Congrès du FPI: Le plan B d’Affi pour invalider la candidature de Gbagbo

Dans le parti créé par le Président Laurent Gbagbo, l’on retient son souffle depuis que la candidature de Pascal Affi N’guessan a été déposée. Non pas qu’il pourrait battre Gbagbo lors d’une élection comme celle qui va avoir lieu le 13 ou 14 décembre prochain, mais parce que ses adversaires internes le suspectent d’être en bonne intelligence avec le pouvoir d’Alassane Ouattara dont ce serait l’intérêt d’empêcher que le Président Gbagbo reprenne possession de son parti et se hisse au centre du jeu politique national. D’autant plus que la ligne d’Affi que la presse proche du pouvoir plébiscite n’est pas de nature à gêner le régime en place et que ce serait un simple geste de retour de l’ascenseur que d’aider le président sortant à triompher. En tout cas, de sources proches des opposants, c’est vers ce scénario-là qu’on tend.

Samedi 15 Novembre 2014 - 08:41


Congrès du FPI: Le plan B d’Affi pour invalider la candidature de Gbagbo
Contexte:
En attendant la confirmation des deux candidatures qui ont été déposées, on assisterait d’ores et déjà à des manœuvres des Affidés pour invalider la candidature de l’ancien président de la république.
Enjeu:
Ce plan diabolique serait pourtant simple dans sa conception. Ainsi, Affi conteste la décision du comité de contrôle dès qu’elle admet la candidature du président Gbagbo. Mais plutôt que de le faire devant le comité de contrôle, ce serait plutôt devant la justice ivoirienne afin d’obtenir le précieux coup de pouce du pouvoir en place.
Interrogé hier par le journal Aujourd’hui pour savoir ce qu’il pense de ce plan B que Pascal Affi N’guessan et son équipe concocteraient dans le plus grand secret, Franck Anderson Kouassi le secrétaire national chargé de la communication du FPI et son porte-parole officiel a exprimé son dégoût et situé le débat sur un plan strictement moral. « C’est méchant. Il ne faut pas que les gens imaginent des choses pour les imputer à Affi. C’est n’importe quoi ! C’est dans l’imaginaire de ceux qui racontent ces inepties. Est-ce qu’Affi peut mêler le pouvoir à une élection interne ? Nous sommes après tout des camarades ; alors nous devons apprendre à avoir des débats fins », a réagi Franck Anderson Kouassi.
Mais pour ses adversaires, Affi N’guessan a bel et bien un agenda caché, dans le but de se maintenir à la tête du FPI. Et son plan serait fort simple. Le scénario commencerait dès la publication des noms des candidats par le comité de contrôle à partir du 16 novembre prochain. Là, son camp contesterait la candidature de l’ancien président au motif que le dossier de Gbagbo est incomplet. En fait, la contestation d’une candidature n’est pas inédite au FPI. En effet la procédure existe et les candidats ont légalement le droit de contester une candidature de leur adversaire. Sauf que c’est également le comité de contrôle qui reçoit le recours en annulation. Peut-il se dédire ? Donc pour être sûr de ne pas être contrariés, les partisans du président du FPI devraient contester directement cette décision du comité de contrôle devant le parquet. Et là, le tour serait joué, puisque même si, pour sa défense, le comité de contrôle produisait les documents en question, le pouvoir aurait quand même suffisamment de force d’invalider la candidature de Laurent Gbagbo. D’autant plus qu’on connait le niveau d’inféodation de la justice au pouvoir exécutif dans notre pays, surtout depuis que Ouattara ne se gêne pas de l’instrumentaliser. Au bout du compte, le congrès se retrouverait face à la seule candidature du président sortant. Et dans ces conditions, soit il triomphe soit l’élection n’a pas lieu et la direction actuelle reste en place. En tout cas, pour ses adversaires c’est ce plan-là et les garanties que permet le pouvoir de Ouattara pour son application qui justifient « l’arrogance et l’insouciance du président du FPI » malgré les levées de bouclier constantes des militants de base. Est-ce en revanche de la pure intox dans un contexte électoral où tous les coups sont généralement permis ? L’avenir nous le dira. En tout cas, devant les militants de Dabou, le président du FPI avait promis qu’il demanderait au congrès d’invalider la candidature de Gbagbo parce qu’on ne peut pas être en prison et diriger le FPI. Cette invalidation prévoyait-elle également une dimension de complot avec l’implication du pouvoir d’Alassane Ouattara ? Attendons de voir.
 
Sévérine Blé
Source: Aujourd’hui / N°768 du vendredi 14 novembre 2014
 





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