Comment les services secrets français ont vendu Ouattara à l’Onu

Jeudi 5 Décembre 2013 - 19:20


Alassane Ouattara et François Hollande
Alassane Ouattara et François Hollande
"Ce ne sont pas nos méthodes" , se défend le régime Ouattara, vis-à-vis des révélations de l’Onu sur les méthodes mafieuses visant à éliminer les pro Gbagbo exilés au Ghana. Qu’à cela ne tienne ! Le fait est que durant la Présidence de Laurent Gbagbo, des innocents ont perdu la vie. Victimes des escadrons dits de la mort. Et le doigt accusateur a longtemps été pointé sur le couple Gbagbo. A dessein. Grace aux médias aux ordres, l’on a insidieusement présenté l’ancien chef de l’Etat et son épouse comme des tueurs.  La presse hexagonale s’en est donnée à cœur joie. Avec la bénédiction des services secrets français. D’abord sous Chirac Jacques René, ensuite sous Nicolas Sarkozy.  La campagne de dénigrement systématique atteint son paroxysme à la mort de Jean Helen, ex-journaliste de Rfi , assassiné par Séry Dago, policier ivoirien. La consonance de nom a conduit la presse française à lui attribuer un lien de parenté avec Laurent Gbagbo dans le Grand Ouest. La haine au pouvoir à Abidjan, pouvait- on titrer à Paris, pour dépeindre en noir, le pouvoir de Gbagbo. Malgré  la condamnation à 17 ans de prison du meurtrier, Laurent Gbagbo n’aura aucun répit dans la diabolisation de son régime. Qui, vu de loin, rimait avec le sang. Depuis 2011, le natif de Mama séjourne dans le centre pénitentiaire de Scheveningen, à la Haye. Ça fait sensiblement 2 ans qu’il y croupit. Le Palais du Plateau et ses recoins n’ont plus de secret pour les nouveaux tenants du pouvoir. Hélas, le mystère qui entoure la disparition de Guy André Kiefer reste entier. Le silence sur cette disparition est tellement lourd qu’on se demande si le journaliste-consultant franco-canadien n’intéresse plus ceux qui agitaient le chiffon rouge en direction de Gbagbo et des siens. A dire vrai, toute ceci concourait à la mise en œuvre d’un schéma : évincer Gbagbo du pouvoir. Pour ce faire, tous les stéréotypes ont été utilisés. Des plus immondes aux non moins machiavéliques. Y compris l’invention des escadrons de la mort. Sombre trouvaille, apanage des hommes de Ouattara. Voulant le pouvoir coûte que coûte, la France chiraquienne ou sarkozienne a vu en Ouattara , le pion idéal pour conduire à un Etat feudataire. Et comme on ne fait pas des omelettes sans casser des œufs, de nombreux innocents ont été sacrifiés sur la route du Palais. Le coupable était tout trouvé : c’est Gbagbo. Le pauvre. Avec le temps, l’on réalise que le monde a été dupé sur l’origine des escadrons de la mort. On découvre sur le tard que c’est une invention de la Ouattaradie qui, ayant atteint son objectif, a décidé d’exporter cette sinistre expertise sur les sols ghanéen et libérien. Or, l’Elysée a changé de titulaire. François Hollande, ce n’est pas Jacques Chirac ; encore moins Nicolas Sarkozy. Ses méthodes ne s’huilent pas forcément des réflexes de ses prédécesseurs. Même si l’objectif, veiller sur les intérêts de l’empire, reste le même.  En clair, François Hollande peut fermer les yeux sur les violations massives des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire. Il peut faire le myope sur les errements d’Alassane Ouattara à contre-courant de la réconciliation. Mais il ne peut cautionner des actes qui se détachent violemment de certaines valeurs chères à Jean Jaurès. D’où la remise à l’Onu par les services secrets français des preuves sur les agissements des nervis du pouvoir d’Abidjan. Le faisant, il envoie un signal clair à Ouattara. Il y a un temps pour la guerre, un autre pour la paix. Franchir le Rubicon pour s’assurer de demeurer au pouvoir  est contraire à la morale. Et il est temps d’y mettre le holà. Le premier geste a été de punir la Côte d’Ivoire, en le retirant de la liste des pays bénéficiaires de l’aide au développement. Alors même que l’Eburnie sort de crise. Hélas, Ouattara et ses thuriféraires n’y ont accordé le temps d’un éclair, avant de retomber dans l’ivresse politique.  En dévoilant clairement les manœuvres criminelles de la Côte d’Ivoire, l’Onu et la France veulent inscrire le pays dans le registre des états voyous. Et tout le monde connait le sort qui est réservé aux Républiques bananières. Un homme averti en vaut deux.

Tché Bi Tché

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Source: LG Infos N ° 602 DU MERCREDI 4 DÉCEMBRE 2 0 1 3




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