Conflit maritime entre la Côte d’Ivoire et le Ghana : Pourquoi Ouattara risque de perdre la bataille

Vendredi 10 Octobre 2014 - 15:21


C‘est 30 septembre dernier que le Ghana a engagé des poursuites contre la Côte d’Ivoire à propos d’un différend relatif à leur frontière maritime, alors que les deux pays étaient en pourparlers sur la méthode de délimitation de cette zone abritant des gisements offshore au centre du conflit. Comme une réponse du berger à la bergère.  La Côte d’Ivoire à son tour, le  1er octobre dernier, à l’issue d’un conseil des ministres tenu à Daoukro dans l’Iffou, a émis le vœu d’assigner en justice, les compagnies pétrolières exploitant  cette zone litigieuse.
Selon le gouvernement ivoirien, cette démarche  vise à obtenir  « la suspension de leurs activités d’exploration et d’exploitation dans la zone litigieuse, et la mise en place de mesures de séquestre pour préserver les produits de l’exploitation ». Selon nos sources, c’est depuis 2005 que L’ONU a informé les autorités ivoiriennes qu’un conflit maritime risquait  de naître entre les deux pays. Aussi, l’organisation onusienne avait-elle demandé au régime d’alors de demander en premier, la délimitation de sa frontière maritime. Mais, ajoute la source, les autorités de l’époque avaient  préféré négocier entre ‘’frères’’. A la venue d’Alassane Ouattara aux affaires, la direction des affaires maritimes et portuaires a  instruit le président sur ce dossier. Mais, là encore, Abidjan et Accra ont préféré discuter entre ‘’frères’’. C’est ce qui explique  la rencontre tenue du 18 au 20 février  à Yamoussoukro par la commission mixte ivoiro-ghanéenne, chargée de la délimitation de la frontière maritime entre les deux pays. Cette commission devait présenter le fruit de ses travaux, fin juin 2014 afin de mettre un terme définitif à ce conflit. Mais alors qu’à la date indiquée, la synthèse des travaux  n’a pas été remise, du moins officiellement, et les négociations non encore interrompues voilà que  le Ghana, de façon unilatérale, y a mis un terme en introduisant  une requête en arbitrage international. Selon notre interlocuteur, la Côte d’Ivoire ayant refusé de saisir l’ONU pour délimiter ses frontières maritimes, le pays de John Dramani l’a fait avec l’aval des Etas Unis d’Amérique, en se basant sur l’article 287 de l’annexe VII de la Convention de 1982. C’est pour cela, notent certains observateurs, qu’il  sera difficile à la Côte d’Ivoire de gagner un procès contre le Ghana devant n’importe quelle juridiction internationale dans cette affaire sur- tout. Le conflit sur les frontières maritimes entre les deux pays s'est compliqué en 2010, quand l'irlandais Tullow Oil a annoncé la découverte d'un gisement offshore sur le champ de Tweneboa. Accra et Abidjan ont alors décidé de la mise en place d'une commission bilatérale pour régler le différend, mais les premières réunions d'experts avaient achoppé sur les critères techniques retenus pour la délimitation de la frontière. Les sommes en jeu sont considérables, les experts estimant qu'il y aurait là plus d’1 milliard de barils.


Ahoussi Aka

Source: Aujourd'hui N°743 du 09 octobre 2014




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