Corruption, passation de marchés publics, etc. La Banque mondiale interpelle la Côte d’Ivoire

Lundi 8 Juillet 2013 - 06:58


Corruption, passation de marchés publics, etc.  La Banque mondiale interpelle la Côte d’Ivoire
En matière de gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires publique, la Côte d’Ivoire a encore des nombreux défis à relever. C’est ce qui res - sort du rapport d’évaluation 2012 de la per - formance des institutions et des politiques nationales (CPIA) qui a été présenté le mercredi 26 juin dernier dans les locaux de la Banque mondiale à Cocody. Cette évaluation annuelle réalisée par la Banque mondiale entre octobre 2011 et septembre 2012 a passé au crible la gouvernance publique, la gestion des institutions, le climat des affaires, la préservation durable de l’environnement, etc.  Pour Jean-Noël Amantchi Gogoua, économiste principal à la Banque mondiale à Abidjan, même si la Côte d’Ivoire a réalisé des progrès dans certains domaines en passant de 2,9 en 2011 à 3,1 en 2012 sur une échelle de notation de 1 à 6, des défis considérables restent à relever pour améliorer sa gouvernance. «Il reste aussi des défis importants, des faiblesses importantes que ce pays a besoin de redresser. Notamment des questions de gouvernance», soutient Amantchi Gogoua. D’autant plus que ce score reste en deçà de la moyenne africaine qui se situe autour de 3,7 et loin derrière des pays comme le Cap-Vert et le Kenya qui arrivent en tête en Afrique subsaharienne (3,9) ou le Ghana, le Burkina-Faso Sénégal, Rwanda et la Tanzanie (3,8).  Ces défis sont la répartition équitable des ressources publiques. Sur cette question, l’économiste conseille plus de transparence dans la gestion notamment dans l’attribution des contrats pétroliers et miniers ainsi que la publication des ressources générées. Idem au niveau de la passation des marchés publics, en évitant les «collusions». M. Gogoua recommande une politique de lutte contre la corruption et la bonne gouvernance. La justice sociale «reste faible en 2012», fait-il remarquer. La Côte d’Ivoire est également interpellée sur l’amélioration du climat des affaires. Car malgré l’institution du guichet unique de création d’entreprises par le Cepici et des réformes du cadre juridique, estime l’économiste de la Banque mondiale, «on pense que tout ceci ne s’est pas encore traduit en actes». Des efforts sont également attendus au niveau de la protection sociale puisque seulement quelque 6% de la population ivoirienne bénéficie d’une couverture sociale ou encore de la qualité des services délivrés par l’administration publique. «Non seulement les ministres devraient spécifier les engagements qui motivent les allocations des ressources qu’on leur fait mais ils devraient à la fin de l’année présenter un rapport général de performance», souligne le conférencier. Non sans souhaiter l’apurement de la dette intérieure. En tout cas, pour bénéficier de ressources optimales nécessaires pour financer son développement, la banque monde exige de la Côte d’Ivoire des réformes structurelles. Des réformes qui ont permis au Burkina-Faso de bénéficier de 800 millions de dollars entre 2010 et 2013 contre 320 millions dollars pour la Côte d’Ivoire sur la même période, au titre du IDA 16 qui s’achève en juin 2014. Ces réformes sont donc indispensables pour permettre à la Côte d’Ivoire d’obtenir des ressources conséquentes pour le IDA 17 (2015-2018).

Anderson Diédri
Source: Le Nouveau Courrier N° 821, du Samedi 06 au Dimanche 07 Juillet 2013





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