Conseil constitutionnel: Wodié ne peut démissionner pour avoir été mis en minorité

Jeudi 5 Février 2015 - 07:52


Depuis mardi dernier, date à laquelle le palais présidentiel a annoncé la démission de Francis Wodié, les supputations vont bon train. Si le gouvernement n’a donné aucune explication sur le départ de Wodié, la presse quant à elle, à travers ses investigations et ses multiples sources introduites ou pas, tente de démêler le problème. Mais la tâche est ardue.

Le Professeur Francis Wangah Wodié, aurait démissionné de son poste de président du Conseil constitutionnel, parce qu’il aurait été mis en minorité par ses collèges au cours d’une délibération. Et ce, dans le cadre de la procédure de ratification d’un traité relatif au « protocole sur les amendements à l’acte constitutif de l’Union africaine ». Cela a suffi, au dire de certains journaux de la place, pour que cet homme intègre, humble, discret et courtois quitte précipitamment la tête du Conseil constitutionnel, se débarrassant du coup des élections générales à venir. Les Ivoiriens dans leur ensemble comptaient énormément sur l’intégrité de Romain Francis Wodié, pour éviter à la Côte d’Ivoire une seconde crise postélectorale. Wodié a-t-il l’égo aussi enflé, qu’il ne supporterait pas d’être mis en minorité au cours d’une simple délibération ? Est-ce la première fois que Francis Wodié est mis en minorité depuis qu’il est à la tête de cette institution en juillet 2011 ? C’est tout simplement une insulte à l’intelligence du peuple ivoirien, à qui l’on veut servir ce qu’un autre peuple au monde ne saurait accepter. Non, il en faut un peu plus pour que le professeur de droit deux fois agrégés (droit privé et droit public), puisse quitter le Conseil constitutionnel à huit mois des élections générales. A 78 ans, Francis Wodié a connu des vertes et des pas mûres. Ce n’est pas un problème d’amour propre qui va le faire partir du Conseil constitutionnel sur la pointe des pieds, sans aucune déclaration. Il faut respecter nos monuments parmi lesquels, Wodié est une grosse pointure aussi bien en Côte d’Ivoire que dans toute l’Afrique. Le pouvoir gagnerait en crédibilité à rendre publique la lettre de démission, dans laquelle l’homme de droit a sûrement expliqué les motifs de son départ. C’est quand même curieux qu’un jour seulement après la fameuse démission de Wodié, Ouattara court à Paris comme s’il avait été convoqué d’urgence par l’Elysée. Surtout que l’on ne sait rien de l’objet de l’invitation officielle que lui aurait adressée le Président français François Hollande, comme l’ont annoncé les services de communication du palais présidentiel.

Jean Philippe Okann
Publié le jeudi 5 fevrier 2015  |  Le Belier Intrépide
 




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