Côte d’Ivoire : Affi agresse l’œuvre du Pr Mémel Fotê

Mardi 18 Avril 2017 - 22:08


Professeur Mémel Fotê
Professeur Mémel Fotê

Il se passe des choses bien curieuses en Côte d’Ivoire. Etre homme politique, semble-t-il, donne droit de vie et de mort sur tout ce qui existe. Affi N’guessan, pris dans le tourbillon des règlements de compte interne, franchit hystériquement les limites de la raison. De quoi s’agit-il ? Le Président Laurent Gbagbo a offert une fondation au Pr Harris Mémel Fotê, dirigée par le Pr Séry Bailly pour organiser et gérer les archives et d’autres éléments intellectuels de portée universelle. Cette fondation faisait la fierté de nos chercheurs, ses espaces servaient de colloques et autres rencontres essentielles. Tout était en place pour en intensifier les possibilités et en faire une incontournable aire publique. Mais l’ambition et la nervosité politiques sont venues tout faire exploser. Affi N’guessan, aidé par ses tuteurs actuels a fait fermer l’édifice au motif que ses adversaires politiques, exclus de la plupart des salles de rassemblement d’Abidjan, s’y retrouvaient. Cette fondation n’est a priori pas la propriété du FPI. Même si tel était le cas, au nom de quelle logique, Affi s’approprierait ce qui n’est pas à lui. Comme pour le fameux logo, il se fait propriétaire de tout ce qui s’apparente à un bien du parti de Laurent Gbagbo. Une attitude qui ne peut prospérer sans digue tant elle participe à la pollution de l’environnement politico-social. On ne peut fermer une telle fondation par simple volonté de nuire. En le faisant, Affi montre qu’il est sans épaisseur éthique et donne raison à ses adversaires qui le méprisent depuis quelques années. Notre posture n’a pas l’intention de réitérer les débats internes. Il est question pour nous de montrer à quel point il est insensé de fermer une fondation qui participe à la construction de l’archive mondiale. Affi sait qui est Mémel Fotê dans la constellation des élites universelles. Il ne peut donc en toute quiétude piétiner ce qui émane de cette « montagne » intellectuelle. Le risque de destruction des archives est grand qui nécessite prompte intervention des instances culturelles mondiales. Conserver une archive est en soi une gageure pour tout archiviste. Cela nécessite une vigilance et des outils adéquats. En condition de conservation appropriée, l’archive reste fragile. Son avenir est par essence précaire comme tout ce qui existe. Aussi, refuser qu’on s’en occupe, c’est vouloir accélérer sa destruction. Ayant clos toutes les issues, le contenu de la fondation est livré à l’agressivité des champignons et autres entités nuisibles. Affi le sait-il ? Est-il prêt à répondre ultérieurement devant la justice ? En tout état de cause, nous envisageons sérieusement cette éventualité. Il n’est pas moins coupable que les destructeurs des monuments de Tombouctou et d’ailleurs actuellement dans les liens de la détention. Affi est responsable et devra un jour rendre des comptes. Ses petites immunités actuelles seront sans effet ; nous le lui garantissons. Nous lançons un appel pressant à tous et surtout aux dispositifs internationaux de veille culturelle. L’UNESCO est vivement interpelé. Aux étudiants et chercheurs ivoiriens, nous demandons une diffusion massive de ce message. Affi doit être fondamentalement inquiété. Ce dépôt de rationalités fécondes qu’est la Fondation Harris Mémel Fotê ne doit pas périr; il y va de notre responsabilité historico culturelle.

Dr Oyissé, Suisse

 

 





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