La démocratie comme manifestation du débat et des idées mêmes contradictoires. Plus maintenant, on ne convaincra jamais un Occidental avec de l’argent et des armes de tuer ses semblables pour arriver au pouvoir.

Les élites occidentales arrivent toujours à s’entendre dès lors qu’il s’agit de faire bloc pour sauvegarder les intérêts de leurs pays. Jusqu’à présent, en Côte d’Ivoire, il n’y a que ceux qui travaillent à la prédation de leur pays qui arrivent à se mettre d’accord. Pourquoi, est-il plus difficile à ceux qui estiment travailler pour l’intérêt du peuple de s’entendre ? La question est plus que d’actualité. Aujourd’hui, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont jugés à La Haye, Simone Gbagbo aux assises à Abidjan, plusieurs soutiens réels ou supposés (connus et anonymes) de Laurent Gbagbo et des anciens ministres sont emprisonnés ; des milliers d’autres ivoiriens sont contraints à l’exil ; les Ivoiriens croupissent dans la misère alors que corruption et gabegie sont galopantes. Ce contexte impose que les acteurs de l’opposition se ressaisissent pour former l’unité. C’est la voie objective, en dehors d’une « hypothétique » délivrance divine qui peut peser sur le cours des différentes parodies de procès, notamment celui emblématique de La Haye.

Engagés dans un combat contre la françafrique pour prendre notre destin en main, il importe que nous observions les différents aspects de ce système. Comprendre et intégrer à chaque instant la culture sociologique et psychologique de l’impérialisme permet de ne pas se disperser par rapport à la cible. Deux indices sont retenir : le premier est axé sur la communication politique. En effet, en termes d’image, les Occidentaux privilégient la notion de l’unité car c’est elle qui – au minimum – permet d’impacter l’opinion en vue de construire une majorité. L’Allemagne qui est en tête des pays européens sur le plan économique, est gouvernée par une coalition parce qu’un parti seul ne dégage pas de majorité. Le deuxième indice est l’illustration du premier, en Côte d’Ivoire. Quand la France de Nicolas Sarkozy a entrepris de tricher aux élections de 2010, pour placer Ouattara, il a fabriqué une majorité « sociologique » (l’alliance RDR - PDCI) qui ne faisait pas une majorité arithmétique. Mais cet artifice a permis d’emballer la triche électorale aux yeux de l’opinion. Il faut intégrer que le plus dramatique pour des tenants d’une lutte est de s’enfermer dans des incantations et des effets d’annonce. En réaffirmant avec force l’engagement au combat pour la démocratie et la souveraineté, il faut en même temps veiller à ce que le populisme ne soit pas un facteur limitant.

C’est pourquoi, au-delà de tout ce qui est par essence inacceptable et inadmissible pour des membres de l’opposition, il semble que le salut pour l’instant, - pour reconquérir le pays - est de mettre l’accent sur la construction d’une unité. On ne peut pas accepter un « suicide collectif » pour régler des comptes à des indélicats. Laurent Gbagbo qui compte sur ses soutiens, n’est habité ni par un sentiment de vengeance ni par une rancune épidermique. 

Enfin, dans l’intérêt du peuple, des prisonniers et tous ceux qui souffrent des effets de cette politique totalitaire, il faut veiller à multiplier les voies pour le sortir de cette impasse qui a pris le peuple en otage. Aujourd’hui plus qu’hier, les élites comptent des chercheurs, et autres cadres éminents. Ceux-là doivent arriver à réinventer un leadership en Afrique et spécifiquement en Côte d’Ivoire, pour reconstruire une nation où il fera bon vivre entre les différentes composantes qui sont tenus de vivre ensemble. Il est établi que l’opposition est majoritaire dans ce pays. Elle doit avec le recul nécessaire examiner pourquoi elle n’arrive pas à transformer toute cette énergie potentielle en une vague populaire effective.




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