Construction du barrage hydroélectrique de Soubré/ L'Etat crée la catastrophe sociale dans la région. Le cri de douleur des populations

Lundi 30 Septembre 2013 - 06:32


Les travaux de construction du barrage
Les travaux de construction du barrage
INTRODUCTION

Nigagba est une tribu du canton Bakwé du département de Méagui, dans la région de la Nawa, ayant pour Chef-lieu de région, Soubré.
 Cette Tribu est composé de quatre villages  : Gnamagui, Kopéréagui, Kpéhiri et de Galéa. Elle  a pour frontières  : Sud-Est, Est, Nord-est par le fleuve Sassandra  ; au Nord par le parc national de Taï  ; Nord-Ouest, Ouest par le Tribu Touagui  ; Sud, Sud-Ouest par la Tribu Gnipi.
La population autochtone est exclusivement  d’origine Bakwé. Elle a vécu dans cet espace pendant des décennies et cela avant la colonisation et s’y est développée après. Cette population a pour activités essentielles l’agriculture et la pêche. Par ailleurs, il convient de noter que le Bakwé fait partie intégrante du grand groupe Krou de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, lequel groupe ethnique est caractérisé par son altruisme légendaire reconnu par tous.
La fertilité des terres du Sud-Ouest ivoirien en général, et en particulier celles des Bakwé, ajouté à cela leur altruisme a été un facteur déclencheur de la nuée des populations d’autres horizons.
C’est cette zone de la région de la Nawa qui fera l’objet des grands chantiers de la construction du barrage hydroélectrique de Soubré. Or, qui parle des travaux de cette envergure, parle  :
De destruction des biens
D’occupation des terres, sources de production des paysans
De déplacements massifs de la population.
C’est sans assistance de toutes natures que la population de Nigagba, la mort dans l’âme et contre son gré, fait face au tout puissant appareil de l’Etat ivoirien. C’est la raison essentielle qui nous amène à vous faire part de nos préoccupations. Pour que vous soyez nos porte-voix pour les sans voix que nous sommes.

