Complot contre le Président Gbagbo: Le ministre Alain Dogou fait d’importantes révélations

Mardi 26 Juin 2012 - 05:38


Complot contre le Président Gbagbo: Le ministre Alain Dogou fait d’importantes révélations
Dans son livre ‘‘Ma vérité sur le complot contre Laurent Gbagbo’’
Le ministre Alain Dogou fait d’importantes révélations
 
Un livre essentiel, écrit par un homme qui était au coeur de la guerre post-électorale qui a vu, entendu et vécu des moments forts et a obtenu des données particulièrement éclairantes. «Ma vérité sur le complot contre Laurent Gbagbo» d’Alain Dogou, ministre de la Défense du gouvernement Aké N’Gbo mérite d’être lu et mis en lumière. Edité par L’Harmattan, long d’un peu moins de 180 pages, il se caractérise par le grand nombre de révélations de première main qu’il contient. Des révélations gênantes pour Young-jin Choi, l’ancien patron de l’ONUCI – qui avait promis à l’opinion un livre de témoignages devant être édité par Jeune Afrique et qui n’est jamais sorti – et pour les Casques bleus ainsi que les fonctionnaires de la Maison de Verre à New-York ; mais aussi Louis Moreno- Ocampo et le bureau du procureur de la Cour pénale, dont l’argumentaire est souvent battu en brèche de manière difficile à réfuter. Le livre de Dogou livre des confidences édifiantes de l’intérieur, sur des questions qui relèvent du politique, du militaire et du diplomatique. Nous vous livrons ici, comme dans l’édition de demain, quelques «bonnes feuilles» de cet ouvrage précieux.
 
 
 
