Commercialisation du cacao :Les paysans perdent 540 milliards

Samedi 23 Août 2014 - 01:37


Le cours cacao a atteint son plus haut niveau en trois ans : 2000 livres la tonne à londres, 3234 dollars à new York, soit des augmentations respectives de 15% et 18% depuis le début de l’année. la côte d’ivoire, premier producteur et exportateur mondial du cacao, bénéficie- t-elle de cette embellie des cours ? «Oui dans une certaine mesure, parce qu’il ne faut pas se focaliser sur l’immédiat», tente de rassurer un cadre du conseil du café- cacao. cependant, la question est de savoir si les autorités ivoiriennes ont fait le bon choix en optant pour la vente anticipée à la moyenne alors que les cours internationaux fluctuent et peuvent donner de meilleures perspectives, comme c’est le cas acuellement. «C’est un vieux débat. Pour les experts de la Banque mondiale, la stabili- sation n’est pas un bon système. Ils préfèrent le sys- tème libéralisé. Mais, l’expérience du Ghana qui est dans le système stabilisé est édifiante. Les prix du cacao, au Ghana, ont été longtemps meilleurs à ceux pratiqués en Côte d’Ivoire. Même pendant qu’on pratiquait le sys- tème libéralisé, les paysans se plaignaient de ce qu’ils ne percevaient pas effective- ment les prix officiels. Après réflexion, nous avons introduit dans la réforme qu’il faut aller au programme de vente anticipée à la moyenne. Avec ce système, on profite des plus-values que le marché peut offrir et on sécurise le revenu du producteur. Avant d’aborder la cam- pagne, le paysan sait à quel prix son cacao sera acheté, et combien il va gagner», soutient-il.
Sur la question de la pertinence de ce choix, notre interlocuteur se veut rassurant. «Il est vrai que dans le système par anticipation, les cours peuvent fluctuer. Actuellement, les prix sont bons. D’où le débat sur le programme de vente anticipée. Il faut savoir que, au fur et à mesure que les cours mondiaux grimpent, notre moyenne de vente s’améliore aussi. On a connu une moyenne de vente aux alentours de 1200 FCFA, puis 1300 FCFA. La campagne suivante sera plus ré- munératrice. Quand les prix montent, ils sont répercutés sur le prix de vente. On était à 725 FCFA, puis 750 FCFA. Avec les nouveaux cours, on va monter forcément», a- t-il promis. ainsi, selon lui, le choix de la vente anticipée est pertinent. «Mieux vaut pour nous que le paysan ait une vue beaucoup plus claire sur ce qu’il va percevoir  que de le mettre dans une position d’incertitude en faisant répercuter le marché sur lui», conclut-il, senten- cieux.

Des mécontentements tout de même

En revanche, du côté des producteurs, bon nombre n’approuvent pas ce qu’ils qualifient de «nationalisation de la filière». pour eux,  la mainmise de l’état sur la production n’est qu’un stratagème pour sécuriser ses recettes.  «Comment l’Etat peut-il vendre des produits qui ne lui appartinrent pas ? Ils (les acteurs de la commercialisation, ndlr) finissent de vendre notre cacao et ils fixent les prix. On vend quoi alors ?», se plaignent-ils. en fait, si la côte d’ivoire était dans le système libéra- lisé, avec l’hypothèse d’une production bloquée de 1,5 million de tonnes, les producteurs auraient perçu 540 milliards fcfa pour un cours mondial de 2000 livres. il est vrai qu’il ne faut pas y voir une comptabilité  d’épicier. mais, le fait est que les producteurs sont en train de perdre  beaucoup d’argent. alors ils ne comprennent pas pourquoi ils ne perçoivent que 60% du prix de vente de leur cacao ? «Qui empoche le reste ? On travaille davantage  pour l’Etat que pour nous-mêmes. Et ça ce n’est pas juste ! », fulminent-ils
j-s LIA

Ssource: Notre voie n° 4793 du jeudi 21 août 2014





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