Comment Guillaume Soro a trahi le Président Laurent Gbagbo

Lundi 19 Août 2013 - 19:35


Comment Guillaume Soro a trahi le Président Laurent Gbagbo
Soro Guillaume, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a séjourné les 15, 16 et 17 Août 2013, dans le Gôh. Il était l’invité spécial de la chefferie traditionnelle de Gagnoa. Il s’y est officiellement rendu pour inaugurer le siège central de la chefferie. Mais en homme politique à la ruse affinée, il étendit son champ de visite à d’autres localités de la région dont les plus symboliques sont Gnagbodougnoa ,Gnaliépa, Mama, et Kpogrobé. Il avait, de toute évidence, un autre calendrier. Durant son séjour, en dehors de la parade éhontée de ses ex chefs de guerre, il marqua l’opinion par son discours sur ses rapports avec le Président Laurent Gbagbo. L’on a pu l’entendre dire  ceci  : “On entend souvent j’ai trahi Gbagbo. Est ce que j’ai été nommé PM pour être Directeur de campagne de Gbagbo ? Non, Ce n’était pas mon rôle. D’où vient donc la trahison ?". Sa «  vérité  » ne pouvait rester sans réponse tant elle pue à mille lieues la falsification. Une falsification délivrée avec toute l’assurance que Gbagbo en détention à la Haye, ne pouvait entendre ses monstruosités. Oui Soro parle .Soro est le seul à parler . Ses contradicteurs potentiels  sont soit morts(Tagro Désiré),soit   en prison( Gbagbo  Laurent , Blé Goudé Charles, Jean yves Dibopieu)  en exil( tous les leaders de jeunes dont Damana Pickas , Moussa Touré Zeguen)  ,soit tétanisés par la peur de la dictature de son nouveau mentor Ouattara . Mais fort heureusement que les faits, comme l’a dit Lénine, sont têtus.
Au cours de sa jeune histoire politique l’actuel Président de l’Assemblée nationale a capitalisé des actes de trahison qui méritent d’être rappelés. En 1990, après la réinstauration du multipartisme, la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) fut créée. Elle affirma être un mouvement de gauche qui devait non seulement, arracher au pouvoir PDCI (droite) les conditions meilleures de vie pour ses syndiqués, mais en plus s’opposer aux idées impérialistes semées dans le milieu estudiantin. Son statut de syndicat de gauche, tout comme les autres syndicats progressistes nés au cours de cette période, fait des mouvements de gauches ses principaux alliés. L’on sait que les partis politiques entretiennent des relations avec les syndicats selon leur orientation idéologique. C’est pourquoi, il existe une intimité entre le MEECI, l’UGTCI et le PDCI, la CGT et le parti communiste Français D’ailleurs, le 18 Février 1992, le président Laurent Gbagbo et les forces démocratiques furent arrêtés par Ouattara parce qu’ils s’offusquaient du traitement inhumain réservé aux étudiants dont le responsable syndical était en jugement au tribunal du plateau. Soro Guillaume fut projeté au devant de la scène par la FESCI, mouvement de gauche allié naturel du FPI. Pourchassé, activement cherché par le pouvoir PDCI, Soro ne trouva ni refuge chez des militants du PDCI ni chez ceux du RDR. Il fut protégé et caché pendant plusieurs mois par des cadres du FPI dont Mme  Tapé Adèle Dedi ancien maire d’Issia. Cela est tout à fait logique car le FPI et la FESCI luttaient pour la conquête des libertés démocratiques. Il n’était donc pas question de livrer aux griffes du pouvoir, le fer de lance de la lutte anti-impérialiste en milieu scolaire et estudiantin. Mme Dedi Adèle ,la bienfaitrice,  a été, sous les yeux embués d’ingratitude de Soro déportée du Golf Hotel d’Abidjan au pénitencier de Boundiali. Si  donc Laurent Gbagbo est considéré, à raison, comme son père spirituel, c’est bien dans le cadre de cette alliance naturelle qu’il eu des échanges entre ces deux «  alliés  ». Le père spirituel de Soro Guillaume ne pouvait pas communiquer à son filleul, des valeurs aux antipodes de la démocratie c'est-à-dire, la lutte armée. Dans le Gôh Soro a eu le courage de soutenir  «  Je n’ai pas suivi Laurent Gbagbo quand il était président de la République, bien au contraire je l’ai fuis quand il est arrivé au pouvoir.  » Mais qu’a-t-il fait lorsqu’il a fui Laurent Gbagbo  ? Il a abandonné la solidarité militante. Il a abandonné les valeurs de la gauche  pour devenir le glaive des libéraux et attaquer son père spirituel. Il se trouva à la tête d’une rébellion armée tribaliste  de Ouattara ,sponsorisée par des dignitaires de la Françafrique (Blaise Compaoré, Omar Bongo). Ce fut la première grande  trahison.

