Côte d’Ivoire : Alassane Dramane Ouattara est dans l'exécution de son projet, la restauration de l'empire du Mandingue. Le corollaire est une entreprise de repeuplement de ce pays. (Par Claude Koudou)

CIVOX.NET
Vendredi 5 Août 2016 - 09:46


 

En prélude à une amorce de l’entreprise de repeuplement de la Côte d’Ivoire, l’actuel chef de l'Etat avait déclaré en 1992, dans l'émission "A la Une" de la RTI, que dans dix ou vingt ans, les frontières de la Côte d'Ivoire devraient englober le Mali, le Burkina, le Ghana … (voir « la victoire aux mains nues » de Sidiki Bakaba). Le fond est en fait la reconstitution de l'empire du Mandingue, étendu à la Côte d’Ivoire comme vache à lait. Dix ans après ces déclarations du Premier ministre de l’époque, la Côte d’Ivoire se réveillait dans une tentative de coup d’Etat. Ce que Ouattara entreprend n’est donc pas une affaire de seulement dix ans de gouvernance.
 

Mais les Ivoiriens s'amusent et se fragilisent mutuellement ; cela va de jouxtes d’adorateurs à des déclarations de responsables politiques. Par leurs actes, par des invectives assassines et des sorties aussi inadaptées qu'inopportunes, ils jouent le jeu "du diviser pour mieux régner" qui est le préféré de l'impérialisme en Afrique. Il y en a parmi ces acteurs qui préfèrent le confort de l'immobilisme. C’est mieux pour eux de ne prendre aucun risque pour ainsi se couvrir. Il faut dire que ce n'est pas le rôle d'un responsable politique. Un responsable politique doit avoir le flair et une vision pour savoir anticiper. Il doit aussi prendre des positions - même parfois des plus difficiles - et les assumer.
 

Laurent Gbagbo a crée à la sueur de son front un parti, des années durant. Parce que ce parti est une « machine » bien organisée, les impérialistes se sont introduits dans le paysage socio-politique ivoirien pour le déstabiliser. En l’absence de Laurent Gbagbo, le manque de vigilance de certains et des calculs conjoncturels d’autres ont aidé le colonisateur à diviser ce parti via son préfet, Alassane Dramane Ouattara. C’était là pour un parti très fort. En déportant son créateur sur des bases aussi fallacieuses qu’artificielles, le parti est aujourd’hui à la croisée des chemins. La désorganisation d’autres partis a suivi. L’ancien parti unique en fait même les frais quoique l’on dise.
 

A la CPI, puisque leur objectif est d’y maintenir Laurent Gbagbo, le temps que Ouattara consolide son pouvoir, en bradant le pays, un procès s’est ouvert malgré des preuves jugées insuffisantes et avec la mort trouble d’un juge (l’Allemand qui s’était opposé à la tenue du procès). La Cour distrait donc l’opinion avec des témoins ridicules pour l’opinion et humiliants pour l’accusation et un juge grassement payés avec l’argent du contribuable aux fins de jouer le jeu de la Françafrique, oubliant ainsi de se servir de leur cervelle à l’effet de dire le droit.
 

Mais des acteurs politiques en Côte d’Ivoire regardent toutes ces inepties pendant que la CPI avance devant leur inaction. Comment au XXIè siècle, peut-on enlever deux hommes de leur pays parce que ceux-là sont les plus mobilisateurs sur la question de la mal gouvernance ? La CPI veut-elle que la réconciliation ait lieu pour que la Côte d’Ivoire recouvre la paix ? Une réponse négative est pour l’instant ce que nous vivons.
 

Devant le danger qui guette ainsi la Côte d’Ivoire, chacun devrait se montrer responsable en se retroussant les manches pour contribuer à sauver ce pays. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont en prison, rappelons-le. L'opinion est aujourd'hui sensibilisée et édifiée sur la forfaiture qui maintient deux innocents dans les geôles des déportés. C'est par notre façon de faire sur le terrain que les pesanteurs politiques qui les ont internés, peuvent décider de les libérer. Ce n’est pas de regarder en direction de La Haye comme le fidèle qui attend sa communion.
 

Le pays est entrain d’être repeuplé ; des pactes de traité d’amitié accompagnent l’élan sur le plan communicationnel. Le chef de l’Etat et son clan veulent changer la Constitution. Il s’agit ainsi d’inscrire dans la Constitution des dispositions pour reconstruire un empire du Mandingue dont Ouattara rêve. Est-ce que ce non-sens passera devant une résignation des Ivoiriens. L’avenir doit nous le dire.
 

Entretemps, passé le temps d'une émotion même dure, il faut toujours choisir la meilleure voie par rapport aux enjeux, parce qu’il ne faut pas perdre de vue l'essentiel. Pousser à la libération de Laurent Gbagbo en se rassemblant sous le sceau du progressisme dont il est une réelle incarnation ; là est la problématique majeure aujourd’hui.
 

L’angélisme suicidaire qu’il est donné de constater, est inadmissible au regard des différentes expériences vécues. Cela mérite donc un dépassement "du moi" et de soi. Si les pollueurs de conscience, à renforcer des divisions ont des solutions viables malgré l’émiettement, alors ils ont le devoir d’agir. Sinon, s’il s’agit uniquement de caprices pour des règlements de compte politiques, - alors qu’il convient de réévaluer les choses devant le danger -, ils sont informés que le peuple de Côte d’Ivoire veut être délivré et n’a que faire de positionnements inutilement sectaires.
 

Chacun doit quitter sa posture populiste et la logique de la justification tout azimut pour contribuer à sauver un pays qui est à la dérive. Sans pays, tous les petits calculs sont forcément vains

Tout bien pesé, il semble que le peuple de Côte d'Ivoire a une longueur d'avance sur ses élites et assimilés. Il s’agit de gens qui ne veulent pas où ne savent pas oser même quand ils en ont l'opportunité. Il faut dire que la culture de la défiance ou de l'auto-publicité n'est pas opportune aujourd'hui. Car il y a plus que péril en la demeure. Chacun doit donc se ressaisir à moins qu’on ait intériorisé de perdre le pays.

 




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