Côte D'ivoire: Sur quelle planète vit Daniel Kablan Duncan?

Lundi 30 Septembre 2013 - 10:35


Daniel Kablan Duncan
Daniel Kablan Duncan
Le premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, est complètement déconnecté des réalités ivoiriennes. A chacune de ses sorties, il ne fait que clamer haut et fort que tout va bien dans le pays dirigé par le président Alassane Ouattara. A l’entendre parler, on dirait qu’il ne vit pas en Côte-d’Ivoire mais plutôt sur une planète où tout baigne dans de l’huile.
        Fait-il preuve de bonne fois ou s’agit-il d’une stratégie politique  ?
Dans tous les cas, il est dans une logique que lui seul peut comprendre. Sinon, pour le commun des mortels, rien ne va dans le meilleur des mondes. Les ivoiriens tirent le diable par la queue et la mort subite les guette à tout instant.
        Dans leur ensemble, les ivoiriens sont rassasiés, voire repus des discours de Kablan Duncan parlant de croissance à deux chiffres. A quoi sert cette course effrénée pour atteindre les deux chiffres en matière de croissance, quand on sait que le minimum vital est relégué au second plan  ? La crise socio- politique que la Côte-d’Ivoire vit depuis 1990 a connu son paroxysme en 2010 lors de la crise postélectorale. Elle a laissé de nombreuses séquelles au nombre desquelles le chômage des jeunes. La preuve, le recrutement d’agent recenseur lancé tout dernièrement par l’INS a drainé un monde fou dans les mairies pour dépôt de dossiers. Ce déferlement de jeunes filles et de jeunes garçons est un indicateur de chômage et de pauvreté. Toutes sortes de diplômes ont été brandies pour légalisation. J’avoue que cette masse silencieuse est une bombe qu’il faut désamorcer dès maintenant. C’est cela la vérité. Tout autre chose n’est qu’une fuite en avant. En ce moment, le premier ministre  affiche une satisfaction en annonçant une croissance de 9,8% et pourtant le chômage et la vie chère ont atteints leur point culminant. Nous ne sommes plus dupes. Alors qu’il était premier ministre sous le président Bédié, le même Kablan Duncan nous rabâchait les oreilles avec sa croissance à deux chiffres. Comme si on pursuivait un mirage, la Côte-d’Ivoire n’a jamais pu atteindre les deux chiffres mythiques lorsqu’intervint en 1999 le coup d’Etat qui emporta l’économiste à deux chiffres. Dans un pays où tout va bien, il est rare qu’intervienne un coup d’Etat. En son temps, on nous a même demandé de patienter et que les fruits de cette croissance allaient se faire sentir. Evidemment, notre patience est restée sans suite pendant que les dirigeants d’alors se sont rempli les poches et les joues.
        M. Daniel Kablan Duncan revient au pouvoir et occupe encore le poste de premier ministre. La même chanson de croissance à deux chiffres revient comme un refrain. Celui qui a été mordu par un serpent sursaute lorsqu’il voit un ver de terre. La peur nous envahit quand la même rengaine revient de façon récurrente. Et aussi, sachant que les mêmes causes produisent les mêmes effets, il y a des raisons de désespérer.
        Sous le règne du président Laurent Gbagbo, avec un budget sécurisé, sans apport extérieur et avec un taux de croissance de moins de 3%, le pays divisé du fait de la rébellion, les ivoiriens après leur formation trouvaient du travail. L’argent circulait et le coût de la vie était moindre. Ils comprennent difficilement que sous Ouattara, avec le crédit dont  bénéficie le président de la CEDEAO de la part de la communauté internationale et avoir les coudées franches pour gérer l’entièreté du territoire ivoirien, ils en sont encore dans un état de pauvreté extrême. Nous ne sommes pas titulaire de doctorat en économie ni en droit et autres. Mais nous sommes titulaires de doctorat en bon sens. Qu’on cesse  de nous berner et de nous utiliser à des fins politiques. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. C’est bien beau d’avoir une passion effrénée pour les deux chiffres, mais il faut être réaliste en résolvant les problèmes les plus élémentaires des ivoiriens. Si ce n’est servir les intérêts de la communauté internationale pour préserver son poste, le premier ministre gagnerait à être moins euphorique et à écouter les récriminations des populations. La responsabilité qui lui échoit est de lutter contre le chômage et la vie chère. Tout autre discours n’est que de la démagogie. C’est sur les ruines de l’échec que le succès se fonde. Ayant échoué sous Bédié, il doit tirer les enseignements pour mieux se projeter sous Ouattara et sortir les ivoiriens de la misère. Pour cela, il doit écouter l’opposition significative au lieu de les renvoyer à l’école par mépris pour aller apprendre à calculer. Ainsi, il rendrait service au chef de l’Etat, Alassane Ouattara qui cherche ses marques depuis longtemps. Les premiers ministres godillots, pour parler comme l’autre, on n’en veut plus.

 
  G. OURA Kouakou
 ourandrin@yahoo.fr






Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !