Côte D’Ivoire : 9.8% de croissance économique : Qui M. Ouattara veut-il distraire ?

Mercredi 10 Avril 2013 - 09:13


Côte D’Ivoire : 9.8% de croissance économique : Qui M. Ouattara veut-il distraire ?
On aura tout vu et entendu sous ce gouvernement incompétent et friand du spectaculaire. Des taux de croissance de 8,25 % et maintenant 9,80% dans cette Côte d’Ivoire qui cherche toujours ses repères pour payer ses fonctionnaires et nourrir sa population. Ce gouvernement ne nous sert rien que de la manipulation et de la propagande à longueur de journée. Pauvre Côte D’Ivoire !
 
Incapable de justifier sa victoire aux élections présidentielles de novembre 2010 avec 54.1%, le Chef d’Etat met le couvert cette fois-ci sur l’économie. Son gouvernement avance tantôt 8,25% de croissance économique et depuis le 3 avril, ils ont atteint 9,80%. Vraiment spectaculaire ! Quel miracle économique ! Avec ce taux de croissance, la Côte D’Ivoire est devenue émergente en deux ans sans même remplir les conditions. Vraiment spectaculaire ! Chapeau et bravo au concepteur du miracle ivoirien des années 2000, j’ai nommé le Chef d’état M. Ouattara. Quel économiste, cet homme ! Un vrai bosseur !

Le FMI de Christine Lagarde (Directrice Générale et ancien ministre de Sarkozy, alliée de M. Ouattara)   a cru bon et opportun d’apporter un soutien de taille au gouvernement ivoirien par l’intermédiaire de M. Michel Lazare toujours du FMI. Ce dernier déclarait le 28 mars dernier : « La Côte d’Ivoire a réalisé une croissance de 9, 8% en 2012, des performances qui planchent au-delà des prévisions du Fonds monétaire internationale (FMI) (8,6%), « pour la première fois depuis 30 ans, la Côte d’Ivoire a régularisé sa dette extérieure», «la Côte d’Ivoire ne souffre de problème de seuil d’endettement. Avec des appuis financiers extérieurs   conséquents, le taux d’investissement public dépassera les 7% du PIB».
 
La réalité sur le terrain est toute autre.

Le FMI ne peut qu’être satisfait si tous les prêts accordés à la Côte D’Ivoire ainsi que l’effort de guerre en ce qui concerne les bombes françaises déversées en mars/avril 2011 sont payés à temps, réduisant drastiquement le train de vie des ivoiriens. Le FMI n’est pas une institution charitable ou une institution qui met les problèmes sociaux des pays endettés au cœur de ses décisions. Pourvu que les dettes soient repayées à temps, il (FMI) est toujours satisfait. C’est dans cette veine que le FMI a fait la déclaration ci-haut en apportant son soutien au gouvernement de M. Ouattara. Mme Christine Lagarde est consciente que les chiffres avancés sont faux et ne reflètent pas la réalité sur le terrain. Cependant, il faut le faire pour soutenir un pion de la Françafrique en difficulté dans son pays.
 
Le Président Gbagbo et son gouvernement sous la houlette de feu M. Antoine Bohoun Bouabré avaient créé le concept de Budget Sécurisé (BS). Avec le budget sécurisé, le gouvernement du Président Gbagbo payait régulièrement les fonctionnaires et leur accordait souvent des avantages, et ce malgré la partition du pays et aussi la réduction des revenues fiscales. Avec le même budget sécurisé, l'état de Côte D’Ivoire sous le Président Gbagbo n’a fait aucun emprunt et s’attelait a éponger les dettes des gouvernements de M. Ouattara (1989-1993) et celui de M. Bédié (1993-1999). Les donnes ont changé depuis le 11 avril 2011. Le pays est désormais « réunifié » et sous l’administration du Chef D’état M. Ouattara. En clair, les revenues fiscales du pays tout entier, devaient booster l’économie de notre pays, ce qui n’est pas le cas en ce moment.
 