Le chemin de la traitrise ne s’est pas arrêté à ce niveau

En sa qualité de signataire des accords politiques de Ouagadougou, Soro avait l’obligation de jouer sa partition  : le désarmement de ses troupes rebelles. Pendant que le Président Laurent Gbagbo ne se lassait pas d’appliquer ce qui relevait de sa compétence, Soro avait un autre agenda  : ruser avec le désarmement jusqu’aux élections. Avec ses partenaires de l’Onuci, il enferma le désarmement dans un «  long processus  ». Soro ne désarma donc pas ses hommes et ce qui devait arriver, arriva aux élections de Novembre 2010. Ses hommes s’adonnèrent à une fraude démentielle au nord. C’était cela son agenda secret. Une fois le jeu réussi Soro pouvait dire «  Si c’est parce que j’ai dit en mon âme et conscience que Gbagbo a perdu qu’on dit que je suis un traitre, alors c’est que moi-même je suis un bon traitre  ». Mais il oublie que l’âme et la conscience ne sont pas les organes habilités à proclamer les résultats définitifs d’une élection.  L’âme, aussi forte soit-elle, devra se soumettre à la voix des institutions et cela, Soro l’a rejeté du revers de la main. Ce fut la deuxième trahison.

Soro Guillaume continua à parcourir inlassablement le chemin de la traitrise

Par quelle opération du saint esprit Soro Guillaume s’est-il retrouvé au golf hôtel, quartier général du candidat Alassane Ouattara  ? Sans attendre que s’éteigne le feu de la crise post-électorale, Guillaume Soro était-il légitimé à soutenir Ouattara au point de donner des ordres aux éléments des forces nouvelles agglutinés au quartier général de Ouattara  ? Soro Guillaume, premier Ministre de Laurent Gbagbo et organisateur des élections présidentielles, avait un devoir de neutralité absolu. Il n’avait pas à prendre partie pour un camp. Pourtant, on a pu constater que Soro s’est retrouvé à mener des attaques contre les institutions depuis le golf hôtel. Il a sacrifié son statut de personnage neutre sur l’autel de la trahison avec un arrière goût de vengeance.  En effet , et c’est connu, lors des accords de Ouaga, le président de l’assemblée nationale actuelle avait introduit auprès du Président Compaoré, médiateur, une clause qui prévoyait qu’à l’issue des élections présidentielles, le vainqueur devait garder Soro à la primature. Mais Laurent Gbagbo rejeta cette clause et depuis, la question de l’avenir politique de Soro devint en marge des CPC (cadre permanent de concertation), une préoccupation pour les conciliabules Gbagbo, Compaoré et Soro. Avant , entre les deux tours et après le second tour des élections présidentielles, la hantise de demeurer à la primature l’amena maintes fois à solliciter les services du Ministre Désiré Tagro et de bien d’autres personnalités encore en vie, pour convaincre le Président Gbagbo à adhérer aux supplications de son 1er Ministre. Mais le Président Gbagbo tenait à rompre avec le cycle de la rébellion. Que comprendre à travers cette attitude intéressée du premier Ministre. On voit bien qu’il était plus préoccupé à préparer son avenir politique qu’a à appliquer consciencieusement la feuille de route attachée à sa fonction. Laurent Gbagbo fut donc abusé par Soro. Il s’attendait à voir Soro jouer un rôle neutre dans le processus électoral. Mais non, il avait son agenda personnel qu’il a pu dérouler en allant s’installer au Golf Hôtel avec Ouattara qui a accepté le deal que Gbagbo a refusé.  On comprendra ainsi un peu plus pourquoi Desiré Tagro , assurement le témoin gênant a été le premier exécuté à bout portant en ce jour fatidique du 11 avril 2011.Ce fut la troisième trahison.

Au lieu de connaitre une fin de règne à l’étape trois, la traitrise continua jusqu’à Korhogo

En effet, la présence de Laurent Gbagbo au golf hôtel, à Korhogo puis à la Haye a, à sa base, l’acte de trahison de Soro Guillaume. Le braquage des élections au nord n’a été possible qu’après que Soro ait rusé avec le désarmement. Il en est de même pour le bombardement des institutions qui n’aurait jamais eu lieu si Soro et son chef Ouattara avaient accepté le recomptage des voix. Soro ne devrait donc pas se féliciter d’avoir «  sauvé  » Gbagbo en donnant des instructions pour que sa vie soit épargnée. Est-ce à dire qu’il y avait un plan d’assassinat du Président Laurent Gbagbo  ? Si oui, le parricide auquel se serait donné Soro constituerait le summum de l’acte de trahison. Dans le même temps, on constate que le rapport médical dressé par les experts de la CPI, dévoile des cas de maltraitance dont a été victime le Président Gbagbo lors de sa détention à Korhogo. Or Soro avoue «  C’est moi qui l’ait envoyé à Korhogo (…) il était à Korhogo, il dormait dans ma maison, sur mon lit  ». C’est dire que Soro qui, visiblement, était informé des mauvais traitements subis par Gbagbo, a cautionné toutes les inhumanités infligées à son père spirituel. Il envoyait donc Gbagbo à Korhogo, dans sa maison, sur son lit, pour que celui-ci frôle la mort. Dans la même veine sa déportation à la CPI a été faite, soro l’avoue désormais , avec sa complicité. Ce fut le quatrième acte de trahison.

En somme, s’est muni du fil de la trahison que Soro Guillaume a cousu son histoire avec le Président Gbagbo. Chaque étape de cette histoire est couronnée par la traitrise de celui qui tente de se positionner en sauveur. On aura beau tourné l’histoire dans tous les sens, elle affichera toujours, en dernier ressort, la bonne face  : celle de la vérité infalsifiable de la Cote d’Ivoire éternelle.

Alain Bouikalo
Juriste




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