LES FAITS

Le Mercredi 31 Octobre 2012, l’Etat ivoirien, a travers son entité déconcentré, le Préfet de la région de la Nawa, le Préfet Gonbagui Gueu Georges, Préfet du département de Soubré, accompagné d’une forte délégation composée de  :
Monsieur Kassy Bangaman, représentant de CI-ENERGIE, promoteur nommé par l’Etat pour conduire les travaux de l’aménagement du barrage hydroélectrique de Soubré
Monsieur Traoré Lassiné, Maire par intérim de la commune de Soubré
L’honorable Nétro Tagbo Réné, Député de Méagui
Monsieur Tapéyou Philippe, Vice-président du Conseil Général de Soubré,
s’est rendu à Galéa pour rencontrer toute la population de la Tribu Nigagba. Au cours de cette rencontre, le Préfet a officiellement donné l’information selon laquelle, l’aménagement de la construction du barrage hydroélectrique de Soubré doit se réaliser sur nos terres. Par ailleurs, il (le Préfet) a, au nom de l’Etat, sollicité un site de dix (10) hectares pour la construction de la cité des cadres, cité liée à la survie du barrage hydroélectrique de Soubré. La population de Nigagba, ayant pris acte, après concertation, s’est rendue à la préfecture de Soubré pour donner son accord de principe, non sans avoir précisé que le site choisi par l’équipe technique du Comité de pilotage du barrage appartient au village de Kpéhiri ayant son terroir borné, bouclé et validé par le Comité Sous-préfectoral selon la loi 1998, loi relative au domaine foncier rural n° 98-750 du 23 Décembre 1998.
A la suite de cet accord de principe, une grande réunion d’information générale dite lancement des travaux a eu lieu le Mercredi 30 Janvier 2013 à la maison des jeunes de Soubré. Au cours de cette réunion, des informations, décisions ou résolutions suivantes ont été prises. Ces informations concernant les structures qui interviennent dans la construction et la réalisation du barrage hydroélectrique de Soubré. Lesquelles structures sont  :
Côte d’Ivoire Energie, promoteur pour le compte de l’Etat ivoirien
Sino hydro, constructeur et réalisateur du barrage pour le compte de l’Etat chinois
Tractebel Engineering, consultant, une entreprise française
Les décisions suivantes ont été prises et communiquées
 1.    Concernant la procédure de travail, il a été décidé que l’entreprise Tractebel Engineering et la seule qui est chargée à compter du 30 Janvier 2013 à mener toutes les enquêtes d’impact environnemental et social (EIES) pour une durée de quinze (15) mois. Au cours de cette période, aucune action de destruction ne devrait intervenir. Il est à noter que pendant cette période, la population devrait être consultée individuellement et publiquement en vue de recenser ses inquiétudes, ses ententes, ses besoins et ses propositions.
 2.    Les dédommagements, les compassassions et relocalisations doivent intervenir juste après les travaux des enquêtes d’impact environnemental et social (EIES).
 3.    Les travaux de la construction de l’aménagement du barrage hydroélectrique de Soubré interviennent juste après les deux étapes citées plus haut.
De tout ce qui précède, la population qui va être sinistrée devrait être au centre de toutes les préoccupations. Rien ne devrait se faire sans elle  ; sans son avis et sans son approbation. C’est pour cela que les populations pour coordonner toutes les actions se sont regroupées au sein de deux comités essentiels  :
Le Comité de Réflexion, de Gestion et Suivi de Nigagba (CRGSN) comprenant les villages de Gnamagui, Kpéhiri et Galéa ainsi que l’ensemble de leurs terroirs.
Le Comité de Suivi des Activités de Construction du Barrage de Soubré (CSACBS) pour le village de Kopéréagui et ses campements.
Ces deux  Comités devraient être les seuls interlocuteurs de leurres populations, une sorte de relais entre le promoteur de la construction du barrage hydroélectrique de Soubré et les populations d’une part et entre les structures qui interviennent dans la réalisation de l’aménagement du barrage hydroélectrique de Soubré et les populations d’autre part.
Malheureusement, force est de constater que les choses ne se déroulent pas comme prévu.
Nous tenons à dénoncer ici l’attitude du promoteur, les structures qui interviennent dans le barrage et de l’Etat ivoirien.
 a)    Le promoteur du barrage hydroélectrique de Soubré
Concernant le promoteur, aucune séance de travail proprement dit avec les Comités de la Tribu Nigagba pour le barrage n’a été initiée par lui. Ceux-ci se sont évertués à le lui rappeler sans succès. Le promoteur s’est toujours contenté de ne faire que des réunions d’informations. La population de Nigagba se sent alors abandonnée voir même ignorée puisque leurres structures ne sont pas consultées. Pire une action de destruction a été engagée par sino hydro, entreprise en charge de la construction du barrage hydroélectrique de Soubré, au grand désarroi et sans consultation de la population. Le promoteur a été saisi de cette situation sans réaction. Face à cette attitude du promoteur, la population se sent trompée et opprimée.
 b)    Les structures du barrage
Comme il a été dit ci-dessus, c’est Tractebel qui est en charge de faire l’Enquête d’Impact Environnemental et Social (EIES). S’il est avéré que le consultant de Tractebel est constamment sur le terrain au sein de la population, il n’en demeure pas moins de stigmatiser la présence concomitante et quasi permanente d’autres structures telles que  : le ministère de l’agriculture, le Bentd avec ses différentes composantes, le ministère des mines, du pétrole et de l’énergie, sino hydro. Toute cette cacophonie a fini par mettre sous pression la population. D’autres travaillent sans consulter la population  ; tout porte à croire que les intérêts de la population importe peu.
 c)    L’Etat ivoirien
Le corps préfectoral représentant l’Etat ivoirien dans cette grisaille n’a fait qu’accompagner le promoteur dans ses différentes réunions d’informations et se substitue en défenseur du promoteur et des différentes structures. Nous signalons que l’Etat ivoirien veut imposer comme base de dédommagement, le barème du ministère de l’agriculture qui date des années 60 et actualisé en 1995, barème qui du reste est devenu caduque, non seulement pour des raisons d’évolution, mais encore plus pour des raisons du niveau de vie, des prix sur le marché, du coût de la vie et surtout en raison de la pérennisation des sources et moyens de production pour la survie des populations impactées. Au moment où nous écrivons ces quelques lignes, les pauvres paysans sans armes et sans défenses viennent de percevoir contre leur gré des miettes calculées sur la base dudit barème, comme dédommagement. Pour le barème, une copie est jointe en annexe.  
Au regard de tout ce qui précède, et après un bonne dose d’analyses des populations déboussolées et  ne sachant que faire et à qui se confier, se tournent vers les bonnes  volontés qui liront ces quelques lignes des sans voix qui appellent aux secoures.
Nous vous lançons un appel pressant car au moment où nous vous envoyons ces quelques lignes, l’entreprise Sino hydro a déjà détruit beaucoup de nos plantations sans dédommagement. Une veuve ayant perdu le champ de cacao laissé par son défunt  mari, est en proie à beaucoup de difficultés pour nourrir ses enfants et les scolariser. Il en est de même pour tous ceux qui sont dans ce cas. Si rien n’est fait, ce sera une catastrophe inimaginable pour une population qui est en train de subir une expropriation sans réaction par crainte d’une réaction de l’armée. Nous joignons en annexe, le document des populations.

COMITE DE REFLEXION, DE GESTION  ET SUIVI DE NIGAGBA
 

Cel : 07 05 11 34 / 07 11 51 84

44 47 47 68 / 03 67 57 63





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