Le Chef d’état est incapable de payer ses fonctionnaires, réduire le train de vie de son gouvernement budgétivore, nourrir la population, régler les problèmes liés aux avantages salariaux des enseignants, régler la dette intérieure, construire des universités comme il l’a promis, construire des hôpitaux, routes et autres projets de son gouvernement « Vivre ensemble » et qu’il annonce tambour battant qu’ils ont atteint un taux de croissance de 9,80%. L’argent ne circule toujours pas et seuls les projets du Président Gbagbo, dont les capitaux avaient été sécurisés sont devenus les projets de M. Ouattara et son clan. Ils inaugurent ici et là les projets du Président Gbagbo, faisant croire aux populations qu’ils sont des grands travailleurs. En deux ans, ils n’ont pas pu faire ériger un seul mur de leurs projets de gouvernement. Ils ont peint les vieux bâtiments de l’université d’Abidjan à hauteur de 140 milliards CFA, sans même prévoir des toilettes, amphis, salles de TD et restaurants. 140 milliards pour des pots de peinture. Vraiment, si la surfacturation pouvait tuer, ce gouvernement aurait cessé d’exister.
 
Le Chef d’état M. Ouattara a effectué 85 voyages à l’étranger à la recherche d’investisseurs et de capitaux afin de mener à bien ses projets. Son dernier voyage effectué fut en mars dernier, en Afrique du sud au sommet des BRICS (Brésil, Russie,   Inde, Chine et l’Afrique du sud) afin de quémander encore des prêts. Il est rentré bredouille de sa vadrouille de mendiant. Selon certaines indiscrétions, il en serait tombé malade. Aussi, les soutiens habituels tels la France et les Etats Unis d’Amérique n’ont pas apprécié cette sortie imprudente de leur préfet, frappant aux portes des BRICS (ennemies jurés de l’occident) pour de l’argent. Quand on a atteint 9.80% de croissance économique en deux ans, taux comparable à ceux de la Chine et du Brésil, l’on ne mendie plus mais on fait partie de ceux qui prêtent aux autres.
Le Chef d’état M. Ouattara a fait des promesses faramineuses aux populations et depuis lors, elles attendent ces containers d’argent. La tempête de milliards a été une fausse alerte. Aucun milliard sécurisé. Aucun investisseur sécurisé non plus.
 
Qui viendra investir son argent dans un pays où le taux de criminalité est plus élevé qu’aux Etats Unis d’Amérique et en Somalie ? Tout investisseur a besoin de garanties et de sécurité pour rentrer dans ses fonds. Cette garantie n’est pas du tout sécurisée ou satisfaite par le gouvernement actuel. Je vous propose les derniers chiffres de la Banque Mondiale (soutien financier de M. Ouattara)   « Doing Business 2013 ».
Création entreprise : 176e / 185
 
Exécution de contrat : 127e / 185
 
Obtention de prêt : 129e /185
 
Protection des investisseurs : 159e / 185
 
Octroi de permis de construction : 169e /185

Comme vous le constatez, la Côte D’Ivoire figure parmi les derniers de ce monde. Avec des chiffres pareils comment peut-on atteindre 9,80% de croissance en l’espace de deux ans de règne sans partage, dans un désordre étatique où la mauvaise gouvernance est de mise ? C’est aussi le cas d’un élève qui a toujours 5/20 dans toutes ses matières et en fin d’année, informe ses parents illettrés, qu’il est parmi les premiers de sa classe. C’est ce que nous sert le Chef d’état M. Ouattara à longueur de journée.
 
Le Chef d’état M. Ouattara et son clan nous prennent pour des idiots ou des ignares. Malheureusement pour eux, ce n’est pas le cas. Les ignares et idiots se trouvent dans son camp et ils se comptent par milliers.
 
La réalité économique qu’on cache aux ivoiriens est la suivante :

Le trésor ivoirien est désespérément vide. Cela est dû en grande partie à la baisse drastique des recettes fiscales. Les PME/PMI ont licencié la plupart de leurs employés et tournent à perte. Elles sont incapables de s’acquitter de leurs taxes. Les autres ont soit fermé ou délocalisé dans la sous-région. Aussi, il faut ajouter que la Douane emploie en ce moment des analphabètes qui se servent au lieu de servir l’état. Le Chef d’Etat a déversé un bataillon d’illettrés (1000) à la Douane pour les remercier de leur soutien et participation à la guerre de 2011. Il ne faut pas aussi oublier 300 jeunes filles du RDR déversées aux Impôts, sans passer le concours et sans la compétence requise.
 
Quant aux seigneurs de guerre ou ex com., ils se sont partagé le pays et les secteurs stratégiques de notre économie. Ils maitrisent les deux ports de San Pedro et d’Abidjan. Ceci a pour conséquences, des pertes en centaines de milliards pour notre économie. Enfin, le reste du budget non sécurisé, sert à payer les bombes déversées sur Abidjan et sur la résidence du Président Gbagbo. En d’autres termes, nous sommes véritablement ruinés.
 