Quand Choi indiquait qu’il n’avait pas le mandat pour se substituer aux institutions ivoiriennes, avant de changer de fusil d’épaule… avec le même mandat ! «J’ai représenté le candidat Laurent Gbagbo le jeudi 11 novembre 2010, au siège de l’ONUCI à l’hôtel Sebroko, à une réunion présidée par
Young-ji Choi, représentant de son compatriote sud-coréen Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations unies. La réunion avait pour ordre du jour : la certification du premier tour de l’élection présidentielle tenu le 31 octobre
2010. (…) Certains candidats et des représentants de candidats ont posé plusieurs questions à Choi et à son équipe notamment sur des irrégularités qu’ils avaient constatées et qui selon eux, avaient entaché la sincérité du scrutin du 31 octobre 2010. Ces questions avaient singulièrement porté sur : l’inégalité des temps d’antenne à la télévision ivoirienne, les empêchements de vote dans certaines localités, l’absence de stickers sur certains bulletins de vote, l’absence de soldats du Centre de commandement intégré (CCI) dans certains lieux de vote, les votes frauduleux des Forces de défense et de sécurité (Fds) et des éléments des Forces nouvelles, les votes multiples etc.
En réponse aux préoccupations évoquées, Choi et ses collaborateurs ont indiqué que ces questions devraient plutôt être adressées à la Cei,
au Conseil national de la communication audiovisuelle (Cnca) et au Conseil constitutionnel qui étaient responsables, à divers niveaux, de l’organisation de la campagne, du scrutin et de la proclamation des résultats provisoires et
définitifs.
Des candidats et des représentants des candidats ont repris la parole pour signifier vertement au diplomate onusien et à ses collaborateurs qu’ils ne comprenaient rien de la mission de certification parce qu’ils estimaient que les irrégularités étaient flagrantes et par conséquent avaient négativement influencé la proclamation des résultats (…) du premier tour du 31 octobre 2010.
En réplique et sur un ton de colère à peine contenu, Young ji Choi s’est voulu clair : «Le rôle de la certification est d’apprécier toutes les étapes et d’apporter un jugement au regard des critères et non de se substituer aux institutions ivoiriennes en charge de la conduite du processus électoral. Je n’ai pas le mandat que vous me demandez et je vais certifier le premier tour parce que toutes les procédures prescrites dans les textes ont été respectées.» (…) Que s’est-il passé au second tour ? (…) La procédure
de certification des résultats telle que suivie au premier tour a-t-elle été respectée au second tour ? Que non, d’autant plus que contrairement au premier tour où les candidats ou leurs représentants avaient été préalablement convoqués pour enregistrer leurs observations
sur l’organisation de la campagne et du scrutin, au second tour, personne n’a été invité par le certificateur à cet effet. (…)» Ce qu’Ocampo a «oublié» de dire sur la «marche pacifique» des pro-Ouattara sur la RTI le 16 décembre 2010 «Aux environs de onze (11) heures, dans la commune de Cocody, au carrefour Thérèse Houphouët-Boigny, les rebelles des Forces nouvelles qui vivaient avec leur chef et leur parrain à l’hôtel du Golf, aidés par les forces
onusiennes ont attaqué à l’arme lourde le «check point» de la Police nationale et le poste d’observation de la Garde républicaine. Deux militaires des Fanci ont été tués. Il s’agit du maréchal des logis Rougbo Oscar Eviar et du soldat 1ere classe Kablan John Arthur. Au même moment, dans les autres communes du district d’Abidjan, les manifestants agressaient avec des armes à feux, des cailloux, des gourdins et des armes blanches, les forces de l’ordre en charge de l’encadrement de leur manifestation. Ces derniers ont dû user de moyens conventionnels de dispersion pour rétablir l’ordre public gravement troublé.
Le même jour du 16 décembre 2010, les positions des Forces de défense et de sécurité (Fds) ont été attaquées à Tiébissou, une ville située entre Bouaké (siège de la Rébellion) et Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte
d’Ivoire, aux mains des forces régulières, loyales aux institutions de la République de Côte d’Ivoire. L’attaque des forces rebelles de la position des Fds à Tiébissou avait été encadrée par les Forces onusiennes comme l’ont
montré les images de la télévision française TF1 qui ont fait le tour du monde mais qui n’ont interpellé personne, en dehors de quelques
nationalistes africains.
Le lendemain 17 décembre 2010, la ville de Yamoussoukro a enregistré une manifestation dite pacifique des militants du Rhdp dont certains étaient munis d’armes à feux. Un policier parmi ceux qui avaient la charge de l’encadrement
de cette manifestation annoncée «pacifique» a été froidement abattu par une arme à feu tirée à partir de la foule de manifestants
déclarés pacifiques.»
La preuve de la persécution des pro-Gbagbo dans les zones contrôlées par les pro-Ouattara, bien avant le début des affrontements en eux-mêmes, qui pourrait indiquer que le «Plan» et la «Politique» ne sont pas forcément du côté où Ocampo les cherche «Malgré la main tendue du président Gbagbo, à
