Congrès extraordinaire du FPI: « Même si l’armée investit la région, le congrès se tiendra à Mama »

Plus que dix petits jours avant l’ouverture du congrès du front populaire ivoirien à Mama, le village natal de Laurent Gbagbo. Et même si la justice lui a officiellement interdit de faire des activités au nom du FPI, donnant ainsi raison à Pascal Affi N’guessan, Sangaré Abou Drahamane n’a que la tête à ça. Et pas que lui d’ailleurs, puisque les tournées de mobilisation se multiplient à travers tout le pays. Les organisateurs attendent quelque 10.000 personnes pour élire Laurent Gbagbo, seul candidat à la présidence du parti. Ils attendent aussi ceux qui voudront leur interdire d’accéder à Mama.

Mercredi 22 Avril 2015 - 01:45


Le régime ivoirien n’a pas encore daigné interdire les manifestations des pro-Sangaré qui écument villages et hameaux, grandes villes et banlieues pour mobiliser les militants sur l’effectivité de la tenue du congrès du parti à Mama. Au vu du calendrier, ce congrès délocalisé dans le village de l’ancien président ivoirien, toujours incarcéré à La Haye, devrait intervenir dans dix petits jours. Il est en effet prévu du 30 avril au 2 mai prochain. Le congrès a été couplé avec la fête de la liberté, d’autant plus que l’enjeu est ailleurs. Les préparatifs, eux vont bon train. En dépit des contingences et du climat sociopolitique ambiant, les militants n’ont jamais été autant déterminés. Sections, fédérations, bases…, ça grouille de partout pour aller investir Laurent Gbagbo en tant que nouveau président du FPI. La candidature de l’ancien président est en effet la seule en lice et personne, ici, ne remet en cause la stratégie d’en faire le prochain candidat. Dès lors, le seul défi reste l’organisation à laquelle s’oppose le clan Affi pour lequel le gouvernement multiplie les prévenances. Car même s’il semble se tenir pour l’instant loin des préparatifs du congrès de Mama, on voit mal le régime sacrifier ses nouvelles amitiés. Mais cette perspective ne semble nullement perturber les militants du FPI, y compris d’ailleurs la direction qui continue de rameuter les militants à coups de meetings de mobilisation partout dans le pays, sauf au Nord du pays. Et à dix jours de l’événement, ces derniers semblent bien prêts. Y compris à affronter le régime si sa volonté d’empêcher le
congrès se concrétisait. Dix mille personnes sont en effet attendues à ce congrès dont 195 membres du secrétariat général et 400 membres du comité central. C’est d’ailleurs à dessein que les organisateurs du congrès l’ont prévu à Mama dans un contexte où le gouvernement a eu beau jeu auparavant de leur interdire les grandes salles d’Abidjan, en raisons des décisions de la justice qui ont plutôt tendance à donner raison au clan Affi. On verra donc bien cette fois-ci comment le gouvernement pourrait interdire ces assises. En occupant, comme l’ont d’ailleurs fait ce week-end les policiers à Adjamé, Mama et les villages environnants ? Il faudrait alors affronter 10.000 congressistes mentalement préparés. Pour cela, il faudrait également déverser dans l’ensemble de la région plusieurs centaines de forces de l’ordre ou carrément des milliers  avec les conséquences que ne personne ne peut prévénir. En tout cas, à la direction du FPI l’on n’a jamais été autant déterminé. « Personne ne peut nous empêcher de nous réunir au nom de Gbagbo dans son village », botte d’ailleurs allègrement en touche certains. Mais pour d’autres, « même si Ouattara investissait toute la région avec l’armée , le congrès se tiendrait quand même à Mama » parce que pour les militants du FPI c’est désormais une question d’honneur. La confrontation est en effet clairement intégrée par les militants qui affirment que « si Ouattara décide de faire le siège de tous les villages environnants, alors il aura déclenché la guerre ». Car, « Dieu seul peut nous arrêter », assènent les militants qui ont déjà fait reculer toutes les forces de l’ordre de Divo réunies. Mais en dépit du contexte, les organisateurs ne voient ces deux manifestations que comme l’occasion d’une grande fête. Car l’élection du président du parti se fera, conformément aux statuts du parti, dans les assemblées fédérales. Le président du parti sera ensuite investi par le congrès avec le secrétariat général. Selon une source introduite, « ce congrès va juste proclamer les résultats enregistrés dans les assemblées fédérales et investir le nouveau secrétariat général et le nouveau comité de contrôle. Il va aussi définir la ligne du parti pour les prochains mois à venir. Donc, se prononcer sur la question relative à la tenue des élections » et si le FPI y participe. Mais ce congrès vatout de même permettre de retoucher certains articles du règlement intérieur notamment. Selon notre source, un conseil politique permanent qui va jouer un rôle de médiation, d’intermédiation et de facilitation va être créé au cours de ce congrès. Son but est d’éviter le genre de crise que la parti vient de traverser. Mais un débat va tout de même s’ouvrir  sur le rôle du président. Il s’agira d’arbitrer le point de savoir si le président doit toujours être aussi puissant ? Pour le reste,  tout va pour l’instant pour le mieux. La présidente du comité d’organisation Sophie Apia est d’ailleurs à Gagnoa pour s’assurer de l’avancement des préparatifs. Toute la région se mobilise également autour de ce congrès qui « doit remettre de façon officielle Laurent Gbagbo au centre de la vie politique ivoirienne ». Cet enjeu est d’ailleurs clairement illustré par le thème du congrès : « Un FPI digne, remobilisé, uni autour du président Laurent Gbagbo pour une vraie réconciliation nationale ».



Par Sévérine Blé


Source: Aujourd’hui / N°873




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