Le Chef d’état M. Ouattara est incapable de juguler la crise que traverse notre pays. Pour ce faire, son gouvernement devient violent et agressif à l’endroit des fonctionnaires. C’est ce qui explique les ponctions sur le salaire des enseignants le mois dernier. Le droit de grève est prévu dans la constitution de juillet 2000 en son article  18 :
 
« Le droit syndical et le droit de grève sont reconnus aux travailleurs des secteurs public et privé qui les exercent dans les limites déterminées par la loi ».
Le Chef d’état est incapable d’informer la population sur la crise actuelle afin que celle-ci se donne les moyens de la gérer. En lieu et place, le gouvernement crée des concepts nouveaux tels le dégraissage de la Fonction Publique, qui serait envahie par des fonctionnaires fictifs. Ah bon ? Est-ce encore possible de nos jours d’avoir des fonctionnaires fictifs ? Seul le ministre chargé du recrutement des fonctionnaires M. Gnamien Konan ( Cadre du PDCi-RDA et candidat RDR aux municipales) peut y répondre.
 
La réalité est que, c’est une politique sans fondement pour licencier abusivement des pères et mères de famille. D’après la Fonction Publique, c’est le chiffre de 759 fonctionnaires fictifs à vider dans les jours à venir. Les nouveaux fonctionnaires de 2011 attendent toujours leur numéro de matricule. Ils se sont manifestés bruyamment le 3 avril 2013 devant le bâtiment de la Fonction Publique.
 
Le chômage technique et ethnique est celui qui affecte le plus les non rattrapés. Le Chef d’état M. Ouattara nous enseigne que seules les armes nous garantissent un emploi à la Fonction Publique. Il encourage la médiocrité dans toutes ses formes au détriment de l’excellence, la compétence intellectuelle ou l’expertise. Nombreux sont des jeunes ivoiriens sans emploi, avec des Bac + 4/5 pendant que des illettrés sont à la Douane et aux Impôts, payés deux fois plus que leurs collègues des autres groupes ethniques.
 
Le Chef d’état avait aussi promis la création d’emploi pour les jeunes pendant la campagne électorale de 2010. Pas un seul véritable emploi crée. Il a plutôt donné des emplois aux femmes du RDR afin de balayer les rues d’Abidjan sous le chapitre d’Abidjan Ville Lumière. Ces dames ont arrêté de travailler depuis lors pour   salaire impayé à hauteur de 50 millions CFA. Les rues d’Abidjan sont devenues encore plus sales qu’auparavant.
 
Pour se dédouaner en ce qui concerne le chômage, le Chef d’état M. Ouattara déclarait lors d’un de ses périples à l’intérieur du pays, que les jeunes doivent aller sur l’internet pour se trouver du travail. Cependant, il trouve volontiers du travail pour les ex combattants FAFN et leurs épouses dans la fonction publique. Drôle de Chef d’état.
 
Le Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises (FDRC) :
 
Interpelle le Chef d’état M. Ouattara à ouvrir un véritable débat avec la population sur la crise que nous traversons.
 Déconseille au chef du gouvernement M. Daniel Kablan Duncan de faire de la manipulation et propagande sur la croissance économique du pays.
 Conseille au chef du gouvernement de fournir les vrais chiffres de notre croissance économique afin d’y trouver des solutions.
 Interpelle le Chef d’état M. Ouattara de mettre fin à la médiocrité dans l’administration, la Police, la Gendarmerie et l’armée dans les plus brefs délais.
 Interpelle le chef d’état M. Ouattara à mettre fin au rattrapage ethnique source de conflits et de division.
 Interpelle le Chef d’état M. Ouattara à sursoir au licenciement abusif des 759 fonctionnaires taxés de fictifs.
 Interpelle le Chef d’état M. Ouattara à se pencher sur le problème crucial des élèves fonctionnaires (2500 au total) et les caser dans les plus brefs délais.
 
Conseille le Chef d’état de garantir le droit de grève aux enseignants et leur restituer les ponctions faites le mois dernier.
 Rappelle qu’il est une cellule intellectuelle, scientifique et politique créée le 22 mars 2013 à Londres, Royaume Uni.
Réitère son attachement au processus de démocratisation en Afrique et en Côte D’Ivoire en particulier.
 Réitère son attachement à la résolution des crises et conflits nés du déficit démocratique.
 Réitère son attachement à la restauration de l’état de droit en Côte D’Ivoire.
 
Fait à Londres le 06 Avril 2013.
 
Nick De Bessou, Juriste
Président du Forum pour la Démocratie et la Résolution des Crises (FDRC)
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