la date du 25 décembre 2010, l’on observait déjà que ses sympathisants et des fonctionnaires soupçonnés d’avoir voté pour lui étaient pourchassés dans les régions Centre, Nord et Ouest (Cno) sous contrôle des mouvements
rebelles depuis septembre 2002. Les services du Haut commissariat aux réfugiés (Hcr) de l’ONU avaient même publié un communiqué dans lequel ils estimaient au 25 décembre 2010 à quatorze mille (14 000), le nombre d’Ivoiriens ayant fui vers le Liberia pour échapper aux violences perpétrées dans leur zone de résidence. Plusieurs sources concordantes indiquaient aussi que certains parmi ces réfugiés au Liberia avaient été empêchés par des soldats rebelles des Forces nouvelles de traverser la frontière du Liberia. (…) A Duékoué où l’ONUCI avait une importante base, déjà, le 26 décembre 2010, les services internationaux d’aide humanitaire estimaient à 6000, le nombre de personnes déplacées, majoritairement d’ethnie guéré (favorable au président Gbagbo) qui campaient dans la cour de l’église catholique. Ces réfugiés provenaient principalement des quartiers guéré de la ville, qui avaient été détruits par les rebelles infiltrés et confondus aux militants du Rdr. Ces réfugiés ont été rejoints par les autochtones guéré des villages de la zone du Mont Péko, une forêt classée de 34 000 hectares, mise en culture par des allogènes, où régnait depuis 2003, un Burkinabé du nom d’Amadé Ouérémi, qui était à la tête de 600 hommes lourdement armés qui semaient la terreur pour dit-on assurer la sécurité des plantations de ses compatriotes burkinabés.» Comment l’ONUCI a collaboré avec le «commando invisible» lors de la bataille d’Abobo…
«Le 10 janvier 2011, Fanny Kassoum, Secrétaire général de la fédération du Fpi du département de Madinani (nord de la Côte d’Ivoire) a été froidement abattu avec son oncle, à leur domicile à Abobo. Les deux corps avaient été exposés au carrefour dénommé Pk-18 pour dit-on, servir d’exemple à tous les ressortissants du nord ivoirien, militants téméraires du Fpi qui résidaient encore dans une commune qui, selon eux, échappait au contrôle des forces régulières ivoiriennes favorables au
président Gbagbo.
Non loin du carrefour Pk 18, au carrefour dit N’Dotré, quelques jours plus tôt, un officier de gendarmerie de l’escadron d’Abobo (capitaine Assi), parti pour une mission de reconnaissance avait été porté disparu avec les deux soldats
qui étaient avec lui dans le véhicule d’intervention d’une unité du Cecos.
Pour mettre fin à l’insécurité grandissante dans la commune d’Abobo et continuer d’assurer la protection des populations et leurs biens, les forces de sécurité avaient décidé d’une opération spéciale pour débusquer les rebelles
enfouis parmi les civils. Ainsi a été conçue l’opération «coup de poings» dont l’objectif était de boucler le périmètre de Pk 18 puis, de ratisser afin de rafler les rebelles infiltrés, les désarmer, procéder au contrôle de leur identité
et engager contre eux les procédures judiciaires idoines.
Dans la matinée du 12 janvier 2011, l’opération de ratissage a été enclenchée dans le quartier de Pk-18 (…) L’opération avait à peine démarré
trente minutes, qu’elle fut stoppée par le grand commandement des Fds. La cause, selon le rapport qui m’en avait été fait : les rebelles, certainement renseignés par leurs informateurs au sein de la structure décisionnelle des forces régulières favorables au président Laurent Gbagbo, avaient tendu un guet-apens digne de «Diên Biên Phu» aux forces de sécurité. Si bien que, dès l’apparition des premiers policiers (toujours en tête de ligne en temps de
paix), ceux-ci ont été cueillis à froid avec des armes automatiques. Le bilan de cette opération avortée avait été de deux (2) blessés et deux (2) morts parmi les policiers dont un officier, le lieutenant Gnaly Jules. L’opération (…) avait donc été suspendue. (…) Malheureusement, cette même nuit du 12 au 13 janvier 2011, le détachement de six (6) policiers postés au carrefour de la mairie de la commune d’Abobo a été attaqué à la roquette par des rebelles infiltrés, occasionnant un bilan de cinq (5) policiers tués et un blessé grave. Le véhicule de transport de troupes de la police a été détruit et calciné par l’impact duchoc.
Le fait le plus cocasse est que selon le seul rescapé policier, quinze (15) minutes avant l’attaque qu’ils ont subie, une colonne de véhicules de type 4X4 de l’ONUCI était passée devant eux en direction du carrefour dénommé
«Gagnoa-Gare».
Après l’attaque, au moment où ses collègues et lui gisaient dans une mare de sang, la colonne de véhicules de l’Onuci est repassée. Malgré l’appel à l’aide et l’ampleur du désastre, le détachement de l’Onuci n’a pas marqué d’arrêt pour leur porter assistance.»

Par Théophile Kouamouo

Source: Le Nouveau Courrier N°547 Du lundi 25 juin 2012


NB: Le titre est de la rédaction de civox





Tags : Alain, Dougou

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