Cissé Bacongo expose la vie des enseignants supérieurs de Bouaké

Mercredi 14 Novembre 2012 - 15:37


Cissé Bacongo expose la vie des enseignants supérieurs de Bouaké

Alors que rien n’est encore au point pour l’accueil des étudiants et enseignants, ce ministre, sous la dictée de son gouvernement en mal de reconnaissance internationale a obligé le personnel de l’université de Bouaké à être sur le terrain et à commencer les cours dans des conditions proprement scandaleuses. Il est vrai que dans cette république, le respect des indications requises est une vue de l’esprit assimilables à des oppositions inappropriées qui doivent être matées. Les enseignants de Bouaké ont payé un lourd tribut à la rébellion de Soro Guillaume, actuel président de l’assemblée nationale de Côte d’ivoire. Ils ont tout perdu en 2002 comme de nombreux habitants de cette ville. Les conditions étaient telles qu’il a fallu que l’ancien régime délocalise cette université sur Abidjan. Notre brave élite a tout fait pour que les étudiants ne soient pas totalement perdants dans cette stupide situation. Les choses ont été convenablement gérées pour recadrer au mieux les perspectives. En 2011, avec la crise électorale et ses violences meurtrières, nombreux sont ces enseignants qui ont encore été sauvagement agressés à Abidjan, vivant un innommable deuxième calvaire. De hautes personnalités de cette université délocalisée ont encore tout perdu. Sans tenir compte de ces deux traumatismes, on a voulu qu’ils regagnent Bouaké. Or cette ville, bastion de la rébellion de Soro, est la ville où circulent, plus qu’ailleurs, les armes. La police et la gendarmerie sont non seulement désarmées, mais leur présence est loin d’être tolérée dans cette ville qui leur voue une haine épaisse. Les milices et autres dozos y font la pluie et le beau temps. Ils y jouissent d’une totale impunité. Voilà le brasier dans lequel doit opérer l’élite de la Nation si elle veut éviter la rétention salariale. Ainsi, dans la nuit du vendredi au samedi 10 novembre, un professeur a été braqué à son domicile aux environs de 2h du matin par des individus armés non identifiés. Tout ce qu’il avait d’essentiel comme enseignant a été emporté. De l’argent en passant par l’ordinateur qui contenait toutes ses données de recherche et d’enseignement, tout a été passé au peigne fin et emporté. Il a supplié en vain ses bourreaux de lui permettre d’enregistrer sur clé (usb) ses données, mais a essuyé un refus agressif. Or ce professeur est responsable d’un département de cette université. Lui prendre volontairement toutes ses archives, c’est être foncièrement stupide, et peut-être opposé à tout ce qui touche à l’éducation de la jeunesse dans ce pays. Alors la question qu’on est en droit de se poser est la suivante : que veut-on réellement pour ce pays en termes d’éducation ? Traiter superficiellement les problèmes à coup de slogans ne peut produire que du n’importe quoi. Les agressions contre l’administration et les enseignants se multiplient à l’université Alassane Dramane Ouattara depuis la rentrée. Et Mr Bacongo se tait, préférant s’occuper de la démolition des églises et autres repères sérieux du socle ivoirien. La Nation ne peut longtemps accepter que ceux chargés de sa protection soient sans arme. La volonté de se maintenir au pouvoir ne peut justifier une telle ineptie. Le peuple ne peut constamment payer pour la jouissance continue de quelques uns. Les limites sont dépassées, et peut-être qu’il est temps que tout ivoirien s’achète une arme pour défendre les siens contre ces ignares armés. La nervosité ambiante contre l’élite de notre pays n’a que trop duré. Et le ministre Bacongo a l’obligation de veiller à la sécurité des étudiants et enseignants, et de manière plus spécifique ceux résidant à Bouaké, une ville intégralement acquise à la cause de ses partisans. Qu’il actionne ses réseaux pour retrouver les données de ce brillant chercheur, la Côte d’ivoire en a besoin ; et qu’il l’indemnise sans perdre de temps. Il faut éviter de salir davantage l’image de l’université Alassane Dramane Ouattara en livrant, ligotés, ceux qui y œuvrent. L’information circule déjà dans l’espace universitaire suisse, et sur la toile, ce qui est loin d’être une bonne nouvelle pour nos autorités. L’Université ivoirienne mérite soin, et elles doivent s’y atteler sans tricher : l’évaluation internationale est en embuscade.


 


Dr Oyissé, Suisse





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