Conflit avec Canal + Sat, tentative de corruption de Ouattara, néocolonialisme...Le patron d’Afrique media répond à tout

Suite au litige opposant « CANAL+AFRIQUE » à AFRIQUE MÉDIA, le coordonnateur camerounais de la chaîne de télévision panafricaine d’information multilingue, M. M'bamy Befo chada, joint hier par téléphone, s’est ouvert à nous. Il parle notamment de la procédure judicaire engagée contre le groupe français et indique comment se connecter à Afrique Média. Mais il parle des dirigeants ivoiriens et du néocolonialisme. Interview.

Mercredi 6 Août 2014 - 10:00


Aujourdhui : vous avez décidé de  traduire CANAL+AFRIQUE en justice pour avoir suspendu la diffusion du signal d’Afrique Média. Qu’en est-il réellement ?


M. M’bamy Befo Chada: Nous prenons acte de la voie de fait perpétrée contre ses abonnés à travers l’acte de suppression unilatérale de la chaîne panafricaine Afrique media de l’offre des chaînes télévisuelles offertes via son bouquet à ses clients en Afrique. Nous avons décidé d’ester CANAL+AFRIQUE en justice parce que nous voulons faire comprendre  à ce groupe impérialiste que tout n’est pas permis en Afrique et que les Africains ont aussi des droits. Alors qu’en France les droits des consommateurs sont respectés, il vient bafouer ceux des Africains. Le collectif des consommateurs africains a donc décidé d’attaquer Canal+ Afrique en justice afin de contraindre cette société à respecter dorénavant ses contrats vis-à vis de ses clients et, surtout, à rétablir non seulement les abonnes abusés et frustrés dans leurs droits mais aussi à obtenir des réparations judiciaires pour ses abonnés. Ce que nous déplorons, c’est qu’à aucun moment, Canalsat n’a informé les consommateurs que nous sommes de sa décision de suspendre Afrique media de son bouquet.

Pensez-vous que cela puisse porter ?

D’abord, cela portera un grand coup à l’image et à la crédibilité de Canal+ Afrique. Mais nous sommes également convaincus que le droit sera dit puisque la France est respectueuse  des liber- tés et des droits de l’homme. C’est pour quoi nous invitons tous les abonnés de Canal+ Afrique, n’ayant pas encore rejoint leur collectif respectif des abonnés locaux dans les différentes pays où opère Canal+ Afrique,  à communiquer au plus tôt, via les adresses suivantes, les informations relatives à leur contrat afin de permettre aux avo- cats qui se sont constitués pour les soutenir et défendre leur cause, de remporter cette bataille juridique contre Canal+Afrique. Ce sont : cabinet a. mbamy b.p: 3635 douala –Cameroun. Adresse e-mail: tctv1@yahoo.com pour toute information complémentaire appeler directement en com- posant le numéro: +237 22 71 78 23.

Qu’attendez-vous des populations Africaines ?

Nous attendons que des peuples africains qu’ils adhèrent à ce projet d’ Afrique Média pour amener les Africains à prendre conscience du danger qu’ils courent avec ces groupes impérialistes qui ne veulent pas que nous nous exprimions. Qui veulent nous maintenir sous le joug du néocolonialisme.  

Attendez-vous des soutiens des chefs d’Etat africainsdans cette bataille judicaire?

Bien entendu ! Ces leaders africains appartiennent aux peuples.Et donc dans cette lutte pour la libération totale de l’Afrique, engagée par Afrique Média, le soutien de tous les peuples Africains mais surtout celui des dirigeants africains est nécessaire. C’est à eux de nous soutenir, afin de libérer l’Afrique des griffes de ces néocolonialistes.   

Recevez-vous de l’aide financière de certains chefs d’Etat ?

Non !

D’où proviennent donc les ressources de Afrique Media ?

Les ressources d’ Afrique Media proviennent essentiellement des actionnaires, des publi-reportages et des dons de certaines bonnes volontés.  

Comment les Africains et même ceux de l’extérieur peuvent capter Afrique media ?

Le signal d’Afrique Média est toujours disponible sur le satellite SES 4@22°Ouest avec les cordonnées suivante : les cordonnées suivante : Fréquence : 11671 Mhz ; Polari- sation : verticale : SR : 3000 ; FEC : 5/6 ; Cryptage: en clair ( Free to Air). Il y a 3 types de té- léspectateurs : - Les abonnés Canal qui ont un décodeur verrouillé : ce décodeur ne peut recevoir que les chaines référencées du bouquet Canal Satellite Afrique. Dans ce cas, acheter un second décodeur Free to Air.  - Les abonnés Canal qui ont un vieux décodeur ou un décodeur libre (ils achètent juste la carte de décryptage) : ils vont recevoir le signal d’Afrique Média, mais il sera dans les dernières chaînes (il faudra faire parfois un nouveau scan). - Les téléspectateurs pi- rates : ils auront le signal d’Afrique Média en clair (il faudra peut-être aussi dans ce cas un nouveau scan).

Mais certaines informations  faisaient état de ce que la Russie avait  accepté de vous mettre sur son  satellite. Qu’en est-il exactement ?

Effectivement, le gouvernement russe à accepté d’aider Afrique Média à étendre sa couverture médiatique. Ce que nous appré- cions du reste. Et les choses sont entrain de se formaliser.

Comment analysez-vous le soutien des Ivoiriens à Afrique Media ?

Nous avons des problèmes avec les dirigeants Ivoiriens mais il semble que nous avons une grande audience auprès de la population ivoirienne. Notre souhait aujourd’hui est que ce peuple de Côte d’Ivoire retrouve la paix et la stabilité pour amorcer sa croissance véritable afin de se hisser dans le concert des nations. Nous voulons donc demander à ce peuple de demeurer digne.

Ouattara a tenté de vous soudoyer. Est-ce vrai ? Et pourquoi ?

Nous n’avons pas eu de contact direct avec les émissaires de Ouattara. Mais il y a eu effectivement des personnes qui nous ont approchés pour nous demander de changer de ton en ce qui concerne les sujets sur la Côte d’Ivoire. Nous leur avons dit que nous refusons de travestir l’histoire récente de ce pays. Dire qu’un candidat demandait le recomptage des votes et un autre voulait la guerre en lieu et place de ce processus n’est pas mauvais en soi.  Alors que sous d’autres cieux, l’on recompte actuellement les votes, l’on a refusé cela à la Côte et pourtant, cette opération éviterait à ce beau pays cette tragédie qu’elle a connue. Le dire, n’est pas avoir un mauvais ton.■

Interview réalisée par Myriam Bakayoko

Source: Aujourd’hui / N°698 du Mardi 05 Août 2014




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