Cherté de la vie, mauvaise gouvernance, licenciements abusifs, insécurité, délestage Côte d’Ivoire, pays énervant

Le slogan du gouvernement Ouattara, « Côte d’Ivoire, pays émergeant à l’horizon 2020 », est vide de sens. Les Ivoiriens dont le quotidien se résume aux licenciements abusifs, à l’insécurité, à la cherté de la vie, à l’argent qui ne circule pas…, disent ne pas savoir de quelle Côte d’Ivoire parle Ouattara. Au contraire, pour eux, « la Côte d’Ivoire est un pays énervant».

Mardi 26 Mars 2013 - 04:00


Une vue du Plateau à Abidjan
Une vue du Plateau à Abidjan
Cherté de la vie

La cherté de la vie a été le grand sujet de débat pendant la campagne  présidentielle de 2010. Alassane Ouattara et ses partisans taxaient le régime Gbagbo d’incapable de juguler ce fléau et d’être responsable de la paupérisation des Ivoiriens.  Depuis le 11 avril 2011 que Ouattara a été installé aux commandes, qu’en est-il de la cherté de la vie en Côte d’Ivoire ? Depuis déjà au mois de juin 2011 la situation est préoccupante. On assiste à une hausse vertigineuse des prix des produits de première nécessité. Notamment le riz, l’huile, la viande, le  savon, le lait, le sucre et bien d’autres produits de grande consommation. La situation s’est dégradée en début d’année 2012. Le prix du kg de la viande est resté hors de porté des ménages économiquement faible. La tendance haussière des prix touche également le secteur des légumes dont l’aubergine, la tomate, l’ail. Les hausses les plus spectaculaires concernent le riz, surtout que cette denrée est devenue l’aliment de base de toute la population ivoirienne. Les derniers relevés de prix sur les différents marchés d’Abidjan indiquent que le prix du sac de riz pique à 22.000 FCFA. C’est le plus grand cauchemar des familles.

Sous Ouattara l’argent ne circule pas

Les billets de banque se font de plus en plus rare. Le panier de la ménagère se désemplit davantage. La situation est alarmante. Les pop - ulations ne cessent de se plaindre du manque criard de moyens financiers. Travailleurs comme sans- emplois, personne ne semble, a priori, être bien loti. B. K. est inspecteur du travail et des lois sociales. Cadre de son état, il affirme qu’il n’arrive plus à joindre les deux bouts. « Mon salaire est insignifiant. Depuis quelques mois, je n’arrive plus à répondre aux sollicitations financières de mes parents. Je suis taxé de méchant et d’homme égoïste qui ne pense qu’à sa petite famille. Pourtant, c’est dur », rumine-t-il. Si le cas de B.K. est surprenant vu son statut social, celui de Kanté Adama semble être le plus préoccu - pant. Selon cet interlocuteur (un chômeur en quête d’emploi), par le passé, il pouvait recevoir de ses amis quelques appuis financiers. Mais, actuellement, il est impossible de demander de l’aide. « Je ne comprends même pas ce qui se passe dans le pays, où est passé l’argent ? », questionne-t-il. Devant ces interrogations, le président de la Fédération des associations de consom - mateurs actifs de Côte d’Ivoire (Faca-Ci), Marius Comoé est formel : « L’argent fait défaut à cause de la peur qui habite tous ceux qui ont un pouvoir d’achat. Au point qu’ils préfèrent garder leur argent plutôt que d’investir. Surtout que l’horizon politique n’est toujours pas clair. Depuis plusieurs années, de petits commerçants conservent par devers eux la monnaie. Certains consommateurs disent qu’ils préfèrent avoir leur argent à la maison. Ce qui est dangereux pour une économie. Tout ceci est un frein au problème de la circulation de l’argent ».
             
 Les licenciements abusifs sous Ouattara

Depuis le 11 avril 2011, les licenciements abusifs à caractère tribal sont légion en Côte d’Ivoire. Selon l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (Ugtci), la plus grande centrale syndicale ivoirienne et proche du pouvoir actuel, la prise de pouvoir par Ouattara a occasionné la destruction de 80.000 emplois. Pour le président du patronat, Jean Kacou Diagou, ce sont plus de 400 Pme et Pmi qui ont déclaré faillite, soit une perte d’environ 1000 milliards FCFA. Anciennement président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (Cci-Ci), le ministre Jean- Louis Billon qui depuis lors est rentré dans les rangs, parlait lui de 120.000 emplois détruits. En réalité, il faudrait plutôt parler de 150.000 à 200.000 emplois détruits en 5 mois. Notamment avec les licenciements abusifs, les déguerpissements de commerces informels, la dissolution des conseils généraux, l’annulation de 120 concours de la Fonction publique. En somme, tout le contraire de ce que Ouattara avait promis de créer comme emplois chaque année. C’est-à-dire 5 millions d’emplois sur les 5 ans, soit 1 million d’emplois par an. La Côte d’Ivoire entre désordre, insécurité et délestage Sous  Ouattara, dire que la Côte d’Ivoire est un pays dangereux du fait de l’insécurité, est un euphémisme. Assassinats, braquages, agressions et exactions de toutes natures sont commis de jour comme de nuit. Le directeur de l’école de police “himself“, puis le directeur général de l’Ecole normale supérieure (Ens) et la femme du directeur général de la Société ivoirienne de contrôle automobile (Sicta), en ont fait les frais. Les caméras d’Hamed Bakayoko et le CCDO (pâle copie du Cecos) n’ont rien pu empêcher. La Côte d’Ivoire sous l’ère Ouattara est devenue un vrai nid d’insécurité, une zone de non-droit dans laquelle les détenteurs de Kalachnikov sont les seuls maîtres.  Les « bandits du pouvoir » se pavanent arme au poing et prêts à dégainer à la moindre broutille avec les citoyens sans défense. Les banques, les commerces, les domiciles, les hôpitaux et même les lieux de culte sont visités. Ce ballet des armes et son corollaire de vols et de braquages constitue un véritable souci pour la population, les opérateurs économiques et les investisseurs. La dernière attaque de l’aéroport, porte d’entrée du pays est suffisamment révélatrice de cette situation d’insécurité. Une situation qui semble avoir de beaux jours devant elle, vu que les Frci refusent de quitter la rue et que le pouvoir montre des signes d’impuissance face à eux.

Djè Abel

Source: Notre Voie N°4376 du lundi 25 mars 2013




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